Pourquoi la Journée internationale de l’éducation est-elle importante?
« Quand on apprend, on s’élève. Et quand on s’élève, on ne s’élève pas seul. »
Écrit par Katie Hackett
le 21 janvier 2026
Chaque année, le 24 janvier, le monde entier célèbre la Journée internationale de l’éducation. On pourrait croire que cette tradition existe depuis des décennies. En réalité, elle n’a vu le jour qu’en 2019.
Les Nations Unies ont instauré cette journée en réponse aux défis persistants en matière d’éducation à travers le monde: l’accès inégal à la scolarisation, les taux d’analphabétisme élevés et les obstacles qui empêchaient les filles, les réfugiés et les enfants marginalisés d’aller à l’école. Le 24 janvier, nous menons des actions de sensibilisation et organisons des événements pour aborder ces enjeux.
Avons-nous réalisé des progrès mondiaux en matière d’éducation depuis 2019? Oui, mais la situation est complexe.
La pandémie, la multiplication des conflits et les catastrophes liées au climat partout dans le monde ont profondément affecté la capacité des enfants à fréquenter l’école. Au cours de la dernière décennie, davantage d’enfants et de jeunes se sont inscrits à l’école et les taux d’achèvement scolaire sont en hausse, ce qui est une bonne chose. Cependant, le nombre d’enfants non scolarisés dans le monde n’a diminué que de 1 % au cours de cette période. Par conséquent, 272 millions d’enfants et de jeunes ne sont toujours pas scolarisés à l’échelle mondiale — contre 244 millions en 2021.
Même parmi les élèves inscrits à l ’école, 57 % n’ont pas acquis les compétences de base en lecture, en écriture et en calcul. Parallèlement, le financement mondial de l’éducation continue de baisser.
« Mon rêve, c’est de devenir ingénieur et de construire une école où tous les enfants pourront apprendre dans de bonnes conditions, tout comme moi aujourd’hui », explique Fiston, 12 ans, en République démocratique du Congo. (Photo : Didier Nagifi/World Vision)
Il est plus important que jamais de parler d’éducation. Le 24 janvier, nous célébrons les progrès accomplis et continuons d’affirmer que les filles et les garçons du monde entier ont droit à l’éducation. Il est essentiel de veiller à ce que nos enfants puissent à la fois hériter d’un avenir plus juste et plus pacifique et le construire. Les efforts visant à améliorer l’éducation des jeunes doivent se poursuivre.
« J’ai été témoin du pouvoir extraordinaire de l’éducation pour multiplier les possibilités », déclare Andrew Morley, président et chef de la direction de World Vision International. « Des enfants qui découvrent la joie de la lecture, des parents qui encouragent l’apprentissage, des enseignants qui conçoivent des cours stimulants, ainsi que des communautés et des gouvernements qui travaillent ensemble pour chaque enfant. Lorsque l’éducation prend racine, l’espoir grandit. »
Thème de la Journée internationale de l’éducation pour 2026: Le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation
Les moins de 30 ans représentent plus de la moitié de la population mondiale. Non seulement ils constituent le principal public des systèmes d’éducation, mais ils sont aussi des moteurs passionnés de nouvelles idées et du progrès social. En hommage à leurs contributions uniques, le thème annoncé par l’UNESCO pour 2026 est « le pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation ».
En 2026, nous mettrons l’accent sur l’importance de la voix des jeunes dans la planification et l’amélioration de l’éducation, d’autant plus que les outils numériques, l’intelligence artificielle et les nouvelles méthodes d’enseignement redéfinissent la nature même de l’apprentissage dans le monde d’aujourd’hui.
Il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver des jeunes qui prennent des initiatives. L’année dernière encore, dans le cadre des programmes de World Vision:
- des adolescents tanzaniens participant au projet AHADI ont joué un rôle essentiel dans l’évaluation des résultats du projet.
- Le Refugee Education Council * — un groupe de jeunes ayant vécu personnellement le déplacement et les obstacles à l’éducation — a lancé un appel à l’action pour protéger l’éducation en situation d’urgence.
- Les participants à notre programme « Youth Ready » ont publié un manifeste, se positionnant comme des agents du changement et plaidant en faveur d’occasions dans les domaines de l’enseignement supérieur, de l’emploi, de l’entrepreneuriat et plus encore.
Les jeunes sont en train de créer le changement tout autour de nous — il nous suffit de soutenir et d’amplifier leurs efforts.
« Quand nous apprenons, nous nous élevons. Et quand nous nous élevons, nous ne le faisons pas seuls; nous élevons les autres avec nous. » – Conseil pour l’éducation des réfugiés, Apprendre en situation de crise, Diriger pour la paix: un appel à l’action pour l’éducation des réfugiés
L’histoire de Warda: Le savoir, c’est le pouvoir
Il y a un an, Warda, âgée de 12 ans, était timide et réservée, doutant de ses capacités. Ses camarades de classe, surtout les garçons, l’avaient convaincue qu’en tant que fille, ses opinions n’avaient aucune importance. Cela avait profondément affecté son estime de soi et sa participation en classe.
La confiance de Warda à l’école s’est considérablement renforcée grâce aux séances de formation organisées dans le cadre du projet AHADI. (Photo : Christant Kitaka/World Vision)
Warda a été invitée à se joindre à AHADI, un projet mené par World Vision à Dar es Salaam, en Tanzanie, en partenariat avec Affaires mondiales Canada. Elle a suivi une formation sur des sujets tels que la nutrition, la violence sexiste, la santé menstruelle et les compétences de vie.
« Tout a commencé à changer pour moi », dit-elle. « Ces séances m’ont aidée à comprendre que le savoir, c’est le pouvoir. J’ai commencé à me sentir forte à l’intérieur. J’ai réalisé que mon avenir dépend des décisions que je prends aujourd’hui. »
Avec le soutien de son animatrice AHADI, Warda a fait de petits pas à l’école: elle s’est portée volontaire pour animer des discussions de groupe et des activités en classe. Peu à peu, elle a pris confiance en elle et a commencé à participer activement aux cours.
Warda (en violet) travaille aux côtés de ses camarades de classe à Dar es Salaam, en Tanzanie. (Photo : Christant Kitaka/World Vision)
Aujourd’hui, Warda est l’une des élèves les plus sûres d’elle de son école et l’une des meilleures en sciences. Elle a remporté deux fois le concours de propreté de l’école et participe activement aux clubs parascolaires. Inspirée par son parcours, elle rêve de devenir pédiatre afin d’aider les enfants qui n’ont pas accès à des soins de santé de qualité et de servir de modèle pour d’autres filles.
Certains enfants naissent avec une confiance en soi qui semble inébranlable. Beaucoup d’autres naissent avec un potentiel de leadership qui doit être protégé et cultivé. Nous avons hâte de voir comment Warda va évoluer.
Pourquoi l’éducation est essentielle dans les régions fragiles et à faible revenu
Comme nous le savons, l’éducation est importante pour tous les enfants, et ce, pour de nombreuses raisons. Dans les pays à faible revenu et les contextes fragiles, les écoles offrent bien plus qu’une simple occasion d’acquérir des connaissances. Elles offrent une protection, maintiennent une routine stable en période de bouleversements, aident à briser les barrières sociales et ouvrent la voie à un emploi décent et à l’autonomie.
Comme les jeunes représentent une part considérable de la population dans ces contextes, leur participation aux systèmes d’éducation peut contribuer à façonner des pays entiers pendant des décennies.
1. L’éducation favorise l’égalité entre les sexes.
Lorsque les filles peuvent rester à l’école, elles sont plus susceptibles de prendre des décisions concernant leur propre avenir et moins susceptibles de se retrouver confrontées à un mariage précoce ou à une grossesse précoce. L’éducation contribue à améliorer l’égalité entre les sexes en remettant en question les stéréotypes néfastes qui limitent ce que les filles peuvent accomplir à la maison, au travail et au sein de leur communauté. Neha et Teriano offrent de merveilleux exemples de ce que les jeunes femmes peuvent accomplir lorsqu’elles ont la chance de terminer leurs études.
Neha a failli être contrainte de se marier très jeune, contre son gré. Un programme de World Vision a aidé ses parents à comprendre l’importance de la garder à l’école. Aujourd’hui, Neha dénonce le mariage des enfants et contribue à faire reculer cette pratique au
2. L’éducation contribue à briser le cycle de la pauvreté.
Elle ouvre des perspectives qui n’étaient peut-être pas accessibles aux parents ou aux grands-parents de ces enfants. Elle leur apprend à penser de manière critique et à résoudre les problèmes de façon créative. En dotant les enfants de compétences fondamentales en lecture, en écriture, en mathématiques et en communication, on les protège de la pauvreté en les préparant à occuper un emploi décent et on les aide à s’adapter lorsque le marché du travail évolue inévitablement.
3. L’éducation est source de stabilité en période de crise.
En cas de catastrophe, des espaces d’apprentissage sécuritaires peuvent protéger les enfants et rétablir une routine lorsque la vie est chaotique. Le maintien des possibilités d’apprentissage aide à empêcher les jeunes réfugiés et déplacés de prendre du retard et peut les aider à surmonter les traumatismes et le stress.
L'école d'Alabzmio accueille plus de 400 enfants déplacés dans le nord-ouest de la Syrie. World Vision finance cette école, notamment en fournissant du matériel scolaire et en assumant les salaires d'environ 13 enseignants. (Photo : World Vision)