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Un nom. Un droit. Un avenir.

Pourquoi les certificats de naissance jouent un rôle important dans la lutte contre la traite des personnes.

Écrit par Katie Hackett

le 30 juillet 2025

Dans la petite ville de Kele, nichée dans le woreda d’Amaro, au sud de l’Éthiopie, Awutaru, âgé de 13 ans, tient entre ses mains un petit bout de papier qui a pourtant un immense pouvoir: son certificat de naissance.

Pour la plupart des enfants canadiens, un certificat de naissance est un document administratif auquel on ne prête guère attention, peut-être rangé dans un classeur jusqu’au moment de faire une demande de passeport. Pour Awutaru et des milliers d’autres comme lui, c’est un bouclier. Jusqu’à récemment, il ne savait même pas qu’il en avait besoin.

La famille d’Awutaru vit de l’agriculture de subsistance et son père travaille comme jardinier au bureau du gouvernement local, où il gagne un revenu modeste qui couvre à peine leurs besoins fondamentaux. Pourtant, Awutaru se sent chanceux. « Je suis un enfant parrainé et je reçois du soutien de Vision Mondiale », dit-il avec un sourire timide mais fier.

Parmi les autres activités menées dans le cadre du programme de parrainage de World Vision — comme l’amélioration des écoles et les groupes d’épargne pour renforcer la résilience financière —, la famille et la communauté d’Awutaru ont appris des leçons qui changent la vie en matière de protection de l’enfance, notamment l’importance d’enregistrer la naissance d’un enfant et d’obtenir une copie de son certificat de naissance. « Je comprends maintenant mes droits et j’ai davantage confiance en mon avenir », dit-il.

L’éducation aux droits de l’enfant et aux questions de protection est particulièrement nécessaire ici, en Éthiopie, où les trafiquants d’êtres humains exploitent les femmes et les filles par le biais de la servitude domestique et du commerce du sexe — ou les garçons et les hommes par le travail forcé dans des secteurs comme le tissage, la construction et l’agriculture. Les recruteurs ciblent souvent les jeunes et leurs familles dans les régions rurales de l’Éthiopie, leur faisant de fausses promesses d’une vie meilleure en ville.

Un adolescent éthiopien est assis à un pupitre d'école, un stylo et du papier à la main, et sourit.

Les améliorations apportées aux écoles locales ont permis d’offrir de meilleures conditions d’apprentissage à Awutaru et à ses camarades de classe.

Journée mondiale contre la traite des personnes

Chaque année, le 30 juillet, le monde entier célèbre la Journée mondiale contre la traite des personnes. La traite des personnes constitue une grave violation des droits de la personne, alimentée par le crime organisé, et touche presque tous les pays du monde. « Chaque année, de plus en plus de victimes sont victimes de la traite », indique l’ONU, « sur des distances plus longues, avec davantage de violence, pendant des périodes plus longues et pour des profits plus importants ». Bien que plus de 200 000 victimes aient été identifiées à l’échelle mondiale entre 2020 et 2023, ce chiffre est considéré comme « la pointe de l’iceberg ».

Dans les zones sinistrées, les enfants sont particulièrement vulnérables, car leurs familles se retrouvent déplacées et en situation de détresse financière, sans systèmes efficaces pour les protéger.

Quand un document manquant ouvre la porte à l’exploitation

L’enregistrement des naissances constitue un rempart essentiel dans la lutte contre la traite.

Sans certificat de naissance, les enfants ne sont pas recensés et sont invisibles aux yeux de leur gouvernement. Cela signifie qu’ils ne peuvent s’inscrire à l’école ni avoir accès aux soins de santé et à d’autres services de base, ce qui limite leur avenir dès le départ. Mais il y a pire: sans preuve de leur âge ni de leur existence, ils deviennent des proies faciles pour les mariages forcés précoces, les employeurs peu scrupuleux, les trafiquants d’êtres humains ou les groupes armés qui recrutent des combattants.

Il est alarmant de constater que 20 % des enfants de moins de cinq ans dans le monde — soit 150 millions de filles et de garçons — n’ont jamais été enregistrés à la naissance.

Une famille de cinq personnes, dans le sud de l'Éthiopie, pose en souriant, les bras autour les uns des autres.

Awutaru (à l'extrême droite) vit avec ses parents, son frère et sa sœur.

Les programmes de World Vision accordent la priorité à l’enregistrement des naissances et à la sensibilisation communautaire

Lorsque World Vision s’associe à une communauté, l’une des premières mesures que nous prenons souvent consiste à nous assurer que les enfants disposent d’une preuve de leur existence. Comme vous pouvez le lire dans le Rapport annuel des résultats 2024 de World Vision Canada, 36 688 enfants de moins de 18 ans ont reçu un certificat de naissance au cours des trois dernières années, grâce aux donateurs canadiens. Ce travail s’inscrit dans le cadre de l’objectif de développement durable 16.9, qui vise à garantir une identité légale à tous, y compris l’enregistrement des naissances, d’ici 2030.

À Amaro, où vit Awutaru, plus de 4 000 enfants parrainés possèdent désormais un certificat de naissance, ce qui leur confère non seulement un nom et une nationalité, mais aussi l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la protection juridique.

Une vaste campagne de sensibilisation communautaire est venue compléter cet effort de délivrance de documents d’identité. Par exemple, grâce au partenariat de Vision Mondiale avec les églises locales de la région, plus de 150 chefs religieux ont été formés pour promouvoir la protection de l’enfance, garantissant ainsi que le message atteigne même les foyers les plus éloignés.

Misgun, la mère d’Awutaru, partage son expérience. « World Vision nous a sensibilisés à la sécurité des enfants, au travail des enfants, aux enlèvements et à la traite des personnes », explique-t-elle. « Lorsque nous connaissons les risques, nous savons comment protéger nos enfants. »

Rédigé par Katie Hackett, avec des notes de Tigist Taye.