8 faits sur l'aide au développement international
Découvrez comment l'aide au développement internationale soutient les régions défavorisées en s'attaquant aux causes profondes et aux conséquences de la pauvreté.
Écrit par Samson Okalow
le 4 février 2022
Le concept moderne d’aide internationale au développement remonte à 1948. C’est à cette époque que les États-Unis ont fourni ce qu’on appelait alors « l’aide étrangère » à l’Europe, alors que celle-ci se remettait des ravages de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, l’aide internationale au développement (ou « aide publique au développement », comme on l’appelle couramment) s’élève à plus de 165 milliards de dollars américains par année, de nombreux pays consacrant une partie de leurs revenus à l’étranger. Ce n’est pas un système parfait et il n’a pas réussi à éliminer la pauvreté, qui est son objectif principal, mais il demeure un outil essentiel pour relever les défis les plus difficiles de la planète.
À Eravur Pattu, au Sri Lanka, l’aide au développement a permis d’offrir aux jeunes de la collectivité une formation professionnelle afin qu’ils puissent acquérir des compétences génératrices de revenus, comme la couture. Photo : Pio J Navinthan
1. Qu’est-ce que l’aide au développement international?
L’aide au développement international consiste à affecter des ressources à des régions économiquement défavorisées partout dans le monde afin de réduire et d’éliminer les causes profondes et les effets de la pauvreté. En voici quelques exemples.
Le Canada a contribué à un projet de restauration des zones humides en Ouganda, appuyé par les Nations Unies. Il s’agit d’un excellent exemple illustrant comment le développement dans un domaine particulier peut entraîner des retombées positives dans d’autres domaines qui, à première vue, ne semblent pas liés.
Dans le cas du district de Sheema, dans l’ouest de l’Ouganda, les zones humides avaient été asséchées pour permettre la culture et le pâturage du bétail. Ironiquement, la source naturelle d’eau s’étant épuisée, les terres ont fini par s’assécher et ne pouvaient plus soutenir l’agriculture. La collectivité a alors souffert de malnutrition en raison de la pénurie de nourriture et d’eau.
Le projet de restauration visait à rétablir les niveaux d’eau et la végétation naturelle. ( Les zones humides régulent les débits d’eau en période de crue et reconstituent les réserves d’eau en période de sécheresse.) Surtout, il a également ouvert à la collectivité la voie vers un développement durable qui ne poussera pas les gens à dégrader la source même de leur bien-être.
Les zones humides nouvellement revitalisées remplissent désormais de multiples fonctions au sein de la communauté: grâce à des pompes alimentées à l’énergie solaire, elles irriguent les terres, fournissant ainsi suffisamment de nourriture aux familles pour subvenir à leurs besoins et vendre le surplus localement; elles favorisent l’apiculture, qui génère à son tour des revenus servant à financer un programme de crédit soutenant encore davantage d’entreprises locales; l’herbe, désormais abondante, est récoltée et vendue à des communautés voisines comme paillis pour les plantations de bananes; enfin, ces possibilités ont particulièrement autonomisé les femmes, qui sont désormais en mesure de subvenir aux besoins de leur famille.
Découvrez quels projets d’aide au développement international le gouvernement fédéral finance en utilisant l’outil « Project Browser » d’Affaires mondiales Canada.
Les programmes régionaux de Vision Mondiale du Canada constituent un pilier essentiel de notre approche en matière de développement international. Prenons, par exemple, la communauté d’El Milagro au Pérou. En partenariat avec la communauté, Vision Mondiale du Canada y a mis en œuvre un programme pendant plus de 10 ans (d’avril 2007 à septembre 2021). Au départ, la communauté faisait face à plusieurs défis, notamment des enfants souffrant de malnutrition chronique, une éducation insuffisante et un manque de perspectives économiques. Le programme visait à améliorer ces aspects.
À la fin de ce programme régional, des progrès significatifs avaient été réalisés, comme l’ont soigneusement démontré plusieurs indicateurs. Le nombre d’enfants de moins de 5 ans présentant une croissance et un développement physiques adéquats est passé de 29 % à 72 %. Près de 100 enseignants ont suivi une formation annuelle qui les a aidés à renforcer leurs capacités pédagogiques. Trois centres d’entrepreneuriat ont été créés et ont profité à 900 jeunes chaque année. Cela a jeté les bases d’un emploi productif et a contribué à réduire l’attrait de la vie de gang, qui constituait auparavant un problème.
World Vision Canada mène des actions de développement international de ce type partout dans le monde. Vous pouvez consulter un aperçu détaillé dans notre rapport annuel sur les résultats. Vous y découvrirez, à l’aide de faits et de chiffres, comment nos « communautés diplômées » ont atteint leurs objectifs de développement.
Une alimentation nutritive est la clé de la santé des enfants. Ici, à Manonga, en Tanzanie, l’aide au développement a permis à ce champ d’augmenter sa récolte, essentielle à la survie. Photo : Dominic Mbamba
2. Pourquoi le Canada s’engage-t-il dans l’aide au développement international?
Lorsque les pays connaissent un développement économique, ils ont plus de chances d’être stables et pacifiques, car ils peuvent subvenir sans difficulté aux besoins fondamentaux de la majorité de leurs citoyens. Un monde plus stable et plus pacifique est un atout pour tous.
Des mères de Soin, au Kenya, ont bénéficié d’une aide au développement fournie par World Vision pour équiper le service de maternité du centre de santé local. Photo : Jacklyne Kurui
3. À combien s’élèvent les dépenses annuelles du Canada en matière d’aide au développement international?
Au cours de l’exercice financier 2019-2020 (du 1er avril au 31 mars), le gouvernement canadien a versé 6,2 milliards de dollars, par l’intermédiaire d’Affaires mondiales et d’autres ministères, à divers projets et programmes. En 2020, le Canada a consacré environ 0,31 % de son revenu national brut à l’aide au développement. Les Nations Unies ont fixé un objectif de 0,7 % du revenu national brut pour tous les pays qui fournissent de l’aide.
L'aide au développement apportée par World Vision a permis de construire des réservoirs et d'alimenter Yulong, en Chine, en eau potable par un réseau de canalisations. Photo : He Yujuan
4. Comment l’aide internationale au développement est-elle distribuée par le gouvernement et des organismes comme World Vision?
Chaque organisation a son propre processus pour acheminer l’aide vers les pays dans le besoin.
En plus de distribuer l’aide directement par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, le gouvernement canadien collabore généralement avec divers partenaires. Parmi ceux-ci figurent des organisations non gouvernementales comme Vision Mondiale du Canada, ainsi que le secteur privé, des fondations privées, des entrepreneurs sociaux, des partenaires locaux et des communautés.
Grâce à la générosité de ses donateurs, World Vision Canada gère également ses propres programmes, financés séparément, qui mettent l’accent sur le développement économique et social. En 2020, World Vision Canada a distribué plus de 320 millions de dollars en aide d’urgence, au développement et à la défense des droits. Nous sommes profondément ancrés dans le domaine du développement international et menons nos activités par le biais d’un certain nombre de programmes, notamment, mais sans s’y limiter:
Programmes régionaux : Nous intervenons dans des communautés vulnérables réparties dans des dizaines de pays, où nous mettons en œuvre des programmes techniques pluriannuels pour relever divers défis. Ces défis vont de l’éducation et de la santé au développement économique, en passant par l’égalité des sexes et bien d’autres encore. Les progrès réalisés dans ces domaines aident les familles et leurs communautés à jeter les bases d’un avenir plus prospère et plus autonome.
STEP: En collaboration avec des partenaires gouvernementaux et du secteur privé, ce projet de trois ans (2017-2020) ciblait la région de Kolda, au Sénégal, dans le but d’accroître la prospérité économique de ses jeunes. En mettant l’accent sur les jeunes déscolarisés, sans emploi et en analphabétisme fonctionnel, le projet a réussi à rejoindre plus de 1 000 jeunes et éducateurs. Un peu plus de 65 % des jeunes participants ont obtenu soit un stage, soit une offre d’emploi, et 52 entreprises ont été créées grâce à l’épargne ou à d’autres sources de financement externes.
Les groupes d'épargne dirigés par des femmes, comme ceux-ci à Tenmiya, en Mauritanie, aident leurs membres à se lancer dans l'entrepreneuriat et à améliorer leurs moyens de subsistance. Photo : Sidina Ould Isselmou