Les moments marquants qui ont fait de 2025 une année inoubliable
Nous nous efforçons d’amorcer le changement à la source, en brisant le cycle de la pauvreté — découvrez l’incroyable impact que cela a eu sur la vie des enfants cette année.
Écrit par Rami Shamma
le 10 novembre 2025
World Vision s’engage en faveur d’un développement transformationnel — c’est ce qui définit notre approche face à la pauvreté et à la vulnérabilité, ainsi que la manière dont nous collaborons avec les communautés et nos partenaires pour réaliser notre mission: une vie dans toute sa plénitude pour chaque enfant.
Le processus de développement transformationnel privilégie l’apprentissage partagé et le changement holistique afin de s’attaquer aux causes profondes, structurelles, spirituelles et sociales qui sous-tendent les besoins des enfants au sein de leurs communautés. Tout au long de ce parcours, les enfants vulnérables collaborent avec leurs communautés, les systèmes économiques et les gouvernements pour analyser les défis, lutter contre les injustices et cerner les occasions d’assurer le bien-être durable des enfants.
Animée par une vision de développement transformationnel, World Vision défend les principes suivants dans son ministère auprès des enfants, des pauvres et des marginalisés:
- Écouter. Nous écoutons Dieu et les personnes que nous servons. Nous veillons à ce que les femmes, les hommes, les filles et les garçons participent aux décisions qui touchent leur vie. Dans les contextes fragiles, nous répondons aux besoins de survie des personnes tout en nous attaquant aux défis liés à la violence, à la fragilité et à la vulnérabilité qu’elles identifient.
- Inclure. Nous nous efforçons d’atteindre les enfants et les familles les plus marginalisés et vulnérables, sans distinction d’origine ethnique, de croyance, de genre ou de tout autre facteur. Nous agissons ainsi parce que Dieu nous appelle à protéger et à autonomiser les personnes défavorisées, en veillant à ce qu’elles aient leur mot à dire dans la prise de décision et qu’elles bénéficient de notre travail.
- Autonomiser. Nous visons à aider les personnes que nous servons à prendre en main leur propre rétablissement et à façonner leur propre avenir. Nous encourageons la pleine participation des femmes et des hommes, des filles et des garçons, et créons des occasions pour que les populations vulnérables puissent influencer les décisions relatives aux programmes.
- Établir des liens. Nous collaborons avec des acteurs locaux, notamment des organisations de la société civile, des organisations confessionnelles, des églises, les gouvernements locaux et nationaux, ainsi que le secteur privé. Grâce à ces partenariats, nous visons à renforcer leur capacité à favoriser un développement transformateur. Nous établissons des relations fondées sur l’équité, la transparence et l’avantage mutuel, tant avec ces organisations qu’entre elles.
- Remettre en question. Nous cherchons à renforcer les systèmes et les institutions qui viennent en aide aux enfants, en rétablissant la responsabilisation entre les fournisseurs de services et les communautés qu’ils servent. Dans les contextes fragiles, nous recueillons des données aux niveaux local et national pour soutenir la consolidation de la paix et influencer les comportements et les politiques des responsables et des fournisseurs de services dans l’intérêt des enfants.
- Adaptation. Nous intervenons à l’ intersection entre l’aide humanitaire, le développement et la consolidation de la paix, en soutenant la capacité des communautés et des familles vulnérables à survivre, à construire la paix et à renforcer leur résilience face aux chocs et aux pressions. Nous concentrons nos efforts sur les zones où se recoupent les risques les plus graves pour les enfants — conflits, fragilité, menaces climatiques, inégalités de genre extrêmes et exclusion sociale —, en particulier dans les contextes urbains et fragiles.
Votre soutien continue d’être le catalyseur qui permet de rassembler tous ces éléments. De l’interdépendance à la résilience, les récits qui suivent démontrent que le changement est possible contre toute attente.
L’espoir renaît dans le village d’Amarech
Amarech se lave les mains à un point d'eau récemment construit dans son village, en Éthiopie. (Photo : World Vision)
Amarech, âgée de 13 ans, a dû faire face à d’importantes difficultés au cours de sa jeune vie. Après avoir perdu son père il y a plusieurs années, elle vit désormais avec sa mère, ses trois frères et ses quatre sœurs. Sa mère travaille sans relâche pour subvenir aux besoins de la famille grâce à l’agriculture de subsistance et au petit commerce. « Ma famille a souvent de la difficulté à subvenir à ses besoins fondamentaux, notamment l’accès à l’eau potable », explique Amarech.
La communauté d’Amarech, en Éthiopie, était confrontée à une pénurie chronique d’eau: le taux de desserte n’atteignait que 30 %, un chiffre bien inférieur à la moyenne, ce qui exigeait une intervention urgente. Cette pénurie avait de graves répercussions sur l’éducation. De nombreux élèves ont abandonné l’école, car les enfants devaient parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau, ce qui les amenait souvent à manquer les cours. Le manque d’eau potable a également entraîné de graves risques pour la santé liés à des maladies d’origine hydrique comme le choléra. Pour relever ces défis, World Vision s’est associée à la communauté afin de mettre en place un nouveau système d’approvisionnement en eau dans le cadre de notre programme régional, en utilisant le modèle WASH dans les écoles.
« Depuis l’installation de points d’eau dans mon village et à l’école, ma santé s’est considérablement améliorée, tout comme mes résultats scolaires », raconte Amarech. Le fait d’avoir de l’eau plus près de chez elle lui a fait gagner du temps: « Cela me permet de me concentrer davantage sur mes études. »
Le projet d’approvisionnement en eau a profité à 2 101 personnes, dont 1 263 enfants. Un élève témoigne: « Nous n’avons plus peur du choléra et d’autres maladies d’origine hydrique mortelles, grâce à World Vision. »
Des histoires comme celles-ci s’inscrivent dans un contexte beaucoup plus large. Grâce à votre soutien, toutes les heures, 38 personnes ont accès à de l’eau potable. Grâce aux projets d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) de World Vision, les enfants et les familles peuvent rester en santé, cultiver des aliments, élever du bétail et protéger l’environnement — jetant ainsi les bases d’un bien-être durable et d’un avenir viable.
La voix qui a refusé de se taire
Sheyla devant le Conseil des droits de la personne à Genève, quelques instants avant de prendre la parole lors du lancement de la campagne « ENOUGH » de WVUN. (Photo : World Vision)
Pour beaucoup, Sheyla est connue comme cette jeune femme qui s’est rendue en Suisse pour prendre la parole devant les Nations Unies sur la sécurité alimentaire. Elle étudie les sciences de la communication dans une université située sur la côte nord du Pérou, une région confrontée à d’importants défis en matière de sécurité, d’éducation et de santé. Mais pour ses amis, Sheyla est la jeune fille qui, lors des réunions, est toujours la première à lever la main pour demander l’avis des autres. Elle s’exprime avec une assurance qui semble innée, comme si la timidité ne l’avait jamais touchée. Pourtant, ce n’est pas le cas.
Sheyla est peut-être aujourd’hui une oratrice sûre d’elle, mais elle a d’abord rejoint un programme de World Vision alors qu’elle n’était qu’une petite fille timide de trois ans, accrochée à sa mère. Au fil des années, elle a fait une découverte profonde: le pouvoir de sa voix. Sheyla a appris qu’elle pouvait mettre des mots sur ce qui se passait dans sa communauté: le manque d’opportunités, la violence qui touchait les familles, la précarité qui semblait être la norme. Plus important encore, elle a découvert qu’il y avait des gens prêts à l’écouter. D’abord, au sein du conseil scolaire. Puis, au sein du réseau de participation, où des enfants et des adolescents de la communauté s’organisaient pour s’adresser aux autorités. C’est là que Sheyla a appris que les mots ont plus de poids lorsqu’on les partage.
Au fil des années, Sheyla a eu davantage d’occasions de faire entendre sa voix, ce qui a abouti à un voyage à Genève, où elle s’est adressée à des représentants de l’ONU au sujet des besoins de sa communauté: l’alimentation scolaire, la réalité des enfants et leur avenir. Elle l’a fait avec une conviction qui l’a elle-même surprise, convaincue que ses paroles pouvaient influencer des décisions sur d’autres continents.
Aujourd’hui âgée de 19 ans, Sheyla entame une nouvelle étape de sa vie. Elle a suivi une formation en leadership, poursuit des études pour devenir communicatrice et reste en lien avec Vision Mondiale grâce à un programme de bourses universitaires. Dans le cadre du programme régional « Promised Land » financé par Vision Mondiale Canada, cette initiative veille à ce que les obstacles financiers ne viennent pas entraver sa carrière. « Je veux travailler dans des milieux qui transforment des vies, comme World Vision l’a fait pour la mienne », explique Sheyla.
Chaque étape — de l’atelier pour enfants à l’ONU, de la municipalité scolaire à l’université — s’inscrit dans la même logique: faire entendre des voix comme celle de Sheyla peut avoir un impact mesurable. Des recherches ont en effet démontré que chaque dollar investi dans le travail de défense des droits mené par les communautés de Vision Mondiale du Canada génère 6 $ de retombées pour les communautés en matière de santé et d’éducation.
Mettre fin aux mariages précoces: la mission du Malawi
Après ses cours, Sellina aide son fils à s’entraîner à écrire à la maison. (Photo : World Vision)
La maltraitance des enfants demeure un problème grave au Malawi, et la collectivité de Sellina accusait un retard dans sa capacité à créer un environnement plus sécuritaire pour les enfants, puisque seule une poignée de membres du comité de protection de l’enfance assurait le suivi des cas de maltraitance signalés — 41 cas avaient été signalés.
Le comité de protection de l’enfance a décidé de lancer une campagne pour sauver les enfants du mariage précoce. Avec le soutien de World Vision, 61 bénévoles de la communauté ont reçu une formation en protection de l’enfance. Les bénévoles ont offert du soutien psychologique à ces enfants et leur ont fourni des fournitures scolaires pour faciliter leur retour à l’école.
Sellina, âgée de 16 ans, avait été contrainte de se marier par ses parents et ses oncles. « Moi et d’autres enfants, nous manquions de produits de première nécessité et nous avons choisi de nous marier ou de travailler, même si cela nuisait à notre santé », explique-t-elle. Sellina a donné naissance à un petit garçon avant d’être secourue par les membres du comité de protection de l’enfance.
Grâce aux efforts de la communauté, Sellina et 41 autres enfants ont été libérés du mariage précoce et d’autres formes de maltraitance. Aujourd’hui au secondaire, elle rêve de devenir infirmière.
Les interventions concrètes, comme l’accès à l’eau potable, le leadership et la défense des droits qui favorisent la transformation personnelle, ainsi que les changements structurels, comme les réseaux de protection de l’enfance, agissent de concert pour parvenir à un développement durable et transformateur. Lorsque ces éléments s’harmonisent, ils ne se contentent pas de changer les systèmes: ils changent des vies, créant ainsi un avenir où chaque enfant peut s’épanouir.
Rédigé par Rami Shamma, responsable de la facilitation de la mise en œuvre, Excellence des programmes et réalisation de l’impact, avec la collaboration de Bryna Jones, spécialiste de la gestion des connaissances, Programmes et politiques. Révision par Christina Cook.