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La faim dans le monde : faits et moyens d’agir

Saviez-vous que jusqu’à 783 millions de personnes dans le monde souffrent chaque jour d’une privation alimentaire chronique? Dans cet article, nous vous présenterons les faits concernant la faim dans le monde et ce que vous pouvez faire pour aider.

Écrit par Jasmine Owen

le 23 septembre 2023

La faim dans le monde s’aggrave à un rythme sans précédent. Le nombre de personnes souffrant de faim chronique à l’échelle mondiale a atteint 783 millions en 2022. Plus de 40 millions de personnes sont confrontées à une situation de famine d’urgence dans 51 pays. La situation s’est tellement aggravée au cours des deux dernières années que de nombreux pays sont désormais menacés par la famine.

Mais la faim dans le monde ne se résume pas au simple fait d’avoir faim. Elle ne disparaît pas simplement en fournissant des repas de façon régulière. La faim est également associée à la détresse qui découle du manque de nourriture. Elle signifie ne pas avoir l’énergie ni la force nécessaires pour travailler et subvenir aux besoins alimentaires de sa famille. C’est le manque de ressources alimentaires qui oblige les gens à quitter leur foyer. C’est un cercle vicieux dont une personne ne peut s’échapper simplement en ayant de quoi manger.

Le monde produit suffisamment de nourriture pour nourrir l’ensemble de la population. Pourtant, des millions de personnes n’ont toujours pas assez à manger pour subvenir à leurs besoins. Comment la situation en est-elle arrivée là? Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur la faim dans le monde.

  1. Qu’est-ce que la faim dans le monde?
  2. Pourquoi la faim dans le monde est-elle un problème?
  3. Quelles sont les principales causes de la faim dans le monde?
  4. Quelles sont les solutions à la faim dans le monde?
  5. Que puis-je faire pour aider?

1. Qu’est-ce que la faim dans le monde?

Le rapport des Nations Unies (ONU) sur la faim définit la faim comme « les périodes pendant lesquelles des populations sont confrontées à une grave insécurité alimentaire ». On parle de faim dans le monde lorsque des personnes passent des journées entières sans rien manger pour diverses raisons, telles que le manque d’argent et l’absence d’accès à la nourriture et à d’autres ressources. Lorsqu’une personne consomme moins de 1 800 calories par jour, on parle de privation alimentaire ou de sous-alimentation.

Partout dans le monde, jusqu’à 783 millions de personnes se couchent régulièrement le ventre vide. Et bien que les taux de faim dans le monde aient diminué au cours de la dernière décennie, ces chiffres ont recommencé à grimper à un rythme alarmant depuis 2017.

Parmi les causes de cette hausse des taux mondiaux de la faim, on retrouve les changements climatiques et les catastrophes naturelles, les conflits dans plusieurs régions ainsi que les répercussions socio-économiques de la pandémie de la COVID-19. La situation actuelle en Ukraine devrait également contribuer à l’augmentation de ces chiffres d’ici la fin de l’année.

La grande majorité des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans des pays et des territoires en conflit. Le Programme alimentaire mondial (PAM) identifie les conflits comme la principale cause de la faim, près de 60 % des personnes les plus touchées par la faim dans le monde vivant dans des zones de conflit.

Dans son Rapport mondial sur les crises alimentaires de 2023, le PAM a recensé dix pays et territoires comptant le plus grand nombre de personnes en situation de crise. Il s’agit de la République démocratique du Congo (RDC), de l’Éthiopie, de l’Afghanistan, du Nigeria, du Yémen, du Myanmar, de la République arabe syrienne, du Soudan, de l’Ukraine et du Pakistan. En 2022, la RDC a dépassé le Yémen en tant que pays connaissant la plus grave crise alimentaire au monde, le nombre de personnes souffrant de famine ayant grimpé en flèche pour atteindre 27 millions (contre 13 millions en 2019).

À ce stade, l’ONU est formelle sur un point: le monde n’est pas en voie d’atteindre l’objectif de développement durable visant à éradiquer la faim dans le monde d’ici 2030. En effet, si les tendances récentes se maintiennent, le monde pourrait compter 840 millions de personnes touchées par la faim d’ici 2030.

2. Pourquoi la faim dans le monde est-elle un problème?

Les effets de la faim dans le monde sont aussi variés que dévastateurs. Fondamentalement, une alimentation caractérisée par un apport insuffisant en calories, en protéines, en vitamines et en minéraux entrave le développement humain à tous les niveaux – chez les nourrissons, les enfants et les adultes. Cela a par la suite des répercussions négatives sur la santé, l’éducation ainsi que le développement économique et social de communautés entières à travers le monde.

La faim ne se résume pas simplement à avoir suffisamment de nourriture à manger: il s’agit d’avoir suffisamment d’aliments nutritifs à consommer. La mauvaise nutrition est à l’origine du décès de 5 millions d’enfants de moins de cinq ans en 2020. Selon un rapport de l’UNICEF publié en 2022, 1 décès sur 5 chez les enfants de moins de cinq ans à l’échelle mondiale est attribuable à une émaciation grave. Une part importante de la population mondiale est également touchée par des carences en micronutriments – c’est-à-dire un manque de vitamines et de minéraux nécessaires à une bonne santé. On parle parfois de « faim cachée », car il n’y a pas nécessairement de signes évidents et visibles de malnutrition. La carence en fer chez les femmes en âge de procréer est un excellent exemple de carence en micronutriments.

Avoir accès régulièrement à une alimentation suffisante et nutritive est un droit fondamental de la personne. Et bien que notre planète produise suffisamment de nourriture pour nourrir les plus de 7,95 milliards de personnes qui y vivent, les inégalités systémiques et les disparités économiques ont entraîné une distribution déséquilibrée et un accès inégal.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 17 % des aliments mis à la disposition des consommateurs, soit 1,3 milliard de tonnes, sont gaspillés. Cela s’ajoute aux 1,2 milliard de tonnes supplémentaires de denrées alimentaires perdues dans les exploitations agricoles. Parallèlement, la faim tue chaque année plus de personnes que le paludisme, la tuberculose et le sida réunis. Il s’agit toutefois d’une injustice à laquelle nous pouvons remédier de notre vivant: si elles sont gérées correctement, l’agriculture, la foresterie et la pêche peuvent fournir suffisamment d’aliments nutritifs pour tous.

Une famille traverse le Kenya avec ses affaires.

Une famille quitte les montagnes de Mogilla pour rejoindre une collectivité de Turkana, au Kenya, à la recherche de nourriture, d’eau et de médicaments. Une sécheresse persistante a décimé la majeure partie de leur bétail. Photo : World Vision

3. Quelles sont les principales causes de la faim dans le monde?

Comme toutes les questions complexes qui nous touchent à l’échelle mondiale, les causes de la faim dans le monde sont multiples. L’instabilité persistante due aux phénomènes climatiques défavorables, aux conflits et aux ralentissements économiques contribue à l’insécurité alimentaire. Bien que la majorité des personnes souffrant de famine extrême vivent dans les pays en développement, la principale cause de la faim dans le monde est la pauvreté. Il convient toutefois de noter que la pauvreté, à son tour, est considérablement aggravée par les crises climatiques, les conflits armés et l’effondrement économique.

La pauvreté La pauvreté est la principale cause de la faim dans le monde. La répartition inégale des revenus et le manque de ressources dans les pays en développement font que des millions de personnes n’ont tout simplement pas les moyens d’acquérir les terres ou le matériel agricole dont elles ont besoin pour cultiver, ni d’accéder autrement à des aliments nutritifs. Dans certains cas, les agriculteurs perdent entièrement leurs récoltes et leurs potagers lorsqu’ils sont incapables d’irriguer leurs terres en raison de la sécheresse. Il s’agit également d’un problème cyclique: si l’on souffre constamment de la faim, on présente de faibles niveaux d’énergie et une diminution des capacités mentales et physiques, ce qui rend à son tour difficile le travail ou l’apprentissage. Cela conduit alors à une pauvreté et à une faim persistantes.

Climat: La variabilité et les phénomènes extrêmes liés au climat deviennent de plus en plus un facteur déterminant de la faim dans le monde. Le nombre de catastrophes liées au climat – sécheresses, crises alimentaires, inondations, vagues de chaleur extrêmes – a doublé depuis le début des années 1990. En 2022, plus de 40 millions de personnes sont confrontées à une situation de famine d’urgence à l’échelle mondiale, ce qui exige une intervention immédiate pour protéger leur vie et leurs moyens de subsistance.

La hausse des températures et l’évolution des régimes pluviométriques ont des effets dramatiques sur les cultures et le bétail, ce qui a à son tour des répercussions dévastatrices sur la sécurité alimentaire et la nutrition. La FAO identifie la sécheresse comme la principale cause des pertes de production agricole, représentant 82 % de celles-ci. Dans les pays les moins avancés et les économies à revenu faible ou intermédiaire, la sécheresse est responsable de 34 % des pertes de production agricole et animale.

Les données mondiales sur la faim montrent régulièrement que la privation alimentaire chronique est nettement plus grave dans les régions où les systèmes agricoles sont très sensibles aux variations de température et de précipitations. Dans ces régions, une grande partie de la population dépend de ces systèmes agricoles et ne dispose pas de mécanismes de soutien pour compenser les pertes. Parmi les pays et les régions les plus vulnérables aux effets des changements climatiques sur l’agriculture, on trouve l’Afrique subsaharienne, l’Éthiopie, le Ghana, la RDC, la République dominicaine, ainsi que de petits États insulaires comme les Maldives.

Conflits et instabilité Le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2023 (GRFC 2023) met en lumière les niveaux alarmants de la faim dans le monde, notamment les 258 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire aiguë dans 58 pays et territoires en crise— contre 193 millions de personnes dans 53 pays en 2021. Les conflits politiques peuvent avoir des répercussions négatives sur les infrastructures de marché, les services de transport et la disponibilité des terres au niveau communautaire, tout en entraînant simultanément des pertes de revenu, des déplacements de population et une inflation des prix des denrées alimentaires au niveau individuel.

À mesure que les régions deviennent de plus en plus instables et en proie à la violence, les services et les approvisionnements essentiels deviennent encore plus inaccessibles pour les plus vulnérables. En effet, selon le Bilan humanitaire mondial 2023 du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies , 51,5 milliards de dollars américains seront nécessaires pour fournir une aide humanitaire et une protection à 339 millions de personnes. Un nombre important de personnes ayant besoin d’une aide immédiate se trouvent dans des pays touchés par des conflits, tels que la RDC, l’Éthiopie, l’Afghanistan, le Yémen, le Soudan et la Syrie. Il est clair que les efforts futurs pour lutter contre la faim dans le monde doivent aller de pair avec ceux visant à maintenir la paix mondiale.

Pandémie de la COVID-19 Le rapport GRFC 2023 a également identifié la pandémie de la COVID-19 comme un autre facteur de l’insécurité alimentaire aiguë. Les chocs économiques provoqués par la pandémie, combinés à la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires, aux perturbations généralisées des chaînes d’approvisionnement et à une reprise économique mondiale inégale, contribuent tous à la hausse alarmante de la faim dans le monde.

Chocs économiques Dans les pays qui souffraient déjà d’insécurité alimentaire et d’un accès limité à la nourriture avant même la pandémie, la crise économique actuelle a aggravé leur situation. En 2022, selon le rapport, les chocs économiques ont dépassé les conflits en tant que principal facteur d’insécurité alimentaire aiguë en termes de nombre de pays ou de territoires touchés. Combinée aux pertes d’emploi et à la flambée des prix, la nourriture est devenue inabordable pour des millions de familles à travers le monde.

4. Quelles sont les solutions à la faim dans le monde?

Afin de lutter efficacement contre la privation alimentaire chronique, les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les dirigeants mondiaux de tous les secteurs doivent travailler ensemble pour trouver de nouvelles solutions à la faim dans le monde. La sécurité alimentaire, c’est savoir d’où viendront vos prochains repas – non seulement aujourd’hui, mais aussi dans les semaines et les mois à venir. En donnant aux collectivités les moyens de produire ou d’acheter leur propre nourriture, les familles seront mieux outillées pour relever les défis alimentaires à venir.

L’agriculture durable: Une transformation en profondeur de nos systèmes mondiaux de production alimentaire est nécessaire si nous voulons nourrir les 783 millions de personnes qui se couchent le ventre vide chaque soir. Il est temps de repenser radicalement la façon dont nous cultivons, partageons et consommons notre nourriture. Malgré les changements climatiques graves, les conflits armés endémiques, les perturbations des importations alimentaires et de nombreux autres obstacles à la lutte contre la faim dans le monde, une bonne gestion de nos industries peut grandement contribuer à nourrir la population mondiale.

Résilience face au changement climatique Nos océans, nos sources d’eau douce, nos forêts, nos sols et notre biodiversité se dégradent rapidement. Le changement climatique continue d’ exercer une pression sur ces précieuses ressources, tout en augmentant les risques liés aux catastrophes naturelles auxquels nous sommes confrontés. Ces phénomènes extrêmes et ces variations devraient s’aggraver à l’avenir; nous devons donc trouver des moyens de renforcer les systèmes agricoles et les moyens de subsistance partout dans le monde. Aider les communautés vulnérables à renforcer leur résilience leur permet de faire face aux situations d’urgence lorsqu’elles surviennent. Vision Mondiale contribue à fournir de la nourriture et une alimentation vitales pour répondre aux besoins immédiats lors de crises naturelles, tout en continuant à mettre l’accent sur des solutions à long terme face aux changements climatiques.

L’accent sur les femmes Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, les femmes représentent 43 % de la main-d’œuvre agricole mondiale, tandis que dans les pays en développement, deux femmes sur trois travaillent dans l’agriculture. Pourtant, ces femmes ne sont pas traitées de la même manière que leurs homologues masculins. Elles sont systématiquement confrontées à une plus grande pauvreté extrême, à un niveau d’éducation plus faible, à des priorités concurrentes et ont moins d’accès ou de contrôle sur les terres et les ressources. En comblant l’écart entre les sexes, on peut donner aux femmes les moyens de nourrir leur famille, de cultiver des aliments nutritifs, de développer leur entreprise et de participer aux marchés agricoles.

Des femmes et des enfants yéménites assis par terre à l'extérieur.

La malnutrition infantile augmente à un rythme alarmant au Yémen – où l’on assiste à l’une des plus graves crises humanitaires au monde – où l’accès à la nourriture et à l’eau est plus difficile que jamais. En 2022, 2,2 millions d’enfants à travers le pays souffraient de malnutrition aiguë

5. Que puis-je faire pour aider?

La faim dans le monde peut sembler être l’un de ces problèmes insurmontables, trop vastes pour que quiconque puisse y remédier. En apportant des changements à notre propre mode de vie – à la maison, au travail, au sein de nos collectivités –, nous pouvons nous aussi contribuer à trouver des solutions à la faim dans le monde. Ensemble, nous pouvons bâtir un monde où les repas sont partagés, où chacun reçoit une portion équitable et où il y a toujours assez de nourriture pour tout le monde.

Magasiner et manger local Les ingrédients d’un repas typique parcourent des milliers de kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes, ce qui contribue aux émissions de gaz à effet de serre. En magasant aux marchés fermiers locaux ou en cultivant nos propres herbes et légumes, nous pouvons faire des choix alimentaires plus durables tout en prenant des mesures concrètes pour favoriser une bonne santé et une bonne nutrition.

Viser le zéro gaspillage alimentaire Nous avons tous un rôle à jouer pour réduire les 2,5 milliards de tonnes de nourriture gaspillées chaque année dans le monde. Plutôt que de gaspiller environ 40 % de toute la nourriture produite, nous pouvons prendre des mesures modestes et réalisables, comme cuisiner et partager des repas avec d’autres ou composter nos restes.

Agir sur le plan humanitaire Face aux plus grandes crises humanitaires de ces dernières années – conflits armés, catastrophes naturelles liées aux changements climatiques et instabilité économique –, les communautés vulnérables du monde entier ont besoin d’une aide alimentaire et nutritionnelle immédiate. Là où les communautés sont confrontées à des pénuries chroniques, votre don aux programmes alimentaires de Vision Mondiale aide à fournir des repas scolaires nutritifs et des trousses alimentaires vitales aux enfants qui en ont le plus besoin. Vous pouvez également aider les communautés à apprendre comment lutter contre les changements climatiques. Enfin, en parrainant un enfant, vous pouvez contribuer à éliminer la faim extrême pour cet enfant, sa famille et sa communauté.

Mise à jour par Charizze Abulencia, Deborah Wolfe et Karen-Luz Sison

Une jeune fille se protège du soleil à l'aide d'un sac qui servait à transporter la nourriture reçue lors d'une distribution.

Une fillette se protège du soleil brûlant à l’aide d’un sac qui servait à transporter la nourriture distribuée. World Vision distribue de la nourriture dans les collectivités et les régions où une grave sécheresse a entraîné une famine chronique et la perte de la majeure partie du bétail. Photo : Worl

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Les agriculteurs et le personnel de World Vision discutent de l'avancement d'une grande exploitation communautaire de manioc. Il y a trois ans, World Vision a commencé à établir un lien entre l'aide d'urgence et le développement au Soudan du Sud. Tous les projets menés dans la région se complètent pour atteindre

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Un homme tenant des carottes récoltées dans un jardin communautaire.

Un agriculteur avec des carottes cultivées et récoltées dans le cadre d’un des projets communautaires de World Vision en Mongolie. Photo : World Vision

À l'école, on sert aux enfants du sorgho et des fèves.

Environ 700 enfants reçoivent du sorgho et des fèves pendant leur pause dîner dans une école du Soudan du Sud. Bon nombre d’entre eux parcourent de longues distances à pied pour se rendre à l’école, mais ce repas est souvent leur seul de la journée. Photo : World Vision