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Où World Vision Canada intervient-elle, et pourquoi?

Que signifie « concentrer nos efforts là où les besoins sont les plus grands »?

Écrit par Katie Hackett

le 26 mars 2025

World Vision est guidée par un seul objectif: le bien-être durable des enfants, en particulier des plus vulnérables.

Pour atteindre cet objectif, nous devons d’abord aller à la rencontre des enfants (et de leurs familles) là où ils se trouvent — et comprendre leurs besoins — avant de pouvoir travailler avec eux à la mise en place de solutions immédiates et à long terme.

Le mot « vulnérable » vous semble-t-il ambigu? World Vision définit comme « vulnérables » les filles et les garçons de moins de 18 ans qui vivent au moins deux des situations suivantes*:

  • Les enfants victimes de relations abusives, violentes ou d’exploitation
  • Les enfants vivant dans une situation d’extrême pauvreté et de privation
  • Les enfants victimes de discrimination qui les empêche d’accéder aux services et aux possibilités
  • Les enfants les plus exposés aux effets négatifs des situations d’urgence et des crises prolongées
  • Les enfants ayant un handicap ou une condition de santé mettant leur vie en danger
  • Les enfants privés de soins et de protection

Nous sommes profondément attristés par le fait que des enfants soient confrontés à des menaces et à des défis aussi complexes partout dans le monde. Notre fondateur, Bob Pierce, a un jour prié en ces termes: « Que mon cœur soit brisé par ce qui brise le cœur de Dieu. » Nous continuons à faire cette prière, car nous savons que les enfants dans le besoin brisent le cœur de Dieu.

Nous rencontrons des filles et des garçons en situation de risque partout où nous intervenons — des pays en plein essor comme la Thaïlande et le Pérou aux régions les plus fragiles de l’Irak et du Soudan du Sud.

Nous accordons la priorité aux endroits où les filles et les garçons sont en danger, exposés à la violence, à l’exploitation, aux mauvais traitements et à la négligence.

Au cours des dernières années, Vision Mondiale du Canada s’est de plus en plus concentrée sur les contextes fragiles — des régions en proie à l’extrême pauvreté, à l’instabilité chronique, aux conflits et à la violence. En 2024, 61 % de nos investissements ont servi à soutenir les pays les plus fragiles et les poches de fragilité (contre 34 % en 2020). Pourquoi? Ce sont les environnements les plus difficiles pour les filles et les garçons vulnérables.

Trois enfants sont assis ensemble, tout sourire, dans une région rurale de la Tanzanie.

En Tanzanie, Winner, Ibrahim et Daudi jouent chez leur voisin.

Dans les contextes fragiles, les tensions politiques et sociales mettent les enfants en danger, les exposant aux pires formes de violence, d’exploitation, de maltraitance et de négligence. Ces contextes offrent une protection moindre contre les facteurs qui accentuent la vulnérabilité extrême des enfants, notamment l’inégalité entre les sexes, l’exclusion sociale et les répercussions des changements climatiques.

Dans certaines régions, les gouvernements sont incapables ou peu disposés à faire respecter les droits fondamentaux et à assurer le bien-être de leurs citoyens, ou n’ont pas la capacité de gérer les conflits sans recourir à la violence. Dans les cas extrêmes, l’État peut être inexistant, ou participer activement à la perpétration de violences contre sa population. Selon l’ Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les contextes fragiles abritent un quart de la population mondiale, mais concentrent les trois quarts des personnes vivant dans l’extrême pauvreté à l’échelle mondiale.

Si nous nous engageons à venir en aide aux enfants les plus marginalisés de la planète, nous devons être là où ils se trouvent.

World Vision établit et met à jour chaque année un classement de la fragilité des pays où nous intervenons*. Cela nous aide à planifier notre travail là où les besoins sont les plus grands.

Au Népal, un groupe de garçons attend en file, le sourire aux lèvres.

Des élèves font la file pour le repas de midi dans l'est du Népal, où un programme d'alimentation scolaire vise à lutter contre la malnutrition.

En 2024, World Vision Canada a mené des activités dans les pays suivants, classés selon les niveaux de fragilité indiqués ci-dessous:

LES PLUS FRAGILES: Afghanistan, Burkina Faso, Burundi, République centrafricaine, Tchad, République démocratique du Congo, Éthiopie, Haïti, Irak, Jérusalem, Cisjordanie et Gaza, Liban, Mali, Myanmar, Niger, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Syrie, Ukraine, Venezuela et Zimbabwe

PAYS EN DÉVELOPPEMENT TRÈS FAIBLE: Angola, Kenya, Malawi, Mauritanie, Mozambique, Sierra Leone, Tanzanie, Ouganda, Yémen et Zambie

PAYS À FAIBLE NIVEAU DE DÉVELOPPEMENT: Bangladesh, Cambodge, Ghana, Guatemala, Honduras, Inde, Laos, Népal, Nicaragua, Philippines, Rwanda, Sénégal et Sri Lanka

PAYS EN DÉVELOPPEMENT MOYEN: Bolivie, Colombie, Équateur, El Salvador et Indonésie

PAYS À HAUT NIVEAU DE DÉVELOPPEMENT: Arménie, Brésil, Chili, Chine, Costa Rica, République dominicaine, Mexique, Moldavie, Pérou et Thaïlande

Le classement dans ces catégories n’est jamais figé: les situations évoluent rapidement et, bien que nous suivions les tendances, nos données ne permettent pas de prédire l’avenir. L’instabilité peut toucher des pays entiers, s’étendre au-delà des frontières nationales ou se limiter à des zones plus restreintes — voire à des quartiers de villes — appelées « poches de fragilité ».

Vision Mondiale a élaboré une approche de programmation dans les contextes fragiles⁣ (FCPA) adaptée à notre travail dans ces contextes et fondée sur la nécessité de faire preuve d’agilité dans ces environnements en évolution rapide. Cette approche de la programmation dans les contextes fragiles et humanitaires englobe le lien entre l’aide humanitaire, le développement et la consolidation de la paix (HDPN).

Elle trace une voie vers le changement qui nous permet de travailler avec ou par l’intermédiaire de partenaires, afin de financer et de mettre en œuvre des mesures efficaces à travers le HDPN (qui protègent des vies). Elle s’attaque aux causes profondes de la fragilité et renforce l’impact durable de notre travail dans ces contextes. Notre approche veille à ce que les familles disposent des outils nécessaires pour survivre, s’attaque aux problèmes sous-jacents qui menacent leur stabilité et vise, en fin de compte, un avenir où elles pourront s’épanouir.

En Moldavie, deux jeunes enfants discutent avec une femme qui porte une tuque de World Vision.

Après que leur maison eut été détruite par les bombardements, Ivan et Violeta ont fui l'Ukraine pour se réfugier en Moldavie, pays voisin, avec leurs parents.

C’est grâce à des engagements à long terme que nous parvenons à des changements durables.

Pour créer un monde où les enfants les plus vulnérables peuvent mener une vie épanouie et à part entière, il faut un changement systémique, avec des institutions stables et efficaces qui favorisent leur bien-être.

Cela nécessite un travail de plaidoyer mené par les communautés pour tenir les gouvernements responsables de leurs engagements, des efforts à l’échelle nationale pour améliorer les politiques, ainsi que des initiatives internationales visant à changer notre façon d’aborder les enjeux qui touchent les enfants. Ce travail — et le changement durable — prend du temps. World Vision s’associe généralement à une communauté pendant au moins 12 ans, avec une équipe composée majoritairement de personnel local, afin d’instaurer un changement durable.

Prenons l’exemple des 11 années d’efforts déployés par World Vision pour faire adopter une loi visant à éliminer le travail des enfants des chaînes d’approvisionnement des entreprises canadiennes: la Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement est désormais en vigueur depuis le 1er janvier 2024. Les entreprises canadiennes doivent désormais signaler tout signe de travail des enfants dans leurs chaînes d’approvisionnement et rendre compte des mesures qu’elles comptent prendre pour y remédier.

Plus récemment, le Partenariat World Vision a lancé ENOUGH, une campagne mondiale de sensibilisation d’une durée de trois ans visant à mettre fin à la faim et à la malnutrition chez les enfants. Au Canada, nous nous efforçons d’exhorter le gouvernement canadien à corriger les systèmes alimentaires défaillants et injustes.

Le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser. Les conflits mondiaux, les changements climatiques et la hausse du coût de la vie mènent à une « polycrise » qui aggrave les inégalités et pousse davantage de familles au bord de la survie. Nous croyons qu’il ne suffit pas de les aider à simplement survivre. En investissant dans le relèvement, puis dans la stabilité et la croissance à long terme, nous œuvrons pour un avenir où leurs enfants pourront s’épanouir et réussir.

Ces renseignements figuraient à l’origine dans notre rapport annuel sur les résultats. Lisez le rapport complet pour en savoir plus sur notre façon de travailler et sur les progrès réalisés par les collectivités en 2024.

* Ces facteurs peuvent varier en fonction du contexte.