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Même lorsque les orientations politiques changent, le travail en faveur de l'égalité entre les sexes se poursuit : les leçons de la Suède

Même si le vocabulaire que nous utilisons pour décrire notre travail peut évoluer avec le temps, une vérité demeure immuable : faire progresser l’égalité entre les sexes est essentiel pour réduire la pauvreté, renforcer la résilience et favoriser une paix durable.

Écrit par Sophia Papastravou

le 2 décembre 2025

Les récents changements et la réorientation de l’approche féministe du Canada en matière d’aide internationale n’ont pas été une surprise. Le contexte mondial évolue dans cette direction depuis un certain temps déjà, les changements dans le paysage politique et les priorités concurrentes façonnant la manière dont les gouvernements communiquent leurs engagements internationaux. Pourtant, tout n’est pas sombre pour autant. Au contraire, ce moment offre l’occasion de se recentrer sur ce qui fait véritablement avancer les choses: des partenariats solides, des programmes fondés sur des données probantes et un engagement continu à faire progresser l’égalité entre les sexes là où cela compte le plus: au sein des communautés en situation de crise où World Vision Canada intervient.

Dans le monde du développement et de l’aide humanitaire à l’échelle mondiale, les changements d’orientation et de discours se produisent à un rythme bien plus rapide que nous ne le pensons. Les termes apparaissent et disparaissent au gré des cycles politiques, des débats publics et de l’évolution des priorités nationales. Pourtant, au-delà de ces changements, une vérité demeure inchangée: faire progresser l’égalité des sexes est essentiel pour réduire la pauvreté, renforcer la résilience et soutenir une paix durable.

Photo illustrant l'article

Des adolescents participent aux séances de groupes de pairs du projet AHADI. AHADI fait progresser l’égalité entre les sexes en contribuant à une meilleure prise en compte de la santé et des droits sexuels et reproductifs, du bien-être et de la dignité des filles marginalisées.

Les leçons de la Suède

Alors que le Canada réfléchit à ses politiques et au langage utilisé pour décrire son engagement international, il est utile de se tourner vers la Suède, un pays reconnu depuis longtemps comme un chef de file mondial et un champion de la promotion de l’égalité entre les sexes. La Suède a été la première au monde à adopter ce qu’elle a appelé une « politique étrangère féministe », une initiative qui a attiré l’attention du monde entier et a contribué à ancrer plus fermement l’égalité des sexes dans les programmes diplomatiques et de développement.

Lorsque le gouvernement suédois a par la suite choisi de s’éloigner de cette étiquette en 2022, nombreux sont ceux du secteur humanitaire qui se sont demandé ce que cela signifierait pour son organisme de développement, l’ASDI, et pour ses partenaires internationaux. La réponse s’est avérée rassurante. L’engagement de l’ASDI envers l’égalité des sexes n’a pas disparu; il s’est renforcé.

Plutôt que d’ancrer son travail dans un slogan politique, la SIDA a intégré l’égalité des sexes encore plus profondément dans ses systèmes opérationnels. L’analyse de genre est demeurée une exigence. Les partenariats avec les organisations de défense des droits des femmes se sont poursuivis. Les flux de financement sont restés conformes au principe selon lequel la lutte contre l’inégalité entre les sexes est fondamentale pour l’efficacité du développement et des interventions humanitaires.

L’expérience suédoise nous enseigne une leçon importante: supprimer un terme n’efface pas le travail accompli. Parfois, cela permet de se recentrer sur les données probantes, les partenariats et les pratiques quotidiennes qui font de l’égalité des sexes une réalité pour les communautés.

Réactions chez la mère et les enfants

Le projet « ReactsIn » de Vision Mondiale du Canada, financé par Affaires mondiales Canada, lutte contre la faim et la malnutrition en impliquant les femmes et les adolescentes dans la production d’aliments riches en micronutriments, notamment des cultures adaptées au changement climatique et biofortifiées.

L’engagement et la collaboration transcendent les étiquettes

Le moment présent offre une occasion similaire de réflexion au Canada. Les besoins humanitaires augmentent, les crises gagnent en complexité et les répercussions sur les femmes, les hommes, les filles et les garçons continuent d’être profondément inégales. Les vulnérabilités liées au genre dans les situations d’urgence – qu’elles concernent les responsabilités de soins, les risques en matière de protection, la lutte contre la violence sexuelle et basée sur le genre, l’accès aux services ou les obstacles à la participation – demeurent au cœur d’une intervention efficace.

Chez Vision Mondiale du Canada, cela signifie entretenir un dialogue collaboratif et fondé sur des données probantes avec nos partenaires gouvernementaux, en soulignant comment l’analyse de genre améliore l’efficacité, comment le leadership des femmes et des filles renforce la résilience et comment il est crucial, en situation d’urgence, de s’attaquer aux risques liés à la protection en fonction du genre. Ce sont là des principes qui transcendent les étiquettes. Ils s’ancrent dans des décennies de pratique, de recherche et d’expérience communautaire.

Le parcours de la Suède démontre que la promotion de l’égalité entre les sexes se poursuit tant que les institutions, les intervenants et les partenaires restent engagés. L’étiquette peut changer, mais l’objectif demeure le même. L’expérience de la Suède nous rappelle clairement qu’un travail solide en matière d’égalité entre les sexes repose sur la pratique, et non sur des étiquettes.

RESILIENT-WE Couple

Le projet RESILIENT-WE en Éthiopie, financé par Affaires mondiales Canada, s’appuie sur une approche appelée « MenCare ». Les groupes MenCare aident les hommes à mener une réflexion critique sur les normes culturelles et de genre préjudiciables. Cette approche aide les hommes à devenir des partenaires actifs et à...

L’importance des données probantes

Les progrès les plus significatifs ont toujours dépendu des outils et des approches intégrés aux programmes, notamment une analyse solide des questions de genre, des évaluations menées par les communautés, un accès équitable aux services et la garantie que les femmes, les hommes, les filles et les garçons puissent participer de manière significative aux décisions qui les concernent. Ces principes fondamentaux demeurent au cœur de chaque contexte humanitaire dans lequel nous intervenons.

La communauté suédoise du développement a continué de faire progresser l’égalité entre les sexes précisément grâce aux partenariats étroits et durables que l’ASDI a noués avec la société civile, les organisations locales de défense des droits des femmes et les partenaires d’exécution. Cet esprit de collaboration est tout aussi essentiel dans le travail du Canada avec ses partenaires internationaux, où des priorités communes et un dialogue constant contribuent à maintenir les considérations liées au genre fermement intégrées dans l’ensemble des programmes.

Ce sont les données probantes qui, en fin de compte, motivent l’engagement: lorsque les interventions humanitaires tiennent compte de manière significative des différences entre les sexes, en démontrant de meilleurs résultats en matière de protection, un relèvement amélioré et des communautés plus résilientes, l’égalité des sexes devient une nécessité pratique plutôt qu’une simple déclaration politique.

Alors que le discours politique évolue à l’échelle mondiale, notre travail collectif reste délibéré, constant et ancré dans une mission claire. Vision Mondiale du Canada demeure déterminée à répondre aux besoins des enfants les plus vulnérables et à faire progresser l’égalité des sexes dans tous les contextes humanitaires, en s’appuyant sur des données probantes, des partenariats solides et la conviction commune que chaque enfant mérite d’avoir la chance de survivre, de se rétablir et de s’épanouir.

Apprenez-en davantage sur notre travail en matière d’égalité des sexes