Qu’est-ce que la variole du singe et comment se propage-t-elle?
La variole du singe est une maladie douloureuse et contagieuse qui s’est propagée au Canada. Elle a déjà touché d’autres pays, et ce sont souvent les enfants qui en souffrent le plus. Voici ce que vous devez savoir.
Écrit par Deborah Wolfe
le 18 décembre 2024
Qu’est-ce que la variole du singe? Faible taux de mortalité, grande souffrance
« On voit des croûtes sur la peau de notre enfant, et quand il se gratte, il passe toute la nuit à pleurer », a déclaré une mère en République démocratique du Congo. « J’ai peur parce que je crois qu’il va mourir. »
Jusqu’à présent, la majorité des personnes chez qui on a diagnostiqué le Mpox (anciennement appelé « Monkeypox ») vivent en Afrique centrale et en Afrique de l’Est. La République démocratique du Congo est l’un de ces pays.
Il existe deux souches de Mpox, mais une seule est potentiellement mortelle. En octobre 2024, 1 786 personnes au Canada avaient contracté la souche la moins dangereuse et s’étaient rétablies dans le délai habituel de deux à quatre semaines.
Mais la situation a changé le 22 novembre, lorsque Santé Canada a confirmé le premier cas canadien de Mpox du clade I, la souche potentiellement mortelle.
Quelques jours plus tôt, le premier cas américain de Mpox de clade I avait été confirmé, après l’atterrissage d’un avion en Californie. Comme l’ont souligné des experts du monde entier, ce virus est en train de se propager.
9 choses à savoir sur le Mpox
Le Mpox ne représente pas une menace immédiate pour la plupart des Canadiens, mais n’importe qui peut le contracter en cas d’exposition. Voici 9 choses à savoir sur le Mpox, y compris ce que World Vision fait pour aider à l’enrayer.
Q. Qu’est-ce que la variole du singe?
R. Le Mpox est présent chez les rongeurs et les primates des forêts humides d’Amérique centrale et d’Amérique de l’Est. Mais il ne s’est pas limité à ces régions. Ce virus potentiellement mortel se transmet à l’humain et entre humains. Le Mpox provoque des symptômes tels qu’une éruption cutanée douloureuse, une hypertrophie des ganglions lymphatiques, de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des maux de dos et une perte d’énergie.
Q. À quoi ressemble le Mpox?
R. L’éruption cutanée liée au Mpox apparaît 2 à 3 jours après l’apparition des autres symptômes. Souvent accompagnée de démangeaisons ou de douleur, elle peut ressembler à celle de l’herpès, de la varicelle ou du zona. Elle se manifeste par des taches, des bosses ou des cloques. Elle commence sur le visage et peut s’étendre.
Q. Quels sont les types de Mpox?
R. Les scientifiques ont identifié le clade I et le clade II du virus de la variole du singe. Chacun comporte des sous-clades (les sous-clades Ia et Ib, ainsi que les sous-clades IIa et IIb). Les épidémies liées à chaque clade présentent des caractéristiques distinctes, notamment en ce qui concerne leur mode de propagation, les personnes touchées et leur taux de létalité.
Q. Quelle est l’histoire de la variole du singe chez l’humain?
R. Le premier cas humain de Mpox a été documenté en République démocratique du Congo en 1970. Dans les années 1980 et 1990, la maladie a connu des flambées périodiques avant de s’éteindre dans certaines régions d’Afrique. Depuis lors:
- Depuis le début de la surveillance de la variole du singe en 2022 (et jusqu’en juillet 2024) , plus de 100 000 cas de variole du singe ont été diagnostiqués à travers le monde.
Un adolescent atteint de la variole du singe attend devant un hôpital en République démocratique du Congo pour y recevoir des soins.
- En Afrique , en 2024, le nombre de cas a augmenté de 160 % par rapport à 2023, avec une hausse de 19 % du nombre de décès. Cette situation s’explique par l’émergence de la variante virulente du clade Ib — celle qui a récemment été diagnostiquée pour la première fois au Canada et aux États-Unis.
- En août 2024, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré que la variole du singe constituait « une urgence de santé publique de portée internationale ».
Q. Où le Mpox est-il le plus répandu?
R. En novembre 2024, les trois pays comptant la majorité des cas humains de Mpox sont la République démocratique du Congo (RDC), le Burundi et l’Ouganda. On observe une augmentation de la souche la plus grave, particulièrement chez les enfants, en RDC.
Q. Comment le Mpox se propage-t-il?
R. Le Mpox se transmet d’une personne à l’autre, principalement par contact étroit avec une personne infectée. Cela inclut les contacts au sein des foyers. De plus:
- Entre des personnes se trouvant face à face, par le biais de gouttelettes respiratoires infectieuses.
- Par contact peau à peau, y compris les contacts sexuels et les baisers.
- Par des objets contaminés, comme les vêtements ou le linge de maison.
- Par des blessures causées par des aiguilles dans le milieu des soins de santé ou dans des milieux communautaires comme les salons de tatouage.
- Par la grossesse ou l’accouchement, lorsque le virus peut se transmettre au bébé.
Q. Existe-t-il un vaccin pour prévenir la variole du singe?
R. Oui, il existe un vaccin, et de nombreuses municipalités offrent la vaccination en deux doses aux personnes admissibles. La première version destinée aux enfants a été approuvée par l’Organisation mondiale de la santé en novembre. Les personnes déjà atteintes de la variole du singe devraient consulter leur médecin.
Q. Pourquoi devrais-je me préoccuper de la variole du singe dans le monde?
R. Tant que les gens voyageront, les maladies contagieuses se propageront elles aussi. Pour les enfants et les adultes partout dans le monde, la santé est un droit humain, tout comme l’éducation. Les gens ont le droit de se protéger contre la variole du singe grâce à l’éducation et à la vaccination. Ils ont droit à des soins de santé lorsqu’ils sont malades.
Q. Que fait World Vision pour aider les gens à lutter contre la variole du singe?
World Vision est profondément préoccupée par la santé et le bien-être des enfants exposés au risque de contracter le virus de la variole du singe, en particulier ceux qui vivent dans des camps surpeuplés où la violence sexuelle est monnaie courante.
Nous surveillons la propagation de la variole du singe dans les pays où nous intervenons, nous aidons les gens à rester en sécurité et nous venons en aide à ceux qui sont atteints du virus. En République démocratique du Congo, par exemple, la variole du singe est présente dans les 26 provinces — bien qu’à des degrés divers.
« J’avais peur parce qu’on nous a dit que si un enfant contractait cette maladie, il mourrait », a déclaré une mère de la province du Sud-Kivu. « Nous avons besoin de soins médicaux. Il y a tellement de cas. Et cette maladie touche les enfants. »
Le nombre de cas de variole du singe a été très élevé dans la province du Sud-Kivu, mais World Vision est un partenaire du gouvernement dans la lutte contre cette maladie au pays. Voici quelques-unes des mesures que nous prenons pour aider:
- Nous prenons des mesures immédiates pour protéger les enfants vulnérables, avec une intervention initiale au Burundi, au Kenya, au Rwanda, en Ouganda, en République démocratique du Congo, en Afrique du Sud, en République centrafricaine et au Tchad.
- Nous restons à l’affût des signes de la variole du singe dans les communautés que nous servons.
- Nous distribuons des dépliants contenant des messages de prévention qui encouragent la population à se faire vacciner contre la variole du singe.
- Nous enseignons aux familles les moyens de se protéger contre la variole du singe, notamment en se lavant les mains.
- Nous formons les chefs religieux et d’autres leaders communautaires sur les faits et les mythes entourant la variole du singe, afin de réduire la stigmatisation et de promouvoir les soins médicaux.
- Nous soutenons la production et la diffusion d’information sur la variole du singe, afin que tout le monde soit sensibilisé.
- Nous aidons les personnes qui ont contracté la variole du singe à obtenir les soins médicaux dont elles ont besoin.
L'écureuil des cordes du Congo est porteur du virus Mpox dans les forêts humides de l'est de la République démocratique du Congo. Photo : Sharp Photography, Wikimedia Commons
Dans l’est de la République démocratique du Congo, de nombreuses personnes vivent à proximité de forêts humides où vivent des porteurs du virus Mpox, comme les écureuils.
Ce sont les enfants qui courent le plus grand risque dans les camps surpeuplés, où ils sont exposés à des agressions sexuelles. C’est l’un des modes de transmission de la variole du singe.
Une adolescente est penchée au-dessus d'un robinet et d'un bec verseur, en train de se laver les mains à l'eau propre.