Un mécanicien en mission
Ayant grandi dans une grande pauvreté, Victor a failli sombrer dans la toxicomanie, la criminalité et le manque de confiance en soi. Aujourd’hui, il répare des autos — et espère remettre les jeunes sur la bonne voie.
Écrit par Katie Hackett
le 2 février 2025
« Vous connaissez tous le dicton: “L’expérience est le meilleur des maîtres” », dit Victor, âgé de 25 ans, avec un sourire ironique. « Mon passé m’a beaucoup façonné. »
Victor a grandi à Kayole, un quartier informel de Nairobi, au Kenya. « [C’est] un endroit bien connu, tristement célèbre pour ses jeunes impliqués dans des gangs et aux prises avec la toxicomanie, surpeuplé », explique-t-il, « mais où l’on trouve aussi des jeunes dont l’histoire a pris un autre tournant — comme moi. »
Aujourd’hui, Victor travaille comme mécanicien. Il aime son travail. Il est passionné par les autos. Mais quand il était enfant et adolescent, grandissant dans une extrême pauvreté, on ne s’attendait pas à ce qu’il en arrive là.
Lutter contre la honte et la pression de la pauvreté
« Personnellement, j’ai lutté contre la toxicomanie à cause de la pression négative de mes pairs pendant mes années d’école secondaire », raconte Victor.
Il était peut-être particulièrement vulnérable à l’influence de ses pairs: il se souvient d’avoir eu une faible estime de soi et d’avoir eu honte que lui et ses six frères et sœurs aillent à l’école sans souliers, sans sac à dos ni uniforme. Son père faisait des petits boulots dans la construction pour subvenir à leurs besoins, mais ils ne mangeaient souvent qu’une seule fois par jour.
Après le secondaire, Victor s’est joint à un groupe d’éboueurs, mais ce n’était pas un travail honnête: ils s’introduisaient souvent en cachette chez les clients pour leur voler leurs biens.
« Je n’étais pas à l’aise avec cette situation », raconte Victor, « mais Dieu m’a tiré d’affaire. »
Devenir un mécanicien de confiance
Youth Works est un programme géré par World Vision à Nairobi. Ce programme offre aux jeunes des services de counseling et de formation professionnelle, et les met en contact avec des possibilités d’emploi locales. Grâce à Youth Works, Victor a obtenu une bourse d’études dans un collège où il a suivi un programme menant à un certificat en génie automobile.
Il a apporté des changements à sa vie, notamment en approfondissant sa foi chrétienne. Aujourd’hui, il affirme que sa plus grande force est « la capacité de m’adapter à tous les changements auxquels je pourrais être confronté dans la vie, sachant que Dieu est mon guide dans tout ce que je fais ».
Victor est un bon mécanicien, compétent en diagnostic informatique et en câblage, même s’il aimerait avoir accès à des outils plus modernes. Il est réputé pour sa fiabilité: les clients sont rassurés lorsqu’ils lui confient leur véhicule.
Il s’anime véritablement lorsqu’il parle des autos allemandes, sa « passion », et rêve d’en posséder une. Mais il nourrit également un rêve plus grand encore, qui profitera à davantage de gens que lui-même.
Le rêve d’un garage qui redonne à la communauté
Victor veut transformer son quartier, Kayole, en sortant les jeunes de la rue. Pour ce faire, il ouvrira son propre garage, où il formera et emploiera des jeunes prometteurs qui n’ont pas eu accès à l’éducation.
« J’ai tiré des leçons de mes erreurs et de celles de mes amis », dit-il. « Si j’en avais l’occasion, j’aimerais beaucoup changer leur vie. »
Lorsqu’on lui demande ce qui l’inspire, Victor cite son père, qui a travaillé si fort pour donner à ses enfants ce dont ils avaient besoin. « C’était un peu épuisant, et étant moi-même un jeune homme, je ressentais vraiment ses difficultés », explique Victor. « C’est ce qui m’a de plus en plus inspiré à continuer d’aller de l’avant. »
Saviez-vous que le Canada célèbre chaque année, au début du mois de février, la Semaine du développement international ? C’est l’occasion de mieux comprendre et d’être fier de la façon dont les Canadiens contribuent à l’éradication de la pauvreté dans le monde. Grâce à Vision Mondiale, les Canadiens ont joué un rôle dans la transformation de la vie de Victor.
« J’ai tiré des leçons de mes erreurs et de celles de mes amis. Si j’en avais l’occasion, j’aimerais beaucoup changer leur vie. »