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Protéger le droit à l'éducation : ce qu'il faut savoir

Voici des faits et des chiffres sur ce qu’il faut pour protéger le droit à l’éducation et sur ce qui peut être fait pour garantir à tous les enfants une éducation de qualité.

Écrit par Karen-Luz Sison

le 20 janvier 2023

Chaque année, des millions d’enfants et de jeunes se retrouvent chaque semaine dans des salles de classe partout dans le monde pour apprendre toutes sortes de matières, des mathématiques et des sciences à la littérature et aux arts. L’école est une expérience courante pour la plupart des enfants en Amérique du Nord — et le droit à l’éducation est un droit de la personne reconnu à l’échelle mondiale dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies et dans la Convention relative aux droits de l’enfant. Qu’il s’agisse de doter les jeunes de compétences essentielles à la vie quotidienne ou d’offrir aux enfants un milieu d’apprentissage sécuritaire, l’éducation améliore considérablement la qualité de vie des communautés dans leur ensemble.

Mais dans d’autres régions du monde, 244 millions d’enfants et de jeunes ne peuvent pas jouir de ce droit à l’éducation, selon les données de l’UNESCO pour 2022.

Malgré la reconnaissance juridique du droit à l’éducation, de nombreux obstacles empêchent encore les enfants et les jeunes issus de communautés vulnérables d’aller à l’école, notamment les conflits et les inégalités entre les sexes.

Cet article explique ce qu’est le droit à l’éducation, pourquoi il existe et quelles mesures sont prises pour protéger ce droit chez les enfants.

1. Qu’est-ce que le droit à l’éducation?

Le droit à l’éducation est défini à l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme comme le droit pour tous de recevoir une éducation gratuite aux niveaux élémentaire et fondamental.

Pour les États membres signataires, l’éducation dans le pays doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations, tous les groupes raciaux ou religieux. La Déclaration stipule également que l’enseignement élémentaire est obligatoire et que les parents ont le droit de choisir le type d’éducation que recevront leurs enfants.

Pour que ce droit soit pleinement réalisé, l’éducation, sous toutes ses formes et à tous les niveaux, doit présenter les caractéristiques suivantes, selon l’ONU:

  • Accessible: l’éducation est gratuite et s’appuie sur des infrastructures suffisantes ainsi que sur des enseignants qualifiés pour dispenser l’enseignement.
  • Accessible: le système d’éducation est non discriminatoire pour tous, et des mesures sont prises pour inclure les personnes les plus marginalisées.
  • Acceptable: le contenu enseigné dans les écoles est pertinent, non discriminatoire et adapté à la culture locale; les écoles et les enseignants offrent un environnement sécuritaire et font preuve de professionnalisme.
  • Adaptable: l’éducation évolue pour répondre aux besoins changeants de la société et s’attaquer aux inégalités existantes; elle est adaptée aux contextes locaux spécifiques.

Dans la Convention relative aux droits de l’enfant, les États signataires s’engagent à respecter, à protéger et à garantir le droit à l’éducation pour chaque enfant. Cela signifie que les États signataires s’engagent à prendre les mesures suivantes:

  • Rendre l’enseignement primaire obligatoire et accessible gratuitement à tous
  • Encourager différentes formes d’enseignement secondaire et rendre l’enseignement technique et professionnel accessible à tous
  • Rendre l’enseignement supérieur (universitaire et collégial) accessible à tous
  • Aborder l’éducation dans une optique d’engagement à éliminer l’ignorance et l’analphabétisme partout dans le monde

Tout récemment, 184 pays ont signé la Déclaration d’Incheon de 2015: un cadre d’action visant à atteindre l’objectif de développement durable n° 4 des Nations Unies — d’ici 2030, tous les enfants auront accès à une éducation inclusive et de qualité.

2. Pourquoi avons-nous besoin du droit à l’éducation?

Nous avons besoin du droit à l’éducation, car offrir une éducation de qualité contribue au progrès tant des individus que des collectivités dans leur ensemble. Le droit à l’éducation est protégé par divers instruments ratifiés à l’échelle internationale en raison de la grande valeur qu’apporte l’éducation.

Lorsque les enfants reçoivent une éducation de qualité, c’est toute la société qui en bénéficie.

L’ONU reconnaît que l’éducation contribue à « l’épanouissement complet de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de la personne et des libertés fondamentales ». En d’autres termes, l’accès à l’éducation nous aide à progresser sur les plans intellectuel, émotionnel et social; à comprendre nos droits de la personne et nos libertés fondamentales; et à acquérir les compétences et les qualifications nécessaires pour progresser sur le plan socio-économique.

Voici quelques statistiques qui démontrent le pouvoir de l’éducation:

3. Quels sont les obstacles auxquels les enfants sont confrontés pour accéder à l’éducation?

Bien qu’il existe diverses raisons pour lesquelles les enfants à travers le monde ne peuvent pas bénéficier d’une éducation de qualité, voici les principaux obstacles mondiaux à l’éducation.

La pauvreté La pauvreté et l’éducation sont indéniablement liées. Dans les régions défavorisées du monde entier, les familles doivent choisir entre envoyer leurs enfants à l’école et subvenir à leurs besoins fondamentaux. Vivre dans la pauvreté oblige les familles à prendre des décisions déchirantes, et ce sont les enfants qui en paient le prix le plus lourd. Les enfants peuvent être contraints au mariage précoce ou à des travaux dangereux et dégradants pour aider leur famille à joindre les deux bouts.

Conflit Dans les pays où les conflits violents font rage, l’éducation est littéralement prise pour cible. En 2020 et 2021, on a dénombré plus de 3 000 attaques contre des écoles, selon un rapport de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA). Les enfants sont contraints de quitter l’école pour fuir la violence et sont parfois même recrutés pour devenir des enfants-soldats.

Inégalité entre les sexes Les préjugés sexistes jouent un rôle majeur dans l’empêchement des filles d’accéder à l’éducation. Selon les estimations de l’UNESCO, les taux d’achèvement scolaire des filles continuent d’ être inférieurs à ceux des garçons à tous les niveaux d’enseignement: seulement 21 % des jeunes femmes terminent leurs études secondaires, contre 26 % des jeunes hommes. Le manque d’accès aux installations et aux produits d’hygiène menstruelle empêche également de nombreuses filles de fréquenter l’école, en raison des tabous sociaux entourant les menstruations. Le renforcement des stéréotypes sexistes néfastes pousse les familles à privilégier l’éducation des garçons au détriment de celle des filles, allant même jusqu’à forcer ces dernières à abandonner l’école et à se marier précocement.

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Au Honduras, ces enfants courent moins de risques d’être contraints au travail dans le secteur du café, grâce à un nouveau centre de garde et de développement de l’enfance où ils peuvent jouer et apprendre en toute sécurité. Photo : André Guardiola

Accès à l’eau potable Lorsque les communautés à faible revenu ont du mal à se procurer de l’eau potable, ce sont souvent les enfants qui en paient le prix sur le plan scolaire. Les femmes et les enfants marchent en moyenne six kilomètres par jour pour aller chercher de l’eau. Pour les enfants, ce trajet les oblige à manquer l’école ou à arriver en retard en classe, soit à cause de l’épuisement causé par le trajet, soit à cause de maladies liées à la consommation d’eau insalubre.

4. Qu’en est-il du droit à l’éducation au Canada?

Bien que le Canada ne dispose pas d’un ministère fédéral officiel de l’Éducation, le gouvernement fédéral a l’obligation d’assurer l’accès à l’éducation pour tous les enfants, en tant que signataire d’engagements internationaux.

Cet ensemble d’accords, de programmes et de conventions internationaux comprend des engagements précis visant à offrir une éducation publique de qualité, notamment la Déclaration d’Incheon de 2015, la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant de 1991 et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007.

Cependant, les infrastructures et la prestation des services éducatifs relèvent de la compétence des provinces et des territoires. Cela signifie que le droit à l’éducation est inscrit dans les lois provinciales et territoriales sur l’éducation, ainsi que dans les structures de gouvernance des Premières Nations, des Métis et des Inuits. L’éventail des choix et la qualité de l’éducation dépendent de la façon dont les différentes régions gèrent leur système d’éducation.

La plupart des régions du Canada disposent de systèmes d’éducation publique bien développés, mais certains groupes de population ne bénéficient toujours pas d’un accès égal à l’éducation, en particulier les peuples autochtones, les groupes racialisés et les personnes ayant une incapacité. Voici quelques statistiques qui illustrent cette réalité:

  • Le financement fédéral destiné aux écoles des Premières Nations est très disproportionné par rapport à celui des écoles provinciales, plafonné à une augmentation de seulement 2 % par année depuis 1996.
  • En 2017, un rapport de l’Université York a révélé que les élèves canadiens de race noire à Toronto étaient souvent détournés des programmes d’études avancées au secondaire plus fréquemment que les autres groupes racialisés.
  • L’Enquête canadienne sur l’invalidité de 2017 a révélé que 42 % des jeunes en situation d’invalidité ont été victimes d’intimidation à l’école — un chiffre qui grimpe à 62 % chez ceux qui présentent une invalidité plus grave.

Au Canada, la pleine réalisation du droit à l’éducation passe par la compréhension des obstacles auxquels se heurtent les différents groupes marginalisés pour accéder à une éducation de qualité. Cela implique de collaborer avec ces communautés afin de comprendre leurs expériences au sein des différents systèmes d’éducation à travers le pays et de trouver des moyens d’éliminer ces obstacles.

5. Comment Vision Mondiale protège-t-elle le droit à l’éducation?

L’éducation en situation d’urgence World Vision collabore avec des partenaires partout dans le monde pour appeler les gouvernements à une action mondiale visant à répondre aux besoins éducatifs de 222 millions d’enfants et de jeunes touchés par les conflits et les crises. Nous créons également des espaces adaptés aux enfants afin que ceux qui sont touchés par des catastrophes puissent gérer leurs émotions et bénéficier d’une éducation de base, même en période de crise.

Centres de développement de la petite enfance De 2020 à 2021, World Vision a mis sur pied et amélioré plus de 480 centres de développement de la petite enfance et a formé plus de 1 100 parents et aidants, ainsi que 220 éducateurs spécialisés dans le développement de la petite enfance, afin de mieux soutenir l’apprentissage et le développement des jeunes enfants.

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Cette famille, composée de quatre garçons et de leur mère, est constituée de réfugiés syriens vivant dans un camp de réfugiés à Mossoul, en Irak. Ne pouvant pas aller à l’école, Azzam (le deuxième à partir de la gauche) a été contraint de ramasser de la ferraille pour la vendre et aider à subvenir aux besoins de sa famille. Pho

Programmes d’alphabétisation et de leadership: Outre la formation complémentaire des enseignants et la fourniture de matériel scolaire à des établissements du monde entier, World Vision soutient également l’éducation en mettant sur pied des groupes de leadership par les pairs ainsi que des clubs et des activités d’alphabétisation après l’école. En 2021, environ 110 288 enfants ont participé à des activités d’alphabétisation en classe ou après l’école, et 60 978 jeunes ont pris part à des groupes de pairs et à des clubs pour acquérir de nouvelles compétences et développer des valeurs positives.

6. Comment puis-je contribuer à protéger le droit des enfants à l’éducation?

Il faut la mobilisation de tous pour que le droit à l’éducation des enfants soit pleinement respecté partout dans le monde. Voici quelques façons dont vous pouvez militer pour que tous les enfants puissent exercer leur droit à l’éducation.

Défense des droits La lutte pour offrir une éducation de qualité à tous les enfants est un effort mondial. Comme mentionné précédemment, le gouvernement canadien s’est engagé à l’échelle internationale à aider tous les enfants à bénéficier d’une éducation de qualité. Vous pouvez demander des comptes à notre gouvernement en signant cette pétition qui demande au Canada de continuer à investir dans l’éducation mondiale.

Raw Hope Notre programme Raw Hope soutient des solutions à long terme pour les familles qui se remettent des effets des conflits et des bouleversements. Cela consiste notamment à aider les enfants à se remettre d’une catastrophe grâce à des activités structurées et à des lieux sécuritaires offrant un enseignement de base et un soutien psychologique.

Parrainage d’enfants Lorsque vous parrainez un enfant, vous soutenez à la fois son parcours éducatif individuel et le développement de sa communauté. Cette initiative rassemble des fonds provenant de donateurs, de partenaires et du gouvernement du Canada afin d’assurer l’accès à des besoins essentiels tels que des aliments nutritifs, de l’eau potable, des soins de santé et l’éducation, entre autres.

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Après avoir abandonné ses études à l'adolescence en raison d'une grossesse, Christina a pris la décision audacieuse de reprendre ses études à l'âge de 26 ans, déterminée à offrir de meilleures perspectives d'avenir à ses enfants et à elle-même. Photo : Charles Kabena

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Bien que la plupart des salles de classe canadiennes soient bien approvisionnées en fournitures et en livres, certaines collectivités se heurtent encore à des obstacles qui les empêchent d’accéder à une éducation de qualité, comme la discrimination systémique et le manque de financement. Photo : Kenny Eliason

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Mhammad, âgé de cinq ans, fait partie des nombreux enfants du Liban qui attendent avec impatience leur première journée d’école, marquant ainsi le début d’un parcours d’apprentissage qui durera toute leur vie grâce aux programmes d’éducation de la petite enfance mis en œuvre par World Vision Liban. Photo : Maria Bou Chaaya