L’élan : 10 façons dont les situations d’urgence font bouger les gens
Aujourd’hui, de nombreux demandeurs d’asile ont été déplacés à plusieurs reprises. Il est impossible de s’établir quelque part lorsque le chaos, la violence et la misère poussent les gens à se déplacer sans cesse.
Écrit par Deborah Wolfe
le 9 juillet 2025
Les enfants les plus malchanceux de la planète
Enfant, j’ai déménagé deux fois d’un pays à l’autre, mon père suivant les occasions d’emploi qui l’ont mené de l’Afrique du Sud à l’Angleterre, puis au Canada. Malgré le confort dont j’ai bénéficié à chaque étape de ce parcours de trois ans, j’avais l’impression que c’était la fin du monde.
Avec le recul, j’étais l’un des enfants les plus chanceux de la planète. C’est nous qui avions choisi de déménager. À aucun moment nous n’avons dû fuir nos foyers simplement pour rester en vie.
Nous n’avons jamais été confrontés à la famine ni à la terreur d’une guerre civile. Nous n’avons jamais dû fuir le chaos qui suit un tremblement de terre, une inondation ou un tsunami. Mais aujourd’hui, des millions de personnes vivent exactement cette situation.
Ici, quelque 2 000 réfugiés soudanais cherchent de l'ombre sous un pont qui relie leur pays au Tchad. Ils attendent que leur dossier soit traité.
Ils ne voulaient pas partir
Chaque réfugié ou personne déplacée à l’intérieur de son propre pays a une histoire unique. Mais la grande majorité d’entre eux ont un point commun: ils ne voulaient pas partir. Du moins, pas comme ça. Pas à ce moment-là, pas de cette manière désespérée et terrifiante.
Abandonner leur foyer, leur communauté et leurs moyens de subsistance ne faisait pas partie de leurs projets de vie. Mais lorsque la catastrophe a frappé, ils n’ont guère eu le choix.
Après avoir fui le conflit armé au Soudan, puis vécu deux ans dans ce camp, Zahra s’inquiète du manque d’éducation dont souffrent les enfants qui grandissent ici.
En travaillant au sein de l’équipe d’intervention d’urgence de World Vision Canada, je constate à quel point les catastrophes naturelles et celles causées par l’homme ont le pouvoir de forcer des populations entières à se déplacer contre leur gré. Voici quelques exemples de la façon dont cela se produit:
10 façons dont les situations d’urgence forcent les gens à se déplacer:
- Un tremblement de terre de grande ampleur peut détruire des centaines de milliers de maisons, rendant ainsi d’immenses régions d’un pays inhabitables. Le tremblement de terre de 2023 en Syrie a forcé des dizaines de milliers de personnes à se déplacer, certaines même au-delà des frontières.
- La crise socio-économique et l’instabilité politique ont poussé près d’un Vénézuélien sur quatre à émigrer vers d’autres pays. La crise économique mondiale a perpétué des problèmes similaires partout dans le monde.
- Les persécutions, les conflits, la violence et les violations des droits de la personne avaient contraint 120 millions de personnes à fuir pour sauver leur vie en mai 2024. À la fin de cette année-là, quelque 49 millions de réfugiés étaient des enfants.
- Les changements climatiques provoquent des migrations de masse. Au cours de la décennie précédant 2024, les risques liés aux conditions météorologiques ont contraint quelque 213 millions de personnes à se déplacer à l’intérieur de leur propre pays. Des menaces telles que la sécheresse et les inondations peuvent détruire définitivement les moyens de subsistance.
- La violence des gangs a déplacé un nombre record de 1,3 million d’Haïtiens à l’intérieur de leur pays, a rapporté le Fonds monétaire international en juin 2025. Beaucoup ont été « forcés de fuir leur foyer à plusieurs reprises », a noté Amy Pope, directrice générale de l’organisation.
- Dans les pays amazoniens comme le Brésil, l’insuffisance des précipitations entraîne l’assèchement des rivières. Les cours d’eau dont dépendent les populations pour la pêche, l’approvisionnement en eau et le transport n’existent tout simplement plus. Les gens, y compris les groupes autochtones, sont souvent contraints de se déplacer.
- Les gens peuvent se voir ordonner de partir, comme ce fut le cas en 2025 lorsque le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, a illégalement ordonné à des dizaines de milliers de personnes qui s’étaient réfugiées dans la ville de Goma, en République démocratique du Congo, et dans ses environs, de quitter la région.
- Les crises sanitaires provoquent rarement des migrations transfrontalières — mais cela arrive. De 2008 à 2009, le Zimbabwe a été frappé par une épidémie généralisée de choléra, forçant près de 40 000 personnes à fuir vers l’Afrique du Sud voisine.
- Même au Canada, les inondations et les feux de forêt peuvent entraîner des évacuations déchirantes, alors que des milliers de personnes se précipitent pour quitter leurs foyers bien-aimés et leurs terres sacrées. On estime que les communautés autochtones représentent 42 % des évacuations liées aux feux de forêt au Canada.
- La croissance et la densité démographiques peuvent contribuer à l’émergence de nouvelles crises, en particulier dans les régions urbaines. À mesure que de plus en plus de gens se dirigent vers les villes pour y trouver des emplois et des services, les centres urbains surpeuplés deviennent plus vulnérables à des menaces telles que les épidémies et les feux de forêt.
Le père de Jhaverson, âgé de deux ans, l’emmène dans un refuge pour demandeurs d’asile en Colombie. La famille a fui le Venezuela, comme un citoyen sur quatre.
À l’occasion de la Journée mondiale de la population, célébrée chaque année le 11 juillet, pourriez-vous prier pour les 23 millions de personnes dans le monde qui ont été déplacées de force en raison de conflits armés, de la famine et de catastrophes naturelles, ainsi que de troubles économiques et politiques?
Si vous vous sentez appelé à venir en aide aux personnes qui fuient leur foyer aujourd’hui, veuillez faire un don à notre Fonds d’aide d’urgence. Vos dons permettront d’offrir une aide vitale, notamment de la nourriture, de l’eau, un abri, une protection et une éducation.
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