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Le pouvoir des jeunes de participer à la conception de l’éducation : un regain d’espoir à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation

Les adolescents et les jeunes réfugiés se heurtent à de nombreux obstacles en matière d’éducation et d’accès à un emploi décent. Des programmes comme « Youth Ready » élaborent des parcours éducatifs en collaboration avec les jeunes et leur permettent d’acquérir les compétences nécessaires pour reconstruire leur vie.

Écrit par Vongaishe Changamire

le 21 janvier 2026

Le 24 janvier marque la Journée internationale de l’éducation, une occasion mondiale de reconnaître l’éducation comme un droit fondamental de la personne et un puissant moteur de la paix, de la dignité et du développement durable.

Quelle meilleure façon de commencer l’année 2026 qu’en reconnaissant le pouvoir de transformation des jeunes?

Le thème de cette année, « Le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation », souligne que les jeunes ne sont pas seulement les bénéficiaires des systèmes d’éducation, mais aussi des leaders actifs qui façonnent l’apprentissage, les moyens de subsistance et l’avenir pour eux-mêmes et leurs communautés.

Co-créer l’éducation

Partout dans le monde, les jeunes démontrent que l’éducation va au-delà des salles de classe. Elle se retrouve dans la formation aux compétences de la vie quotidienne, l’entrepreneuriat, le mentorat et le développement du leadership, en particulier dans les contextes touchés par les conflits, les déplacements de population et la pauvreté.

Lorsque les jeunes ont la possibilité de co-créer une éducation qui répond à leurs réalités, l’impact est transformateur et durable.

Chantelle

Une employée de World Vision Rwanda écoute l'histoire de Chantelle. (Crédit photo : World Vision Rwanda)

Chantelle apprend à tracer son avenir

Chantelle (pseudonyme) est une réfugiée originaire de la République démocratique du Congo. Elle vient d’une famille de sept personnes vivant au camp de réfugiés de Mugombwa, au Rwanda.

Comme beaucoup de jeunes filles contraintes de fuir les conflits, Chantelle a vu son parcours scolaire interrompu. Bien qu’elle ait terminé ses études secondaires, elle n’a pas pu poursuivre une formation professionnelle ou des études universitaires en raison d’obstacles financiers et structurels. À l’adolescence, Chantelle est devenue mère, ce qui a alourdi ses responsabilités dans une réalité déjà difficile.

Son parcours a pris un nouveau tournant lorsqu’elle s’est jointe au programme « Youth Ready » de Vision Mondiale en août 2024. Au cours de cette formation de six mois, Chantelle a reçu un enseignement pratique, pertinent et valorisant. Elle a particulièrement apprécié les modules sur l’entrepreneuriat et le développement d’entreprise. Pour la première fois, elle ne se contentait pas d’apprendre, mais elle façonnait activement un avenir fondé sur l’autonomie.

La boutique de Chantelle

L'atelier de tressage et le salon de coiffure de Chantelle. (Crédit photo : World Vision Rwanda)

Cerner les lacunes du marché pour lancer son entreprise

Après avoir terminé la formation, Chantelle a observé attentivement son quartier. Elle a visité des centres d’affaires, étudié les besoins des clients et cerné les lacunes du marché, des compétences qu’elle avait acquises dans le cadre du programme. Forte d’une confiance retrouvée, Chantelle a loué un petit local et ouvert un salon de coiffure. Elle a commencé par offrir des services de coiffure de base, en mettant en pratique les compétences en littératie financière et en planification qu’elle avait acquises.

Grâce au capital de démarrage fourni par le projet, elle s’est ensuite diversifiée dans les services de paiement mobile pour répondre à la demande de la communauté. Chantelle s’est également jointe à un groupe d’épargne, une autre intervention clé du programme Youth Ready, ce qui a renforcé sa résilience financière et sa capacité de planification à long terme.

À mesure que son entreprise prenait de l’ampleur, Chantelle a remarqué que ses clientes devaient parcourir de longues distances pour acheter des extensions de cheveux et des tresses. Ayant identifié une lacune sur le marché local, elle a de nouveau élargi son activité pour vendre des produits de tressage sur place, ce qui a permis à ses clientes d’économiser du temps et de l’argent tout en augmentant ses revenus.

Aujourd’hui, les revenus de Chantelle lui permettent de subvenir aux besoins de sa fille et de prendre soin de ses frères et sœurs. Au-delà de la stabilité financière, elle a acquis des compétences en leadership, de la confiance en soi et une plus grande autonomie.

Éducation des réfugiés soudanais

En raison des récentes réductions de l'aide internationale, l'école secondaire du camp de réfugiés de Farchana a fermé ses portes, et le financement du programme d'éducation accélérée a également pris fin. Ce programme aidait les enfants plus âgés qui n'avaient pas pu fréquenter l'école à rattraper leur retard en couvrant

La réalité à laquelle sont confrontés les jeunes réfugiés

Bien que l’histoire de Chantelle soit porteuse d’espoir, elle s’inscrit dans le contexte d’une crise mondiale plus vaste.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, à la fin d’avril 2025, plus de 122 millions de personnes dans le monde avaient été déplacées de force en raison de persécutions, de conflits, de violences et de violations des droits de la personne.

Le nombre de personnes déplacées de force a presque doublé au cours de la dernière décennie, tandis que les ressources humanitaires sont restées largement limitées. Les jeunes représentent une part importante de cette population, les deux tiers des réfugiés vivant dans la pauvreté.

Les jeunes réfugiés sont confrontés à des défis qui se chevauchent, notamment un accès limité à l’éducation, des possibilités d’emploi restreintes et une dépendance prolongée.

Jeunes réfugiés

Des enfants soudanais non accompagnés au camp de réfugiés d’Aweil, au Soudan du Sud, en quête de sécurité et d’aide après avoir fui le conflit. (Crédit photo : Grace Mavhezha / World Vision)

L’accès à un emploi décent aide les réfugiés à reconstruire leur vie

Partout en Afrique, le sous-emploi touche plus de la moitié des jeunes de la population active. Après avoir fui la guerre ou la persécution, l’accès à l’emploi est l’un des moyens les plus efficaces pour les réfugiés de se reconstruire une vie dans la dignité et la stabilité.

Selon le HCR, bien que 75 % des réfugiés aient légalement accès à un emploi à temps plein ou à temps partiel, dans la pratique, 62 % d’entre eux vivent dans des pays où l’accès à l’emploi officiel est restreint. Ces obstacles systémiques contribuent à la pauvreté, aux inégalités, à l’insécurité et à la poursuite de la migration.

Les femmes et les filles sont exposées à des risques accrus. Des normes de genre et des préjugés sociaux profondément enracinés restreignent considérablement leur accès à la formation professionnelle, à l’emploi rémunéré et à l’entrepreneuriat. Ces obstacles les contraignent souvent à occuper des emplois mal rémunérés ou non rémunérés, ce qui accroît leur vulnérabilité à l’exploitation et limite leurs possibilités d’accéder à des postes de direction.

Youth Ready et BLOOM Africa: repenser l’éducation et les possibilités

Malgré ces défis, un nouvel espoir se profile.

Vision Mondiale Canada s’engage à renforcer l’autonomie des jeunes, ainsi que leur accès à l’éducation, à l’entrepreneuriat et à l’emploi grâce à des programmes de développement de la main-d’œuvre chez les jeunes. Ces initiatives reconnaissent que, pour être efficace, l’éducation doit être pertinente, pratique et élaborée conjointement avec les jeunes.

Deux programmes phares incarnent cet engagement: l’initiative « Vision for Vulnerable Youth », également connue sous le nom de « Youth Ready », et le projet « Building Leadership Opportunities for Marginalized Women and Girls in East Africa », connu sous le nom de « BLOOM Africa ». BLOOM est financé par Affaires mondiales Canada. Ensemble, ces programmes viennent en aide à des milliers de jeunes dans douze pays d’Amérique latine et d’Afrique de l’Est.

« Youth Ready » et « BLOOM Africa » incarnent le thème de la Journée internationale de l’éducation: « Le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation ». Ces deux initiatives placent les jeunes au cœur de l’apprentissage, non seulement en tant que participants, mais aussi en tant que leaders, animateurs et innovateurs. En reconnaissant les jeunes comme des partenaires dans l’élaboration des systèmes d’éducation, ces projets démontrent comment une éducation inclusive et axée sur les jeunes peut ouvrir des perspectives économiques, renforcer la résilience et tracer la voie vers la dignité et un changement à long terme.

Le programme Youth Ready de Vision mondiale Canada, qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Vision pour les jeunes vulnérables » (VVYI), bénéficie du soutien de la Fondation de la famille Barrett et de donateurs canadiens individuels. Présent dans dix pays d’Amérique latine et d’Afrique, Youth Ready donne aux jeunes les outils nécessaires pour poursuivre leurs études, trouver un emploi ou se lancer en entrepreneuriat.

BLOOM Africa est un projet quinquennal financé par Affaires mondiales Canada qui vient en aide aux adolescentes et aux jeunes femmes marginalisées (âgées de 15 à 24 ans) au Rwanda, en Somalie et en Tanzanie. Il utilise une approche multidimensionnelle et axée sur la transformation des relations entre les sexes pour s’attaquer aux obstacles individuels, communautaires et systémiques, tout en préparant les jeunes à un travail digne dans les économies vertes et numériques émergentes.

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