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Les répercussions du mariage des enfants, des mutilations génitales féminines et de la fistule obstétricale sur les femmes et les filles

Découvrez comment le mariage d'enfants, les mutilations génitales féminines et la fistule obstétricale ont des répercussions négatives sur des millions de femmes et de filles partout dans le monde.

Écrit par World Vision Canada

le 21 juin 2021

Les jours où les médias ne font pas état d’histoires d’oppression ou d’exploitation d’une femme quelque part dans le monde semblent rares. Le mariage d’enfants, les mutilations génitales féminines (MGF) et la fistule obstétricale comptent toujours parmi les problèmes auxquels les femmes et les filles des pays en développement sont régulièrement confrontées.

Dans cet article, nous répondons aux questions fréquemment posées et présentons des faits clés pour vous aider à mieux comprendre comment le mariage d’enfants, les MGF et la fistule obstétricale ont des répercussions négatives sur la vie des femmes et des filles. Vous découvrirez également les témoignages de femmes et de filles qui ont surmonté l’adversité et en sont sorties transformées et encore plus fortes.

Le mariage d’enfants

Le mariage d’enfants est défini comme un mariage légal ou une union informelle dans laquelle l’une des parties, voire les deux, sont des enfants de moins de 18 ans. Le mariage précoce touche généralement les filles, mais il n’est pas rare, dans certains pays, que des garçons se marient avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans.

Les chiffres les plus récents indiquent qu’environ 12 millions de filles dans le monde se marient avant l’âge de 18 ans. Cela représente 33 000 filles qui se marient chaque jour.

Les raisons qui sous-tendent le mariage d’enfants sont complexes et variées. La pauvreté, la tradition et même la survie comptent parmi les principaux facteurs. Bien que le mariage d’enfants se produise partout dans le monde, cette pratique est étroitement liée à de faibles niveaux de développement économique.

Une jeune femme regarde au loin, l'air sérieux.

Reshma a été mariée à l’âge de 15 ans et a dû abandonner ses études. Photo : Annila Harris

L’histoire de Reshma: mariée à 15 ans

Reshma, originaire de l’Inde, s’est mariée à l’âge de 15 ans. Elle avait posé une condition à son mari avant de l’épouser: pouvoir terminer ses études. Mais une fois sous le toit de sa belle-famille, ses principales tâches consistaient à cuisiner et à faire le ménage. « Les études ne t’aideront pas à faire le ménage », lui disait sa belle-mère. Elle a donc abandonné ses études.

La mère de Reshma, Kumari, raconte leur première conversation après le mariage: « Ma fille pleurait et je lui ai dit que j’avais commis une énorme erreur en la mariant si jeune. J’avais gâché sa vie », confie Kumari.

Le mariage précoce met fin aux rêves de millions de filles.

Kumari a constaté le mal que le mariage précoce avait causé à sa fille et l’a ramenée à la maison, afin qu’elle puisse retrouver son enfance et reprendre ses études. Aujourd’hui, grâce à l’aide de Vision Mondiale et d’un groupe communautaire local, elle est en voie de terminer ses études et son avenir s’annonce plus radieux. Parrainer une jeune fille contribue à la protéger contre des dangers tels que le mariage précoce et lui permet de rester à l’école.

Le parrainage d’une fille contribue à la protéger contre des dangers comme le mariage précoce et à lui permettre de rester à l’école.

Une femme est agenouillée dans la terre devant un édifice en brique, une croix entre les mains.

Jennifer est assise devant son église en Ouganda et prie pour guérir de sa fistule. Photo : Jon Warren.

Mutilations génitales féminines (MGF)

Selon l’ Organisation mondiale de la santé, les mutilations génitales féminines (MGF) désignent l’ablation partielle ou totale ou la lésion des organes génitaux externes féminins pour des raisons non médicales. Bien que cette pratique ne présente aucun avantage pour la santé des filles et des femmes, elle reste largement répandue. On estime que 200 millions de filles et de femmes vivant aujourd’hui ont subi une MGF, et que 3 millions de filles risquent d’y être soumises chaque année. La plupart des filles sont excisées avant l’âge de 15 ans.

Où les MGF sont-elles pratiquées?

Des cas de MGF ont été signalés dans 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie. D’autres formes de MGF ont également été documentées au sein de certains groupes ethniques en Amérique du Sud. Il est également important de noter qu’en raison des mouvements migratoires, le nombre de filles et de femmes ayant subi des MGF ou risquant d’y être soumises en Europe, en Amérique du Nord et en Australie a augmenté.

Pourquoi les MGF sont-elles pratiquées?

Plusieurs facteurs culturels et sociaux expliquent pourquoi les MGF sont pratiquées. Ces facteurs varient selon les régions, les groupes ethniques, les familles et les communautés. Parmi les pratiques les plus courantes, on trouve:

  • Les MGF sont souvent motivées par la volonté de contrôler la sexualité des femmes en favorisant ce qui est considéré comme un comportement sexuel acceptable. On croit que l’ablation partielle ou complète des organes sexuels féminins est un moyen de décourager les relations sexuelles extraconjugales et l’infidélité.
  • La pression de se conformer aux normes sociales. Dans les communautés où les MGF sont une tradition, la crainte d’être rejetée et exclue alimente cette pratique.
  • Les MGF sont souvent considérées comme un moyen de préparer les filles à l’âge adulte et au mariage, en protégeant leur pureté.

Quels sont les risques que présente la MGF pour les filles et les femmes?

Les mutilations génitales féminines ne présentent aucun avantage pour la santé des filles et des femmes. En fait, elles entraînent de multiples complications immédiates, notamment:

  • des infections,
  • des hémorragies mortelles,
  • des infections urinaires,
  • l’hépatite,
  • le VIH,
  • l’incontinence,
  • infertilité,
  • accouchement difficile,
  • fistule,
  • mortalité néonatale,
  • l’anxiété,
  • dépression et
  • trouble de stress post-traumatique.

L’histoire de Fatiah: pas de MGF pour mes filles

Fatiah, âgée de 38 ans et résidant en Somalie, a subi une MGF alors qu’elle n’avait que huit ans. Elle a souffert de problèmes de santé liés à cette pratique pendant des années par la suite. Elle a donné naissance à 10 enfants, dont six ont survécu.

Après avoir développé une fistule à la suite de la naissance de son dixième enfant, Fatiah a été isolée de sa famille et de sa communauté. Lorsqu’elle a appris que World Vision venait en aide aux femmes atteintes de fistule, elle a demandé de l’aide et, après une chirurgie réussie, elle est devenue une ardente militante contre les MGF.

« Mes filles n’ont pas subi de MGF et n’en subiront pas. J’en suis déterminée. Lorsque nous mettrons ce problème en lumière, les mentalités changeront », a déclaré Fatiah.

Fistule obstétricale

La fistule obstétricale survient généralement lorsqu’un accouchement prolongé et difficile crée une brèche entre les voies urinaires et rectales d’une femme, provoquant des fuites constantes d’urine et de matières fécales. Cette affection a été pratiquement éradiquée dans les pays développés, où les femmes confrontées à des difficultés lors de l’accouchement bénéficient de césariennes et d’autres soins de santé appropriés.

En raison du manque de ressources, de nombreuses femmes et filles des pays en développement doivent composer avec les conséquences dévastatrices de la fistule obstétricale. Elles perdent souvent leur bébé à la naissance et vivent isolées et honteuses, rejetées par leur mari, leur famille et leur communauté.

Combien de femmes vivent avec une fistule obstétricale?

Qualifiée de « maladie de la pauvreté », la fistule obstétricale touche environ deux millions de femmes en Afrique subsaharienne, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine et dans les Caraïbes, qui n’ont pas accès à des soins de santé adéquats pendant l’accouchement. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’entre 50 000 et 100 000 femmes dans le monde sont touchées par la fistule obstétricale chaque année.

Comment prévenir la fistule obstétricale?

La fistule obstétricale est une affection évitable. Selon les Nations Unies, retarder l’âge de la première grossesse et garantir l’accès aux soins obstétricaux sont des moyens de prévenir la fistule obstétricale.

L’histoire de Jennifer: une dignité retrouvée

Jennifer, âgée de 22 ans, n’est pas autorisée à entrer dans l’église de sa communauté ougandaise; elle s’assoit donc sur la terre à l’extérieur pour prier.

En août 2015, Jennifer a accouché, mais son bébé n’a pas survécu. Comme si la perte de son enfant n’était pas déjà assez terrible, un accouchement long et difficile a laissé Jennifer avec une fistule obstétricale.

La famille de Jennifer l’a rejetée; elle est donc allée vivre chez son père. Elle ne sortait pratiquement jamais de la maison, sauf le dimanche, lorsqu’elle se rendait à l’église pour prier afin d’être guérie.

En octobre 2016, Jennifer a vu ses prières exaucées lorsqu’elle a subi avec succès une chirurgie dans une clinique de santé de World Vision pour réparer sa fistule.

Des soins de santé adéquats pendant le travail et l’accouchement peuvent faire la différence entre la vie et la mort pour les mères et les bébés. Offrez des soins aux mères et aux bébés, dès aujourd’hui.