Redonner espoir dans la province de Ghor : favoriser le bien-être des enfants grâce à une approche intégrée de la protection

Après avoir perdu son père, Munir a abandonné ses études. Découvrez comment la protection de l’enfance, le soutien aux aidants et des milieux d’apprentissage sécuritaires l’ont aidé à retrouver l’espoir.

Écrit par Sophia Papastravou

le 16 juillet 2026

Dans la province montagneuse et isolée de Ghor, en Afghanistan, la vie quotidienne est marquée par la résilience, l’incertitude et la détermination des familles à aller de l’avant malgré des difficultés considérables.

Les collectivités de Ghor sont confrontées à un accès limité aux services essentiels, à de longues distances à parcourir pour accéder aux soins de santé et à l’aide à la protection, à des possibilités de subsistance restreintes, ainsi qu’aux effets cumulés de la pauvreté et de la crise.

Pour les enfants, ces conditions peuvent accroître le risque d’être laissés pour compte, particulièrement lorsque les familles sont confrontées à des pertes, à des difficultés économiques ou à l’isolement social.

Dans de tels contextes, le bien-être des enfants ne peut être assuré par un seul service ou une intervention ponctuelle. Les besoins des enfants sont interdépendants:

  • Un enfant qui abandonne l’école peut également souffrir de détresse émotionnelle.
  • Un aidant qui peine à subvenir aux besoins du ménage peut également avoir besoin de conseils pratiques, d’un soutien psychosocial et d’un accès à des services communautaires.
  • Une famille en situation de pauvreté peut avoir besoin non seulement d’une aide immédiate, mais aussi d’un plan de protection qui renforce la sécurité, la prise en charge et la continuité.

Les interventions de protection sont essentielles pour garantir que le bien-être des enfants soit façonné par leur milieu familial, leur accès à l’éducation, leur santé émotionnelle et la sécurité de la communauté qui les entoure.

Lorsque la protection, le soutien psychosocial, la gestion de cas, l’engagement des aidants et l’accès à des espaces d’apprentissage adaptés aux enfants se combinent, les enfants bénéficient d’un meilleur soutien pour se rétablir, apprendre et retrouver l’espoir.

L’histoire de Munir illustre bien ce à quoi cela peut ressembler dans la pratique

Munir est un garçon de 15 ans originaire de Ghor qui a connu de grandes difficultés à la suite du décès de son père.

Avec le départ de son père, la situation économique de la famille est devenue de plus en plus difficile. Sa mère avait du mal à subvenir aux besoins du ménage, et la pression de la pauvreté a commencé à dicter les choix qui s’offraient à eux.

Comme beaucoup d’enfants vivant dans des contextes fragiles et défavorisés, Munir a été contraint d’abandonner l’école.

Pour Munir, quitter l’école n’a pas simplement signifié une interruption de sa scolarité. Cela a eu des répercussions sur son sens des responsabilités, sa confiance en soi et son bien-être émotionnel. Le fardeau de la vie quotidienne, combiné au deuil et au stress psychosocial, l’a exposé à un risque d’isolement accru.

Pourtant, même face à ces défis, Munir a continué à participer aux tâches du ménage et a gardé l’espoir secret de pouvoir un jour reprendre ses études.

Grâce à une évaluation de la vulnérabilité menée par World Vision Afghanistan, Munir a été identifié comme un enfant à risque. Cette évaluation a constitué une première étape essentielle. Elle a permis à l’équipe du projet de comprendre non seulement que Munir avait abandonné l’école, mais aussi les facteurs plus larges qui affectaient son bien-être:

  • Difficultés familiales
  • Détresse émotionnelle
  • Manque de matériel scolaire
  • Le besoin d’un soutien structuré.

Munir a ensuite été inscrit au programme de protection de l’enfance et orienté vers un espace adapté aux enfants.

Cet environnement sécuritaire et bienveillant lui a permis d’avoir accès à du matériel éducatif, à un soutien psychosocial et à des occasions de renouer avec l’apprentissage. Pour des enfants comme Munir, un « espace adapté aux enfants » peut représenter bien plus qu’un simple lieu physique.

Il peut devenir un lieu où ils se sentent pris en compte, soutenus et encouragés. Il leur offre une routine, des interactions positives, la présence d’adultes bienveillants et une voie de retour vers l’apprentissage et les liens sociaux.

En plus de ce soutien, Munir a bénéficié d’un suivi structuré grâce à des services de gestion de cas. La gestion de cas a permis de s’assurer que ses besoins étaient évalués, surveillés et pris en charge de manière coordonnée.

Plutôt que de traiter son abandon scolaire comme un problème isolé, l’intervention a pris en compte l’ensemble des risques et des facteurs de stress affectant sa vie. Cela comprenait son bien-être émotionnel, sa situation familiale et le soutien pratique nécessaire pour l’aider à se réengager dans ses études.

L’un des principaux atouts de l’intervention a été la participation active de la mère de Munir tout au long du processus.

Pour venir en aide à un enfant, il faut également soutenir la personne qui s’en occupe

La mère de Munir a participé à des séances de sensibilisation, à des activités de soutien parental et à l’élaboration d’un plan de protection familiale.

Ces activités ont renforcé sa capacité à soutenir Munir à la maison, tout en veillant à ce que la famille dispose d’un plan plus clair pour assurer sa sécurité, ses soins et la poursuite de son apprentissage.

Cette approche centrée sur la famille est essentielle dans les programmes de protection de l’enfance. Les personnes qui s’occupent des enfants font souvent de leur mieux dans des circonstances extrêmement difficiles. Lorsqu’elles sont impliquées avec dignité et respect, elles peuvent devenir des partenaires clés dans le rétablissement et le développement de l’enfant.

La mère de Munir n’a pas été traitée comme une bénéficiaire passive d’un soutien, mais comme une participante active au rétablissement de la stabilité pour son fils.

En l’espace de quelques semaines, les effets de l’intervention ont commencé à se faire sentir

Munir s’est remis à l’école et a commencé à faire ses devoirs avec enthousiasme. Son attitude est devenue plus positive, et il a commencé à participer activement aux activités de l’espace adapté aux enfants.

Son bien-être émotionnel s’est nettement amélioré. Il a retrouvé confiance en lui et espoir en son avenir. Ces changements peuvent sembler simples, mais pour un enfant qui avait été contraint de quitter l’école en raison de difficultés et de détresse, ils revêtaient une importance considérable.

Sa mère a décrit ce changement avec gratitude:

« Votre soutien a aidé mon fils à retrouver le droit chemin. Sans cette aide, il ne serait peut-être jamais retourné à l’école ni n’aurait retrouvé sa confiance. »

Ses paroles vont au cœur même du travail intégré de protection de l’enfance. L’objectif n’est pas seulement de répondre aux risques immédiats, mais d’aider à redonner des perspectives d’avenir.

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Munir peut désormais jouer, se sentir en sécurité et profiter de l’enfance dont il a été privé.

Pour Munir, cette aide est arrivée à un moment crucial

Cela l’a aidé à:

  • de renouer avec les études
  • de retrouver confiance en lui
  • d’envisager un avenir différent pour lui-même.

Aujourd’hui, Munir est de retour à l’école, il participe activement aux activités et gagne en confiance; il est devenu un exemple positif parmi ses pairs. Son histoire montre comment des approches intégrées, par le biais d’espaces adaptés aux enfants, de la gestion de cas et du soutien aux aidants, peuvent renforcer les familles et remettre un enfant sur la bonne voie.

Dans les contextes fragiles, les besoins des enfants sont étroitement liés. La santé, l’éducation, la protection et le bien-être émotionnel ne peuvent être abordés isolément. Un soutien intégré permet de s’assurer que les enfants et les familles reçoivent des soins qui tiennent compte des réalités auxquelles ils sont confrontés.

Cela est particulièrement crucial dans des régions éloignées comme celle de Ghor, où la distance et la pauvreté limitent l’accès aux services. En rapprochant l’aide des communautés, World Vision Afghanistan contribue à repérer plus tôt les enfants vulnérables et à intervenir avant que les risques ne s’aggravent.

Grâce à ce travail, plus de 50 000 personnes ont accès à des services essentiels de santé et de protection dans les centres de santé de base des districts de Firozkoh et de Tulak, ce qui permet de s’assurer que les enfants et les familles ne sont pas laissés pour compte.*

L’histoire de Munir nous rappelle que l’espoir peut renaître lorsque le soutien est opportun, empreint de compassion et intégré. Elle nous rappelle que la protection de l’enfance ne consiste pas seulement à prévenir les préjudices, mais aussi à créer les conditions permettant aux enfants d’apprendre, de guérir, de participer et de s’épanouir.

Et elle nous rappelle que derrière chaque statistique de programme se cache un enfant qui a des rêves, un aidant qui fait de son mieux et un avenir qui peut encore être transformé.

Dans la province de Ghor, un garçon a repris ses études. Une famille a retrouvé l’espoir. Et une histoire illustre le pouvoir des interventions de protection intégrées pour transformer le bien-être des enfants, un enfant à la fois.

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*Ce travail a été rendu possible grâce au généreux soutien financier d’ Affaires mondiales Canada. Vision Mondiale Afghanistan remercie sincèrement Affaires mondiales Canada d’avoir permis la prestation de services essentiels en matière de santé, de nutrition et de protection dans la province de Ghor. Ce partenariat contribue à faire en sorte que des enfants comme Munir ne soient pas oubliés, et que les familles en difficulté puissent avoir accès au soutien dont elles ont besoin pour se remettre sur pied, se reconstruire et aller de l’avant.