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Deux ans après : retour sur la crise au Soudan

« Le monde ne doit pas oublier le Soudan », déclare le responsable des programmes dans les zones fragiles chez World Vision Canada. « Nous devons faire entendre notre voix, continuer à prier et soutenir les efforts humanitaires. »

Écrit par World Vision Editorial

le 17 avril 2025

Le mois d’avril 2025 marquera le deuxième anniversaire du début du conflit au Soudan, mais le terme « anniversaire » semble inapproprié. Un anniversaire évoque la célébration, alors qu’aujourd’hui, c’est le moment d’une réflexion solennelle.

En avril 2023, des familles ont fui vers les pays voisins – le Tchad, l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan du Sud –, épuisant toutes leurs ressources pour échapper à la violence.

Je me trouvais à Juba, au Soudan du Sud, lorsque les violences ont éclaté

Je croyais que le Soudan était plus stable que son voisin du Sud. J’avais tort. Comme beaucoup d’acteurs du secteur humanitaire, je n’étais pas préparé à l’ampleur de la crise qui allait se dérouler.

Je me suis rendu dans un centre de transit de fortune à la frontière du Soudan un mois après le début des violences, en mai 2023. Les gens s’étaient rassemblés sur un campus universitaire qui avait été abandonné lors de la guerre au Soudan du Sud une décennie plus tôt. Les conditions étaient désastreuses. L’endroit était bruyant et nauséabond, sans installations en état de marche, sans toilettes, sans eau potable, sous un soleil de plomb. Les organismes humanitaires fournissaient des repas chauds, acheminaient de l’eau par camion et offraient des soins de santé sur place.

En juin 2023, la situation s’était à la fois améliorée et aggravée. Davantage d’organismes étaient présents et les services s’étaient développés, mais le camp grandissait de façon exponentielle chaque jour. De nombreux réfugiés avaient dépensé leurs dernières économies pour atteindre la frontière, et le conflit ne montrait aucun signe d’apaisement.

Deux ans plus tard, la crise persiste

La situation humanitaire au Soudan reste désastreuse. Plus de 30 millions de personnes, dont 16 millions d’enfants, ont un besoin urgent d’aide. La faim a atteint des niveaux sans précédent: 8,5 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire d’urgence et 755 000 sont au bord de la famine.

Le système de santé du pays est en ruines. Plus de 70 % des établissements de santé ont cessé de fonctionner dans les six mois qui ont suivi le début du conflit. Les problèmes de santé mentale sont légion et touchent environ 15,7 millions d’enfants et d’adultes. Les femmes et les filles sont confrontées à une violence sexuelle endémique, et les survivantes sont souvent stigmatisées et ostracisées. L’éducation reste perturbée: 90 % des écoles sont fermées depuis deux ans, ce qui touche plus de 17 millions d’enfants.

Le conflit entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), une milice paramilitaire, a provoqué le déplacement de plus de 400 000 personnes rien que du camp de Zamzam , dans le Darfour-Nord. Le camp, qui abritait autrefois environ un demi-million de personnes, a été pris d’assaut par les RSF au terme d’une offensive de quatre jours, qui a fait plus de 300 morts parmi les civils, dont 10 travailleurs humanitaires.

Malgré ces défis, les efforts humanitaires se poursuivent. World Vision fournit de l’aide alimentaire, de l’eau potable, des soins de santé et des services de protection au Soudan, en Éthiopie, au Tchad et au Soudan du Sud. Cependant, l’accès reste un obstacle majeur, les travailleurs humanitaires faisant face à des retards dans l’obtention de visas et de permis.

Les compressions budgétaires dans l’aide humanitaire coûteront la vie à davantage d’enfants

Seulement 6,3 % des 4,2 milliards de dollars américains initialement requis pour venir en aide aux personnes dans le besoin cette année ont été versés. À moins d’être annulées, ces compressions coûteront la vie à des enfants. Des millions de personnes se retrouveront privées de nourriture et de services essentiels, et seront confrontées à la misère et à la mort.

Le monde ne doit pas oublier le Soudan. Nous devons faire entendre notre voix, continuer à prier et soutenir les efforts humanitaires. La population soudanaise, tant ceux qui sont restés que ceux qui ont fui, mérite notre attention et notre aide. Le coût de l’inaction est bien plus élevé que celui de l’intervention. Une génération entière d’enfants risque d’être privée de son avenir. ​

Alors que nous faisons le bilan de ces deux dernières années, renouvelons notre engagement envers la population soudanaise. Sa souffrance n’est pas terminée, et notre soutien ne doit pas l’être non plus.

Rédigé par Alana, responsable des programmes dans les pays fragiles chez World Vision Canada

« La population soudanaise, tant ceux qui sont restés que ceux qui ont fui, mérite notre attention et notre aide. Le coût de l’inaction est bien plus élevé que celui de l’intervention. »