Promouvoir le droit à l’éducation de Glory : mettre fin à la stigmatisation liée aux règles menstruelles
Des filles comme Glory manquent jusqu’à 20 % de leurs cours simplement parce qu’elles ont leurs règles. Sans serviettes hygiéniques ni toilettes privées, elles sont confrontées à la honte, à la peur et doivent même faire face à des choix dangereux simplement pour gérer un aspect élémentaire de leur vie. Les parrains et marraines contribuent à transformer l’école et la communauté de Glory à Endabash, en Tanzanie, en redonnant leur dignité aux filles.
Écrit par Amy Legault
le 14 mai 2026
Pendant la majeure partie de sa scolarité, Glory, âgée de 13 ans, a dû composer, tout comme ses camarades, avec des salles de classe surpeuplées, des toits qui fuyaient et des manuels scolaires abîmés. Si ces conditions rendaient l’apprentissage difficile, un défi encore plus grand se présentait à Glory et à ses camarades de classe: les menstruations et la stigmatisation qui y est associée.
Qu’est-ce que la stigmatisation liée aux règles?
Il s’agit de la honte et du silence culturels entourant les menstruations. Avoir ses règles est perçu comme sale, gênant ou anormal, alors que cela devrait être considéré comme un phénomène biologique humain fondamental.
La stigmatisation des menstruations peut mener à une discrimination injuste envers les femmes et propage la désinformation. Elle crée des obstacles à l’école, au travail et dans l’accès aux soins de santé pour les femmes et les filles qui ont leurs règles. Beaucoup estiment qu’elles doivent cacher leurs règles plutôt que de les gérer ouvertement.
De ce fait, les filles s’absentent de l’école et les femmes évitent de consulter. Les gens peuvent également se sentir mal à l’aise à l’idée de réclamer des produits d’hygiène menstruelle, surtout si cela représente un fardeau financier pour leur famille (phénomène également appelé « pauvreté menstruelle »). La stigmatisation des menstruations porte atteinte à la dignité et au bien-être des femmes.
Pour Glory, la stigmatisation liée aux règles constituait un obstacle à l’éducation
Dans la communauté rurale d’Endabash, en Tanzanie, où vit Glory, les menstruations sont entourées de silence et de stigmatisation. Les discussions sur la santé reproductive sont rares et les connaissances sont limitées, même chez les adultes. Cela signifie que de nombreuses filles ne sont pas préparées lorsqu’elles ont leurs premières règles. Elles n’en parlent pas à leurs parents et se rabattent sur des morceaux de tissu pour gérer les saignements. Même si elles voulaient des serviettes hygiéniques, la plupart des familles n’auraient pas les moyens de les acheter.
Les toilettes de l’école n’apportent pas non plus de soulagement. Ce sont des cabines étroites en béton sans porte, à peine assez larges pour s’y tenir debout. Il n’y a qu’un trou dans le plancher — pas d’eau, pas de papier hygiénique et aucun endroit où jeter les serviettes hygiéniques ou les chiffons. L’intimité est inexistante, ce qui rend presque impossible pour les filles de gérer leurs règles.
« Je me demande si les gens savent comment les filles de mon âge qui fréquentent des écoles rurales s’en sortent pendant leurs règles sans avoir accès à des toilettes adaptées aux filles », s’interroge Glory.
Les règles étaient une source de honte et de désespoir
Dans de nombreux pays à faible revenu, comme la communauté d’Endabash où vit Glory, les filles lavent leurs linges en secret et les cachent sous leurs matelas. Ces pratiques peu hygiéniques entraînent souvent des infections cutanées et vésicales.
Les serviettes en tissu elles-mêmes ne sont pas fiables, ce qui expose les filles à l’humiliation et aux moqueries lorsque des taches apparaissent sur leurs jupes. « Les règles peuvent être une source de stress », confie Glory, « car on ne sait pas si on a taché sa jupe, et cela est aggravé par la crainte que les garçons se moquent de nous. » Le secrétariat de l’école garde des chandails de rechange que les filles peuvent nouer autour de leur taille, mais ce petit geste ne suffit guère à atténuer la gêne.
Neema Mbwambo, responsable du projet d’autonomisation des filles chez World Vision, explique: « Certaines filles sont tellement désespérées d’éviter cette honte qu’elles proposent des relations sexuelles avec des hommes plus âgés en échange de serviettes hygiéniques. »
Aucune jeune fille ne devrait avoir à faire ce choix. Chaque jeune fille a le droit d’avoir accès à des produits d’hygiène menstruelle pour gérer ses règles.
Manquer l’école à cause de la stigmatisation liée aux règles
Confrontées à ces défis, de nombreuses filles des communautés rurales choisissent de rester à la maison pendant leurs règles. Manquer plusieurs jours chaque mois s’accumule rapidement pour représenter des semaines d’apprentissage perdues. Glory explique qu’il est courant que des filles qui excellaient autrefois en classe voient leurs notes baisser après la puberté.
Les conséquences sont graves. Certaines filles accumulent du retard et échouent à leurs examens finaux, ce qui limite leurs chances d’obtenir un bon emploi. D’autres abandonnent complètement leurs études, renonçant à leurs rêves d’ éducation et se tournant vers d’autres moyens de survie.
Comment le parrainage d’enfants a permis de réduire la stigmatisation liée aux règles chez Glory et ses camarades
Lorsque World Vision s’est implantée à Endabash en 2021, Glory a commencé à constater une différence. Pour Glory et ses camarades, il est devenu plus facile de gérer leurs règles dans la dignité — tout en continuant à fréquenter l’école. Elle explique: « Depuis que les parrains ont construit des toilettes pour nous, le rendement scolaire des filles s’est beaucoup amélioré. Il y a maintenant des serviettes hygiéniques à la disposition des filles pendant leurs règles lorsqu’elles sont à l’école. »
Les installations scolaires ont été modernisées — notamment grâce à des toilettes réservées aux filles
Huit nouvelles salles de classe ont été construites et trois autres rénovées; elles sont équipées de pupitres, d’une cuisine scolaire, d’un bureau administratif et d’une bibliothèque.
Deux nouveaux blocs de toilettes garantissent désormais intimité et dignité, avec des portes à chaque cabine et des lavabos. Les toilettes des filles comprennent une cabine spéciale dotée d’un incinérateur pour les serviettes hygiéniques usagées, un lavabo avec eau courante et une armoire remplie de serviettes réutilisables d’urgence.
« World Vision a construit de belles latrines et des installations pour se laver les mains — maintenant, notre école ressemble à une vraie école, comme celles que je ne voyais qu’en photo auparavant. Je vais à l’école tous les jours », déclare Glory avec assurance.
Les filles et les garçons reçoivent une éducation en matière de santé reproductive
Grâce à des programmes de parrainage, les élèves — filles et garçons — apprennent à connaître leur corps, la puberté et la santé reproductive. Les menstruations sont présentées comme un aspect normal et sain de la vie.
Les élèves s’autonomisent au sein de leur communauté
Les clubs d’autonomisation des filles enseignent aux enfants comment fabriquer des serviettes hygiéniques réutilisables, dont ils produisent des dizaines chaque mois. Ces clubs sont populaires tant auprès des garçons que des filles, car les serviettes réutilisables contribuent à réduire la précarité menstruelle et le fardeau qu’elle fait peser sur les familles.
Les familles acquièrent des compétences utiles pour toute la vie
Le parrainage soutient également des clubs de jeunes qui enseignent des compétences génératrices de revenus, comme la couture et l’initiation à l’informatique. Les salles d’apprentissage équipées du bureau régional d’Endabash mettent à disposition des machines à coudre et des ordinateurs, offrant ainsi aux jeunes des outils pratiques pour l’avenir.