Ma grossesse m’a fait réaliser à quel point j’étais heureuse d’être Canadienne
C'était quatre jours après mon 30e anniversaire. En regardant les deux lignes qui apparaissaient sur ce petit bâtonnet, j'ai su que ma vie avait déjà commencé à changer à bien des égards.
Écrit par Alicia Dubay
le 24 mars 2017
Ce que je n’aurais jamais pu prévoir, ce sont toutes les difficultés auxquelles j’allais être confrontée pendant ma grossesse. Vers la 30e semaine, j’ai appris que j’avais un diabète gestationnel, une maladie qui touche de 2 à 4 % de toutes les grossesses au Canada.
Même si le diabète gestationnel est assez courant, j’étais anéantie.
Le médecin m’a expliqué que, tant que je contrôlais ma glycémie, il y aurait peu de risques pour la santé de mon bébé à naître. Mais j’avais l’impression que ma grossesse, qui était si heureuse, s’était transformée en corvée. Fini de céder à mes envies de poutine et de mangues, ou d’envoyer mon mari chercher de la crème glacée tard le soir comme je l’avais vu à la télévision.
Au lieu de cela, je devrais suivre un régime alimentaire strict jusqu’à l’accouchement. Je devrais également vérifier ma glycémie quatre fois par jour en me piquant le doigt et en prélevant un échantillon de sang à chaque fois. Aïe!
Adieu, grossesse sans souci
Mon obstétricienne m’a orientée vers un cours d’éducation sur le diabète à l’hôpital de ma région, où j’ai reçu tout un ensemble d’outils, notamment un glucomètre, des bandelettes réactives et des lancettes, ainsi que des ressources pour une alimentation saine.
Quelques jours plus tard, j’ai rencontré une diététiste pour m’assurer que je mangeais suffisamment pour le développement de mon bébé, tout en contrôlant ma glycémie. À l’époque, je ne mesurais pas pleinement toute l’attention qu’on m’accordait. Je pleurais encore la perte de cette grossesse « de manuel ».
Les visites à l’épicerie sont devenues plus fréquentes, et la planification et la préparation de chaque repas, y compris les collations, sont devenues une partie intégrante de ma routine. En fait, je me sentais en meilleure santé et je savais que je faisais ce qu’il y avait de mieux pour mon bébé.
Une future maman qui tient son ventre.
Mais juste au moment où je commençais à me sentir en contrôle, il y a eu un nouveau rebondissement. J’ai développé des démangeaisons intenses aux mains et aux pieds. Ma gynécologue-obstétricienne s’est assise avec moi et m’a expliqué avec douceur que j’avais développé une maladie rare appelée cholestase obstétricale. J’ai écouté avec inquiétude tandis qu’elle m’annonçait que je devrais accoucher ce fin de semaine-là.
Attendre plus longtemps pourrait mettre la vie de mon enfant en danger.
Quelle chance d’être chez la docteure!
Me voilà donc: enceinte, atteinte de diabète gestationnel et, désormais, de cholestase. J’avais l’impression que mon corps, autrefois en bonne santé, peinait à faire face.
Mais, mêlé à mes sentiments de frustration et de peur, il y avait un sentiment de gratitude, car à chaque nouveau défi auquel j’étais confrontée, je recevais des paroles rassurantes, des ressources et du soutien. Oui, mes rendez-vous sont devenus beaucoup plus fréquents et j’avais moins de temps pour préparer la chambre du bébé, mais je savais que j’étais entre de très bonnes mains.
Vivre au Canada me donnait accès à des soins médicaux abordables, à des examens hebdomadaires et à des échographies. Sans aide médicale, mes complications auraient pu être extrêmement dangereuses.
La réalité mondiale
Pour des millions de femmes enceintes dans les pays les plus pauvres du monde, la grossesse et l’accouchement peuvent mettre leur vie en danger. En effet, chaque année, 303 000 femmes meurent de complications survenant pendant ou après la grossesse et l’accouchement. Des soins de santé adéquats pourraient contribuer à prévenir bon nombre de ces décès.
Des futures mamans participent à un cours de préparation à l'accouchement dans une clinique locale gérée par World Vision. Photo : Jon Warren.
C’est pourquoi World Vision accorde la priorité à l’accès des futures mères à des soins de santé de qualité. Les soins prénataux pendant la grossesse, l’assistance d’une accoucheuse qualifiée lors de l’accouchement et les soins postnataux immédiatement après la naissance et au cours des semaines suivantes peuvent réduire considérablement le nombre de décès maternels et néonatals.
Après tout, la naissance d’un enfant est censée être un moment de joie.
Une récompense miraculeuse
Le 13 décembre 2015, mon mari Jarryd et moi avons accueilli notre adorable fille Seraphina Rose dans ce monde merveilleux.
Je ressens une joie et un soulagement immenses de la tenir enfin dans mes bras. Photo d’Amanda Surujpaul.
Je savourais la sensation de son petit corps chaud contre le mien, et le fait de savoir qu’elle était en bonne santé et en sécurité. Et j’ai adressé une prière de remerciement à toutes les personnes qui avaient contribué à faire de ce moment un moment de bonheur.
Joignez-vous à nous pour aider les femmes enceintes du monde entier à recevoir des soins de santé essentiels.