Plus qu’un simple repas : le déjeuner qui permet à Chandy de rester à l’école
Pour Chandy et les milliers d’enfants comme elle au Cambodge, un simple déjeuner à l’école fait toute la différence entre l’abandon scolaire et la possibilité de rêver en grand.
Écrit par Melanie Ramos
le 27 août 2026
À 13 ans, la matinée de Chandy pourrait sembler familière à toute mère qui regarde sa propre fille se préparer pour l’école. Elle se réveille, s’habille et sort de la maison.
Mais il y a un élément de sa routine qui a changé par rapport à avant: au lieu que sa mère se dépêche de lui préparer quelque chose à manger avant son départ, Chandy se rend à pied à son école, dans la province de Kampong Thom, au Cambodge, où un bol de soupe aux légumes bien chaude l’attend déjà.
Cela n’a pas toujours été le cas.
Chandy vit dans une communauté agricole à faible revenu, où de nombreuses familles n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école avec un déjeuner, et encore moins un souper. Pour trop d’enfants ici, un estomac vide signifie un pupitre vide.
« Certains parents ne préparent pas de repas pour leurs enfants parce qu’ils sont occupés aux champs », explique la mère de Chandy. Elle ajoute: « Ou encore, certains enfants de mes voisins ont abandonné l’école. »
Qu’est-ce qui empêche les enfants d’aller à l’école?
La pauvreté est la cause sous-jacente de la faim chez les enfants — non seulement au Cambodge, mais partout dans le monde. Elle oblige les parents à faire des choix difficiles quant aux besoins essentiels auxquels ils doivent renoncer pour simplement survivre: une alimentation nutritive, de l’eau potable, des soins de santé ou l’éducation.
Dans les régions rurales du Cambodge, où vit Chandy, le seuil de pauvreté fixé par le gouvernement est inférieur à 3 $ CA par personne, par jour.
Pour les parents qui ont à peine de quoi joindre les deux bouts, les options sont limitées. Envoyer leurs enfants à l’école l’estomac vide signifie qu’ils n’auront pas l’énergie nécessaire pour:
- Se concentrer en classe: il est difficile d’entendre l’enseignant quand l’estomac gargouille sans cesse.
- Suivre le rythme des devoirs: le manque de nutrition peut entraîner un retard dans le développement cognitif des enfants.
- Participer à des activités parascolaires: pourquoi prolonger sa journée d’école quand on a déjà du mal à suivre en classe?
- Jouer avec leurs amis: la faim a le don de voler l’enfance.
- Continuer à fréquenter l’école: la fatigue constante et la maladie empêchent les enfants d’aller à l’école.
Mais si les parents les gardent à la maison pour économiser de l’argent, ils perdront complètement leur éducation. Dans tous les cas, l’enfant souffre de la faim — non seulement de nourriture, mais aussi d’occasions pour l’avenir.
Chandy et sa mère, qui n’a plus à se soucier de préparer le déjeuner tous les matins avant l’école. (Cambodge, 2023 | Crédit photo : Dara Chhim, World Vision)
Le changement qui a tout changé
La vie de Chandy a changé lorsque sa famille a déménagé dans une nouvelle collectivité où les élèves reçoivent un déjeuner gratuit à l’école chaque jour. Pour Chandy, c’était plus qu’un repas gratuit: c’était une occasion de terminer ses études et d’aider un jour sa famille à sortir de la pauvreté.
Améliorer l’accès des élèves à l’éducation, à l’alimentation et à la santé, c’est exactement ce que World Vision espérait réaliser en mettant sur pied le Programme d’alimentation scolaire en partenariat avec le gouvernement provincial. Grâce à ce programme, 295 écoles réparties dans 10 districts font désormais état:
- Une augmentation de l’assiduité générale, maintenant que les élèves sont en meilleure santé.
- Des élèves attentifs et concentrés sur leur apprentissage.
- Un plus grand nombre d’élèves qui retournent à l’école et une diminution du nombre de décrocheurs.
- Un plus grand nombre de parents qui prennent conscience de l’importance pour leurs enfants de terminer leurs études.
Les familles ne sont pas les seules à avoir remarqué la différence. « Ce déjeuner scolaire contient des légumes et favorise la santé des élèves », explique Sakorn, directeur de l’école de Chandy. Les repas alternent désormais entre six plats différents par semaine, précise-t-il, afin que les enfants ne se lassent pas de manger toujours la même chose.
Sakorn a proposé d’étendre le programme à davantage d’écoles à travers le pays. Le déjeuner, dit-il, est nécessaire pour chaque élève — et il ne sert pas seulement à aider les enfants à apprendre. Il contribue également à atténuer la pauvreté de leurs familles.
La mère de Chandy reconnaît les avantages du Programme d’alimentation scolaire. « Ce n’est plus un problème, car l’école offre le déjeuner », dit-elle. « Cela me permet d’économiser de l’argent et d’assurer la bonne santé de ma fille. »
Enfin bien nourrie
Grâce aux repas scolaires, l’alimentation de Chandy comprend désormais une variété de légumes qui lui permettent de rester rassasiée toute la journée. Des études montrent qu’une alimentation riche en nutriments variés est essentielle pour favoriser:
- La croissance physique des os et des muscles.
- Un développement cérébral sain.
- Un système immunitaire plus fort.
- Une bonne endurance pour que les enfants puissent jouer et rester actifs.
« J’aime manger de la soupe aux légumes variés à l’école au déjeuner, car ça m’aide à rester en santé », explique Chandy. « Comme ça, j’aurai un corps fort et un cerveau brillant. »
Quand on demande à Chandy ce qu’elle cuisinerait si elle le pouvait, elle répond sans hésiter: de la soupe aigre et du riz frit, « parce que le riz frit contient des légumes, des carottes et des haricots ». C’est une réponse simple et ordinaire, du genre de celles que n’importe quelle jeune fille de 13 ans pourrait donner à propos de son repas préféré. Mais pour Chandy, cette réponse ordinaire n’est possible que parce que le déjeuner n’est plus un souci.
Cela lui a aussi donné de grandes idées. « Si je devenais première ministre », imagine-t-elle, « je subventionnerais le riz, les légumes, le poisson, la viande, les œufs, le sel et l’huile de cuisson, et j’assurerais deux repas par jour aux élèves — parce que le dîner permet aux élèves d’avoir moins faim pendant qu’ils étudient et facilite l’apprentissage. » Pour elle, c’est simple: les enfants qui n’ont pas faim peuvent se concentrer, apprendre plus vite et faire économiser de l’argent à leur famille.
La mère de Chandy est d’accord. « Je propose que l’école continue d’offrir des repas scolaires à tous les élèves. »
L’histoire de Chandy n’est qu’un exemple parmi des milliers d’autres à travers le Cambodge. Derrière chaque assiette bien remplie, il y a un parent qui peut cesser de s’inquiéter, et un enfant qui peut rester à l’école, rêver plus grand et simplement être un enfant. C’est ce qui est possible lorsqu’une communauté dispose de ce dont elle a besoin — et des Canadiens comme vous peuvent faire en sorte que cela devienne une réalité.
Chandy rit avec un ami à l’école — l’un de ces moments du quotidien que permet un estomac bien rempli. (Cambodge, 2023 | crédit photo : Dara Chhim, World Vision)
Aidez-nous à répondre aux besoins essentiels d’un enfant
Le programme d’alimentation scolaire de World Vision a déjà permis d’offrir un déjeuner quotidien à plus de 80 271 élèves dans toute la province de Chandy — preuve que cette approche fonctionne et qu’elle change déjà des vies comme la sienne.
Un don versé au programme « Là où les besoins sont les plus grands » n’est pas affecté à une cause précise: il est acheminé là où les enfants en ont le plus besoin, qu’il s’agisse d’un déjeuner à l’école, d’eau potable, de soins de santé ou de la formation d’un enseignant. Cette souplesse permet à votre soutien de répondre aux besoins réels d’un enfant, non seulement aujourd’hui, mais aussi pour l’avenir.
Chaque don compte, que ce soit un don ponctuel ou un don mensuel, à partir de 19 $. Avec votre aide, nous pouvons aller plus loin, rejoindre davantage de familles et de collectivités, et aider plus d’enfants à vivre pleinement leur vie.