Voici Immaculée, une apprentie mécanicienne
Cette adolescente, véritable vedette du rock, se lance sans aucun regret dans un secteur dominé par les hommes — découvrez pourquoi dans cette vidéo.
Écrit par Katie Hackett
le 11 janvier 2025
Immaculée, 18 ans, est adossée à une jeep bleue, l’un des nombreux véhicules alignés pour être réparés au garage Sotraki à Goma, en République démocratique du Congo. Elle suit une formation ici, en bonne voie pour devenir mécanicienne, et elle est la seule fille en vue.
Le conflit qui sévit depuis longtemps en RDC a provoqué une crise de déplacement aux répercussions considérables pour les jeunes du pays, qui s’interrogent sur leur avenir professionnel et leurs moyens de subsistance. Comment planifier son avenir quand le présent est si incertain? Grâce à notre approche « nexus », World Vision a mis sur pied un programme de réintégration sociale dans l’est de la RDC, qui permet à 90 jeunes déplacés d’acquérir des compétences en petite entreprise et dans les métiers spécialisés.
Certains des proches d’Immaculée sont déplacés à l’intérieur du pays depuis un an, mais la plupart ont quitté leur foyer depuis deux ans ou plus. Selon l’OCHA, depuis le début de 2024, 940 000 personnes supplémentaires ont été déplacées en RDC, ce qui porte le total à environ 7,3 millions. Parmi les personnes déplacées, 51 % sont des femmes, et 80 % des déplacements sont dus à des attaques armées et à des affrontements.
C’est une nuit passée dans la crainte de telles violences qui a orienté Immaculée vers sa carrière actuelle.
« J’ai choisi de devenir mécanicienne automobile parce qu’un jour, ma famille, moi-même et d’autres passagers avons été contraints de passer la nuit au milieu du parc à cause d’une panne », raconte-t-elle. « Nous étions exposés aux animaux sauvages et craignions d’être violés ou tués par des personnes armées présentes dans la région. »
Immaculée reconnaît que le métier de mécanicien est traditionnellement réservé aux hommes, « mais pourtant, me voilà », dit-elle. « Je n’ai pas suivi cette règle, et je me démarque dans mon travail. »
Cet incident a profondément marqué l’adolescente. Elle se souvient du sentiment d’impuissance qu’elle a ressenti cette nuit-là, incapable de réparer le véhicule, et lorsqu’on lui a proposé des options de formation comprenant des métiers plus traditionnels pour les femmes — comme la coiffure et la couture —, elle a plutôt choisi la mécanique.
Quels que soient les chemins qu’elles ont choisis, la cohorte d’Immaculée, composée de mécaniciennes, de coiffeuses, de couturières et de commerçantes en herbe, fait preuve d’un immense courage. En s’appliquant à acquérir des compétences et à se fixer des objectifs, elles démontrent qu’il est possible de travailler pour réaliser ses rêves, même lorsque le contexte est défavorable.