Le parcours de Margarita vers un emploi décent
Le parcours d’une femme au sein du programme « Youth Ready » de World Vision lui a permis de gagner en confiance, de développer son esprit d’entreprise et d’offrir à d’autres femmes la possibilité d’accéder à un « travail décent ».
Écrit par World Vision Canada
le 6 octobre 2025
À 29 ans, Margarita n’aurait jamais imaginé devenir entrepreneure. Aujourd’hui, aux côtés de ses associées Lourdes et Herlinda, elle dirige PAU PAU, une marque qui commercialise des produits en alpaga à l’échelle mondiale.
« J’étais une jeune fille rebelle », se souvient Margarita. Son père est parti quand elle était petite, laissant sa mère élever seule ses trois filles tout en travaillant comme aide-maçon. En tant qu’aînée, Margarita accompagnait souvent sa mère sur les chantiers pour aider à joindre les deux bouts.
Des difficultés aux bourses d’études
Après le secondaire, Margarita est devenue mère à son tour, sans le soutien du père de son enfant. « Je voulais faire des études, mais je n’avais pas les moyens », explique-t-elle. Tout a changé lorsqu’elle a obtenu une bourse d’études offerte par World Vision et Banco Mercantil Santa Cruz, une banque et une société de services financiers en Bolivie. Margarita a travaillé fort et a obtenu un diplôme technique. Cependant, comme de nombreux diplômés, elle s’est heurtée à une vague de refus d’embauche en raison de son manque d’expérience.
Margarita (en chandail bleu) participe à l’« activité de la tour » lors d’une séance de formation « Youth Ready ». (Crédit photo : World Vision Bolivie)
Retrouver la confiance en soi et l’étincelle entrepreneuriale
En 2020, Margarita s’est jointe au programme Youth Ready de Vision Mondiale, qui fait partie de l’initiative « Vision pour les jeunes vulnérables ». C’est là que tout a changé.
« Youth Ready m’a aidée à surmonter mes peurs et à avoir confiance en ce que je veux dans la vie », explique-t-elle.
Un module sur l’entrepreneuriat a éveillé son intérêt. Avec sa sœur et une amie, qui participaient elles aussi à Youth Ready, Margarita a commencé à fabriquer et à vendre des vêtements pour bébés. Elles ont baptisé leur nouvelle entreprise PAU PAU, en l’honneur de Paulo, le fils de Margarita.
Margarita (au premier rang, deuxième à partir de la gauche) et ses camarades reçoivent leurs certificats lors de la cérémonie de remise des diplômes du programme « Youth Ready ». (Crédit photo : World Vision Bolivie)
Être à l’écoute des clients, apprendre à s’adapter
Leurs premières ventes ont appris aux jeunes entrepreneurs à écouter leurs clients et à adapter leurs produits en conséquence. Les vêtements en alpaga pour femmes se vendaient mieux que les vêtements pour bébés; PAU PAU a donc réorienté sa production vers les couvertures, les tuques et les vestes.
En 2022, leurs créations étaient exportées vers la France, le Pérou et le Costa Rica. Aujourd’hui, PAU PAU est officiellement enregistrée et paie des impôts qui contribuent à la croissance de la Bolivie, marquant ainsi une étape importante dans la transformation d’un travail décent en moyens de subsistance durables.
Le kiosque de PAU PAU à une foire locale présente la variété des produits créés par ces jeunes femmes. (Crédit photo : World Vision Bolivie)
Au-delà du revenu: une marque qui a un sens
Au-delà du revenu, Margarita affirme que cette initiative a apporté quelque chose de plus profond: la dignité, l’autonomie et une vision pour l’avenir.
« Un travail décent ne se résume pas simplement à un emploi », explique-t-elle. « Cela signifie un emploi officiel, une assurance sociale et des possibilités de développement. »
Aujourd’hui, elle rêve de faire de PAU PAU une entreprise qui embauche davantage de jeunes femmes, comme elle et ses partenaires, qui souhaitent se bâtir une vie meilleure pour elles-mêmes et leurs enfants.
PAU PAU a permis à Margarita et à ses cofondateurs d’accéder à un emploi « décent », à de nouvelles possibilités et à une plus grande confiance en l’avenir. (Crédit photo : World Vision Bolivie)
Le conseil qu’elle donnerait à d’autres entrepreneurs qui lancent une entreprise avec des amis: la communication, l’organisation ainsi que la définition claire des rôles et des responsabilités sont la clé du succès.
« Nous avons appris que la communication, le respect et le soutien émotionnel sont tout aussi importants que n’importe quelle compétence en affaires », dit-elle.
La Journée mondiale pour le travail décent est célébrée chaque année le 7 octobre. C’est l’occasion de réclamer des emplois qui respectent les droits de tous les travailleurs, notamment une rémunération équitable, des lieux de travail sécuritaires et le respect du bien-être des travailleurs. L’histoire de Margarita montre comment investir dans la jeunesse peut transformer l’adversité en opportunité, former les jeunes à l’entrepreneuriat et les aider à créer des emplois décents pour eux-mêmes et leurs communautés.
Le projet « Vision pour les jeunes vulnérables » (VVYI) de Vision mondiale Canada est soutenu par la Fondation de la famille Barrett et par des donateurs canadiens individuels. Présent dans 10 pays d’Amérique latine et d’Afrique, le programme Youth Ready donne aux jeunes les outils nécessaires pour poursuivre leurs études, trouver un emploi ou se lancer en entrepreneuriat.