placeholder

Vivre à l’abri de la violence fondée sur le genre est un droit de la personne, partout dans le monde

Le droit de vivre à l’abri de la violence fondée sur le genre est un droit humain universel. Pourquoi alors tant de personnes vivent-elles dans la crainte d’une violence fondée sur leur genre? Comment pouvons-nous garantir la sécurité de tous?

Écrit par Jennifer King

le 10 décembre 2025

La violence fondée sur le genre, ou VFG, est l’une des violations des droits de la personne les plus répandues et les plus tolérées au monde.

Alors que nous soulignons les 16 jours d’action contre la violence sexiste et la Journée des droits de la personne le 10 décembre, le lien entre ces deux thèmes nous rappelle que vivre à l’abri de la violence sexiste ne devrait pas être un privilège réservé à certains, mais un droit pour tous.

Chez Vision Mondiale du Canada, nous constatons chaque jour les répercussions de la VGB: dans les écoles où les filles abandonnent leurs études en raison d’incidents de VGB ou par crainte de la violence et du harcèlement; dans les camps de réfugiés où le manque d’intimité et la surpopulation accentuent les risques de VGB; au sein des familles qui luttent pour faire face à la pauvreté; et dans les communautés où les dirigeants s’efforcent de briser les cycles de violence.

La violence sexiste: un déni de sécurité et d’égalité

Chaque acte de violence sexiste constitue un déni des droits fondamentaux à la sécurité, à la dignité et à l’égalité. Ces droits sont protégés par la Déclaration universelle des droits de l’homme et par le traité contraignant connu sous le nom de Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Presque tous les pays du monde, y compris le Canada, se sont engagés à respecter les droits de la personne et les droits liés au genre.

Pourtant, au moins une femme sur trois dans le monde subit de la violence physique ou sexuelle au cours de sa vie. Au Canada, une femme ou une jeune fille est assassinée toutes les 48 heures, principalement par des hommes, et les femmes autochtones subissent des taux de violence sexiste plus de trois fois supérieurs à ceux des femmes non autochtones. Dans votre famille, une personne que vous aimez – une sœur, une fille, une mère, une conjointe – a subi ou subira de la violence fondée sur son genre.

Inauguration du CAI

Dans le district de Murrupula, au Mozambique, des centres de soutien intégrés offrent désormais aux survivantes de violence sexiste des services coordonnés dans les domaines de la santé, du droit et du soutien psychosocial. Ces centres s’inscrivent dans le cadre du projet « Every Girl Can », financé par Affaires mondiales Canada. (Photo

Les engagements mondiaux ne sont toujours pas respectés

Pourquoi les engagements mondiaux ne sont-ils toujours pas respectés, laissant tant de personnes vulnérables vivre dans la crainte de la violence fondée sur le genre? L’un des points communs est l’échec systémique. Les gouvernements ne parviennent pas à mettre en œuvre les mesures de protection qu’ils ont promises et inscrites dans la loi.

Un autre facteur réside dans les croyances fondées sur des normes patriarcales profondément enracinées. Les communautés et les familles abordent la violence fondée sur le genre à voix basse, voire pas du tout, privant ainsi de justice celles et ceux qui en ont été victimes. De plus, des normes et des attitudes socioculturelles bien ancrées tolèrent la violence fondée sur le genre, voire l’acceptent comme une partie inévitable de la vie.

Cette défaillance systémique à mettre fin à la violence sexiste est universelle, et notre engagement à y mettre fin devrait l’être tout autant. Sans lutter contre la violence sexiste, nous savons que le monde ne parviendra pas à l’égalité entre les sexes ni à atteindre tous les Objectifs de développement durable.

L’intervention de World Vision

Partout où nous intervenons dans le monde, World Vision s’attaque à la violence sexiste. Nous constatons que les risques de violence sexiste pour les femmes et les filles augmentent dans les régions en conflit ou en crise, notamment lors de situations d’urgence humanitaire et de déplacements de population. Les personnes en situation de handicap sont encore plus vulnérables à la violence sexiste. Et lorsque des enfants sont témoins de violence sexiste à la maison, nous considérons cela comme de la violence envers les enfants, ce qui a des répercussions durables sur leur développement et leur bien-être.

RESILIENT-WE MenCare

Le projet RESILIENT-WE en Éthiopie, financé par Affaires mondiales Canada, s’appuie sur une approche appelée « MenCare ». Les groupes MenCare aident les hommes à mener une réflexion critique sur les normes culturelles et de genre préjudiciables. Cette approche aide les hommes à devenir des partenaires actifs et à...

Notre travail de prévention et d’intervention en matière de violence sexiste, fondé sur des données probantes, est mené par des partenaires locaux, notamment des organisations de défense des droits des femmes, qui sont des moteurs essentiels du changement au sein de leurs communautés. Ensemble, nous ne considérons pas la violence sexiste comme un problème isolé: nous nous attaquons aux systèmes et aux normes sociales qui la perpétuent, qu’il s’agisse des dynamiques de pouvoir inégales ou des pratiques traditionnelles préjudiciables.

Cela peut se traduire par le renforcement des systèmes de protection de l’enfance et de la jeunesse, la mobilisation des hommes, des garçons et des chefs religieux pour remettre en question les normes néfastes, ou encore la promotion du leadership et de la participation des filles. Dans le cadre du projet « Youth Empowered » au Bangladesh, le modèle MenCare a donné aux hommes les moyens de s’élever contre la violence sexiste et le mariage d’enfants. Dans le cadre du projet « Every Girl Can » au Mozambique, des clubs de filles dirigés par la communauté offrent des espaces sécuritaires où les adolescentes et les jeunes femmes apprennent à connaître leurs droits et à demander des comptes aux autorités.

À mesure que la violence fondée sur le genre évolue, notre réponse évoluera également. L’utilisation de la technologie et des médias sociaux devient de plus en plus répandue, et nous accordons une attention accrue à la violence fondée sur le genre facilitée par la technologie (TFGBV), comme le harcèlement en ligne et l’exploitation numérique, qui coïncide souvent avec la violence fondée sur le genre hors ligne.

La femme et l'homme

Vivre à l’abri de la violence fondée sur le genre est un droit universel, et il nous incombe à tous de le faire respecter. (Crédit photo : World Vision)

Les engagements en matière de droits de la personne doivent rester inébranlables

Peu importe où la violence fondée sur le genre se produit dans le monde, que ce soit dans la vie réelle ou en ligne, ses répercussions peuvent être dévastatrices, portant atteinte au droit à la vie, à la santé, à la sécurité, à la liberté et à la pleine participation à la société. Il ne peut y avoir de développement durable lorsque plus de la moitié de la population vit sans sécurité ni justice.

Les gouvernements du monde entier, y compris le nôtre au Canada, doivent veiller à ce que les engagements en matière de droits de la personne restent inébranlables. Dans un contexte mondial où le financement international consacré à l’égalité entre les sexes a diminué à un rythme alarmant, la réduction correspondante des programmes de prévention et d’intervention en matière de violence sexiste aura des conséquences humaines. Une enquête mondiale menée en mars 2025 par ONU Femmes auprès d’organismes de défense des droits des femmes a révélé que:

  • 34 % avaient suspendu ou mis fin à leurs programmes de lutte contre la violence sexiste
  • plus de 40 % avaient réduit ou fermé des services vitaux
  • plus de 75 % ont signalé une réduction de l’accès aux services essentiels pour les survivantes de la violence sexiste
  • près de 60 % ont constaté une augmentation de l’impunité face à la violence sexiste et une normalisation de la violence

Soutenir le droit de vivre à l’abri de la violence n’est pas un acte de charité, c’est un élément de l’engagement en faveur des droits de la personne que le Canada et la plupart des pays du monde ont pris.

Alors que nous nous apprêtons à célébrer la Journée internationale des droits de la personne et à conclure les 16 jours d’activisme, rappelons-nous que vivre à l’abri de la violence fondée sur le genre est un droit universel, et qu’il est de notre responsabilité à tous de le faire respecter.

En savoir plus sur notre travail en matière d’égalité entre les sexes