De petites abeilles qui bourdonnent d’espoir
En Équateur, une révolution silencieuse est en train de prendre forme : une tradition ancestrale devenue un travail de toute une vie, portée par le bourdonnement délicat des abeilles indigènes sans dard. Et pour ceux d’entre vous qui ont l’esprit créatif, un petit bricolage simple inspiré des abeilles vous attend à la fin!
Écrit par Christina Cook
le 20 mai 2026
Là où j’habite, dans le nord de l’Ontario, on prend le « No Mow May » très au sérieux. Si vous n’en avez jamais entendu parler, « No Mow May » est une initiative qui nous encourage — oui, vous l’avez deviné — à cesser de tondre la pelouse pendant tout le mois de mai. Cela permet aux fleurs sauvages de s’épanouir pour les abeilles et les pollinisateurs. Certains résidents prolongent souvent cette pratique jusqu’à la mi-juin pour en tirer le maximum d’avantages.
Un papillon monarque se repose sur une fleur dans ma cour. (Photo : Christina Cook)
Cela suffit à montrer à quel point les abeilles sont importantes pour notre environnement. Elles jouent un rôle crucial dans la production de notre nourriture, assurent la survie des plantes et des animaux qui en dépendent, tout en contribuant à préserver la santé de notre air, de notre eau et de notre sol.
Mais au cœur de l’Amazonie équatorienne, des abeilles très spéciales accomplissent tout cela et bien plus encore. Un simple coin de forêt a été transformé en un sanctuaire dynamique pour les abeilles sans dard, débordant de vie et d’utilité.
D’une pratique ancestrale à un objectif commun
En Équateur, où 70 % des familles rurales vivent sous le seuil de pauvreté, une pratique profonde prend forme. Elle s’appelle la méliponiculture et n’est pas dirigée par des experts internationaux ni par des technologies sophistiquées, mais par Jeferson, 29 ans, et sa conjointe, Aide. Ils dirigent l’Hospital de Abejas: un hôpital pour abeilles et un espace unique où ils ont sauvé plus de 100 colonies de 17 espèces d’abeilles indigènes sans dard.
Alors que les abeilles européennes construisent des rayons verticaux, les abeilles Melipona façonnent des pots à miel ovales et fermés, constitués de cire et de résines végétales. (Photo : Salome Torres/World Vision)
La terre de Jeferson et d’Aide est à la fois un lieu d’apprentissage et de subsistance. Les ruches de Melipona produisent une très petite quantité de miel, ce qui le rend rare et très prisé pour ses propriétés médicinales utilisées notamment pour traiter des maladies telles que la laryngite, la bronchite et les infections bactériennes, pour n’en citer que quelques-unes. Les abeilles enseignent également aux enfants que la santé de la forêt est liée à leur propre avenir. La méliponiculture offre aux familles un moyen de gagner leur vie qui respecte la culture, protège la nature et favorise la régénération.
Jeferson se souvient de son enfance, lorsque les abeilles faisaient tout simplement partie de la vie — élevées avec soin et toujours respectées. « Au début, c’était simplement une activité pratiquée par mes grands-parents », explique-t-il doucement tout en tenant une ruche fabriquée à la main. « Mais maintenant, nous savons que ces abeilles, c’est la vie. »
Pour les familles et les forêts
Grâce au soutien du projet « Juventud Verde » (Jeunesse verte) de World Vision Équateur, les jeunes — en particulier en Amazonie et dans les villes avoisinantes — acquièrent les compétences et la confiance nécessaires pour se bâtir des moyens de subsistance durables qui prennent soin à la fois des gens et de l’environnement. Guidés par la méthodologie « Youth Ready » de World Vision, les jeunes reçoivent une formation pratique, un encadrement et un soutien pour transformer leurs idées en petites entreprises respectueuses de l’environnement. Cette approche aide les jeunes à générer des revenus, à protéger leur milieu naturel et à se forger un avenir plein d’espoir pour eux-mêmes et leurs communautés.
Ce soutien a permis à Jeferson de mettre sa formation en pratique en encourageant les familles de la communauté à se lancer dans l’apiculture. Chaque colonie est confiée à une famille, ce qui mobilise plus de 200 ménages dans les efforts de conservation. On plante de la flore indigène pour assurer des sources de nourriture, et les abeilles produisent du miel aux propriétés antifongiques et antioxydantes.
« [Les abeilles] nous offrent des remèdes, un revenu et, surtout, elles enseignent à nos enfants que si nous prenons soin d’elles, la forêt prend soin de nous », explique Jeferson. « Nous ne nous occupons pas seulement des abeilles, nous prenons soin de la vie. »
Fabriquez votre propre ruche!
Peins, construis et découvre! Une façon simple pour les enfants curieux d’apprendre comment les abeilles construisent leur ruche, vivent et prennent soin de notre monde.
Y a-t-il chez vous des enfants qui s’intéressent aux abeilles dont il est question dans cette histoire? Pourquoi ne pas construire avec eux une ruche à Melipona? C’est une façon amusante et pratique de découvrir comment ces abeilles sans dard (et les abeilles en général) vivent et travaillent ensemble pour prendre soin de la Terre.