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Comment fonctionne la remise des diplômes communautaire?

Que signifie le fait qu’une communauté de parrainage « passe à l’étape suivante »? Voici les réponses.

Écrit par World Vision Editorial

le 18 août 2025

Les programmes régionaux au cœur de notre démarche

Les programmes de parrainage d’enfants de World Vision sont organisés et gérés dans le cadre de ce que nous appelons des « programmes régionaux ». Nous établissons des partenariats avec les enfants, les familles, les dirigeants et les organismes au sein de ces régions géographiques, et nous travaillons ensemble pour comprendre leurs défis, proposer des solutions et mettre en œuvre des projets qui répondent à leurs besoins.

Tout cela est fait dans le but d’améliorer le bien-être des enfants qui y vivent. Dans une optique de transformation à long terme et de durabilité, les programmes régionaux de World Vision s’étendent en moyenne sur 10 ans et se concentrent sur trois ou quatre enjeux majeurs issus de l’ensemble de nos secteurs d’intervention.

Un programme régional est considéré comme « terminé » lorsque la communauté a raisonnablement atteint ses objectifs — une série d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs liés au bien-être des enfants. Ces indicateurs reflètent la capacité de la communauté et des autres intervenants (tels que les organismes gouvernementaux, les organismes communautaires et les églises) à maintenir leurs acquis à l’avenir sans assistance supplémentaire de la part de Vision Mondiale.

L’essentiel: remplir les conditions d’obtention du diplôme

Alors qu’un programme régional approche de la fin de son cycle de vie prévu, deux facteurs importants permettent de déterminer si la collectivité est prête à passer à l’étape suivante.

1. La communauté réalise des progrès continus vers ses objectifs en matière de bien-être des enfants.

Lorsqu’un programme régional est mis sur pied, des indicateurs précis sont choisis pour nous aider à suivre le bien-être des enfants dans la communauté — chacun étant associé à un objectif correspondant. Il peut s’agir, par exemple, du pourcentage de filles et de garçons qui se sentent en sécurité et à l’abri de la maltraitance et de l’exploitation, ou du pourcentage de jeunes enfants bénéficiant d’une alimentation adéquate et variée. Ces indicateurs sont mesurés au début du programme afin d’établir une base de référence, puis tout au long de la durée du programme. Une communauté n’a pas nécessairement besoin d’atteindre tous les objectifs pour passer à l’étape suivante, mais les mesures doivent montrer des progrès continus vers leur réalisation. Cela nous donne l’assurance que des avancées significatives sont réalisées pour améliorer la vie des enfants.

2. Les organismes locaux sont en bonne voie pour poursuivre ces progrès.

Avant qu’un programme régional ne soit déclaré « diplômé », nous recherchons des preuves indiquant que les organismes et institutions locaux — tels que les églises, les organismes gouvernementaux ou les organismes communautaires — ont la capacité à la fois de maintenir et de continuer à améliorer leurs objectifs en matière de bien-être des enfants. Pour évaluer cela, nous nous appuyons notamment sur des indicateurs mesurant le niveau de participation de la collectivité, comme le nombre d’organismes communautaires œuvrant activement à l’amélioration du bien-être des enfants. Lorsque ces chiffres sont solides, cela indique que la collectivité continuera de prospérer après le départ de Vision Mondiale.

Le saviez-vous? Au cours des 13 dernières années, 192 communautés dans 49 pays ont terminé leur parcours dans le cadre de nos programmes de parrainage.*

Quatre jeunes en Bolivie peignent une murale sur un immeuble.

Diego, un adolescent de 16 ans bénéficiant d’un parrainage, participe à un projet de murale avec quatre autres enfants parrainés dans le cadre du Programme régional de Koari, en Bolivie.

Remarque concernant les cas particuliers

Il arrive parfois que les programmes régionaux soient prolongés ou mis fin prématurément, en raison de facteurs échappant au contrôle de la collectivité ou de Vision Mondiale. Cela peut inclure:

  • Des changements importants qui affectent le fonctionnement du programme régional, tels que des catastrophes naturelles (qui peuvent entraîner la prolongation d’un programme) ou des déficits de financement (qui peuvent entraîner une fermeture prématurée).
  • Les politiques gouvernementales locales et/ou nationales, y compris celles qui limitent la capacité de World Vision à mener ses activités.
  • Des changements de stratégie de la part du bureau régional de World Vision qui soutient la communauté.

Qui a son mot à dire?

World Vision n’est pas seule à décider si une communauté sera déclarée « diplômée ». Outre les partenaires et les organismes locaux, les enfants, les femmes et d’autres groupes vulnérables, comme les personnes handicapées ou celles victimes de stigmatisation sociale, sont consultés à toutes les étapes du parcours menant à la « graduation ». Cela peut inclure la participation à des groupes de discussion ou à des entrevues, au cours desquelles ils ont l’occasion d’examiner et de discuter des résultats quantitatifs du programme régional.

Il est essentiel de comprendre comment les membres de la communauté perçoivent ces résultats. Dans quelle mesure estiment-ils que le parrainage d’enfants a joué un rôle dans les progrès et les changements mesurés? Estiment-ils que les causes profondes de la pauvreté et de la vulnérabilité des enfants ont été adéquatement traitées? Ces réponses sont prises en compte dans la décision.

Trois enfants en Bolivie se lavent les mains à un robinet extérieur.

Jhoel, un enfant parrainé âgé de 9 ans, se lave les mains avec de l’eau fraîche et propre. À Koari, en Bolivie, la mise en place de nouveaux réseaux d’approvisionnement en eau a permis de réduire considérablement les maladies diarrhéiques, en particulier chez les jeunes enfants.

Un plan pour bien terminer

Une fois qu’il est décidé qu’un programme régional prendra fin, la collectivité se mobilise autour d’un plan visant à bien conclure le projet. La pérennité est la priorité.

Au cours de cette phase finale — qui peut durer de deux à trois ans —, les membres de la communauté, les partenaires locaux et les principaux intervenants travaillent ensemble pour établir des objectifs communs et préparer le retrait progressif de Vision Mondiale. Il est important que les enfants, les femmes et les groupes vulnérables puissent librement partager leurs réflexions et leurs idées tout au long de ce processus.

Ensemble, nous faisons le bilan de ce qui a été accompli, nous nous entendons sur les prochaines étapes les plus importantes et nous décidons comment le rôle de Vision Mondiale sera progressivement réduit tandis que les dirigeants locaux prendront les rênes. Une fois les priorités clairement établies, des groupes de travail se forment pour s’attaquer à chaque domaine d’intervention. L’objectif est de laisser en héritage une vision solide et unifiée de l’avenir, ainsi qu’une communauté prête à continuer de bâtir sur ses propres succès.

Comment la communauté de Koari, en Bolivie, a franchi cette étape

Comptant environ 12 000 habitants, le programme régional de Koari, en Bolivie, a entamé son parcours avec Vision Mondiale en 2007. À l’époque, les quelque 3 900 enfants de la communauté étaient confrontés à un manque d’eau potable, à de mauvaises conditions d’assainissement, à la malnutrition chronique et à une incidence élevée de maltraitance infantile. En consultation avec la communauté, des objectifs précis ont été fixés pour s’attaquer aux problèmes de nutrition, d’accès à l’eau, d’éducation et de maltraitance des enfants, et 2 500 enfants ont été inscrits au programme de parrainage grâce à la générosité de Canadiens.

Un groupe de tout-petits participe à une activité d'apprentissage par le jeu à Koari, en Bolivie.

Irma (à l'extrême droite) est agente de santé communautaire à Koari, en Bolivie. Grâce à l'engagement de personnes comme elle, 1 100 parents ont reçu une formation sur le développement de la petite enfance, la nutrition et la prévention des maladies infantiles.

Il est important de comprendre que les programmes régionaux ne sont pas des remèdes miracles. Il n’est pas réaliste de croire qu’on peut surmonter complètement des défis complexes, profondément enracinés ou systémiques en l’espace d’une décennie. Il faut parfois des générations pour changer les conditions de vie, les attitudes et les comportements. L’objectif est toujours de réaliser des progrès significatifs, tout en développant les ressources et les capacités nécessaires pour continuer à progresser, même après que Vision Mondiale soit passée à l’appui d’une autre communauté.

Koari, à l’instar de nombreux programmes régionaux avant lui, a atteint cet objectif et a pris fin en 2024.

Parmi les réussites:

  • La malnutrition chronique a reculé de 79,5 % à 35 % chez les enfants de moins de cinq ans.
  • Le taux de scolarisation des enfants d’âge scolaire est passé de 81 % à 99 %.
  • La proportion de ménages disposant d’un accès à l’eau à domicile est passée de 73 % à 91 %.
  • La violence envers les enfants s’élevait à 80 % lors de l’enquête de référence; au moment de l’achèvement du programme, le taux de violence signalé était tombé à 40 %.

Le parrainage d’enfants est au cœur de chaque programme local. Grâce à l’approche holistique de Vision Mondiale, les retombées positives de la générosité des parrains et marraines s’étendent bien au-delà des enfants parrainés individuellement. Nos recherches indiquent que pour chaque enfant parrainé, quatre autres enfants de la communauté en bénéficient.

Un groupe d'adolescents et d'adultes est assis sur des chaises en plastique blanches. Plusieurs d'entre eux portent des masques médicaux.

Grover, âgé de 16 ans, explique qu’il milite en faveur d’améliorations dans le domaine de l’éducation au niveau municipal en tant que membre de son conseil étudiant. Autrefois, de telles occasions n’existaient pas.