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Comment 400 000 réfugiés de Gambella, en Éthiopie, reçoivent de la nourriture chaque jour

Des entrepôts et des centres de distribution aux points d’aide communautaires et aux bénévoles qui viennent en aide aux réfugiés, les travailleurs humanitaires permettent que l’aide vitale, comme la nourriture, parvienne aux familles qui en ont le plus besoin.

Écrit par Connie Wu

le 13 août 2026

Le 19 août marque la Journée mondiale de l’aide humanitaire, qui rend hommage à celles et ceux qui se rendent dans les régions les plus difficiles du monde pour permettre aux familles déplacées par les conflits de se nourrir, aux enfants de continuer à apprendre et aux collectivités de garder espoir.

Pour beaucoup, la nourriture arrive sur la table grâce à des routines si banales qu’on y pense rarement. Dans un camp de réfugiés, acheminer un sac de céréales d’un entrepôt à une famille est tout sauf une routine. Il s’agit d’une opération coordonnée impliquant les gouvernements, les agences de l’ONU, les organisations humanitaires et la communauté des réfugiés elle-même, menée par des personnes qui ont choisi de consacrer leur vie professionnelle à rendre cela possible.

Le programme d’aide alimentaire de Vision Mondiale à Gambella, en Éthiopie

Située dans l’ouest de l’Éthiopie, la région de Gambella offre depuis 1993 un refuge aux réfugiés du Soudan du Sud fuyant les conflits. Aujourd’hui, neuf camps de la région accueillent plus de 400 000 personnes. Depuis 2023, World Vision Éthiopie y distribue de la nourriture et des repas scolaires en partenariat avec:

  • le Programme alimentaire mondial
  • le HCR
  • le Service éthiopien des réfugiés et des rapatriés
  • Sept bureaux de soutien de World Vision, dont World Vision Canada

Rien qu’en 2025, cette opération a permis de venir en aide à 397 422 réfugiés — soit à peu près la population de la région métropolitaine de Victoria, en Colombie-Britannique — grâce à la distribution de 21 864 tonnes métriques de nourriture, et a fourni des repas scolaires chauds à 54 065 élèves du primaire.

Photo illustrant l'article

Gatwech, un élève de 14 ans, après avoir reçu un repas scolaire au point de distribution alimentaire de l'école du camp de réfugiés de Nygunyyiel, à Gambella.

Pourquoi les repas scolaires sont-ils si importants pour les enfants réfugiés?

L’un d’entre eux est Gatwech, un élève de 14 ans en 6e année au camp de réfugiés de Nygunyyiel. Les jours d’école, c’est le repas qu’il reçoit qui lui permet d’apprendre. « Les repas offerts à l’école me permettent de rester à l’école, d’apprendre et de participer en classe », explique-t-il. Quand il sera grand, il veut devenir médecin.

L’histoire de Gatwech n’est que l’expérience d’un seul enfant, mais elle illustre ce que cette initiative à plus grande échelle vise à protéger: la possibilité pour les enfants qui ont fui les conflits de continuer à apprendre, à grandir et à imaginer un avenir au-delà de leur situation de déplacement.

Les travailleurs humanitaires qui veillent à ce que la nourriture parvienne aux familles de réfugiés

En première ligne, des personnes acheminent les ressources alimentaires:

  • Les gestionnaires d’entrepôt
  • Les contrôleurs alimentaires
  • Responsables de la distribution
  • Animateurs des centres d’aide communautaires
  • Chauffeurs
  • Bénévoles issus de la communauté des réfugiés elle-même

Chaque cycle de distribution comprend l’enregistrement biométrique, la surveillance des paniers alimentaires, des sondages post-distribution et des visites de suivi conjointes avec les partenaires gouvernementaux et des Nations Unies. Quatorze bureaux d’aide communautaire sont en activité dans l’ensemble des points de distribution; rien qu’en 2025, ils ont enregistré et traité 2 600 plaintes et questions provenant de réfugiés, dont la plupart ont été soulevées par des femmes.

Photo illustrant l'article

Zone désignée pour la distribution d'aliments au camp de réfugiés de Nygunyyiel, servant de point central pour l'aide organisée.

Répondre aux besoins humanitaires croissants tout en renforçant la résilience pour l’avenir

Rien de tout cela n’est facile. Depuis la mi-février 2025, la reprise des conflits au Soudan du Sud a poussé des milliers de femmes et d’enfants supplémentaires à franchir la frontière vers Gambella par le point d’entrée de Burbiey. Les chocs climatiques et les pénuries de carburant exercent une pression supplémentaire sur des chaînes d’approvisionnement déjà mises à rude épreuve.

Dans ce contexte, l’acheminement de denrées alimentaires à grande échelle repose sur une coordination constante: réunions mensuelles de coordination alimentaire au niveau régional, visites de suivi conjointes avec le Programme alimentaire mondial et le HCR, bilans avant et après la distribution avec les comités de réfugiés, et mises à jour opérationnelles quotidiennes entre tous les partenaires sur le terrain.

Les commentaires des membres de la communauté orientent les actions à venir. En 2026, le projet s’élargit pour inclure une alimentation d’appoint destinée à 15 372 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition et à 3 174 femmes enceintes et allaitantes. Des groupes d’épargne sont mis à l’essai afin que les familles puissent démarrer de petites entreprises à l’intérieur des camps. De plus, des poêles à faible consommation de combustible ont déjà permis de réduire de plus de 60 % l’utilisation de bois de chauffage pour la préparation des repas scolaires.

À l’occasion de cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, nous rendons hommage à ceux et celles qui sont présents avant, pendant et après chaque crise. Derrière chaque repas se cache un partenariat. Derrière chaque partenariat se cachent des personnes qui s’engagent chaque jour, convaincues qu’aucun enfant, aucune mère ni aucun père déplacé par un conflit ne devrait souffrir de la faim.

Photo illustrant l'article

La directrice générale du PAM, Cindy McCain, visite les points de distribution alimentaire du camp de réfugiés de Jewi, à Gambella, en Éthiopie.