placeholder

Son avenir, son pouvoir : promouvoir la santé et le bien-être dans le nord du Mozambique

À l’occasion de cette Journée internationale d’action pour la santé des femmes, nous réaffirmons les droits fondamentaux des adolescentes et des jeunes femmes

Écrit par Francesca Olusola,Sophia Papastavrou & Adeyinka Onabolu

le 26 mai 2025

Par Francesca Olusola, gestionnaire des subventions chez World Vision Canada, Sophia Papastavrou, Ph. D., spécialiste technique en matière d’égalité des sexes, et Adeyinka Onabolu, spécialiste technique en protection, égalité des sexes et inclusion chez World Vision Canada

À l’occasion de cette Journée internationale d’action pour la santé des femmes, nous réaffirmons les droits fondamentaux des adolescentes et des jeunes femmes à l’autonomie corporelle, à l’accès à une information complète en matière de santé et à une vie exempte de violence et de discrimination. Dans le nord du Mozambique, le projet « Every Girl Can » (EGC) fait progresser ces droits en transformant les normes sociales néfastes et en modifiant les rapports de force qui limitent l’autonomie des filles et des jeunes femmes.

Grâce à 326 clubs communautaires dans les districts de Monapo, Murrupula et Nacarôa, le projet EGC a mobilisé plus de 32 600 adolescentes et jeunes femmes (âgées de 8 à 24 ans) au sein d’espaces sécuritaires animés par des mentors, qui favorisent la réflexion critique, la solidarité et l’action collective. Ces clubs utilisent un programme adapté au contexte local pour renforcer les connaissances en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs (SDSR), de santé menstruelle, d’intégrité corporelle et de consentement, tout en donnant aux participantes les outils nécessaires pour repérer et combattre la violence fondée sur le genre (VG) et les mariages forcés.

En mettant l’accent sur la voix et le leadership des filles, ces clubs fournissent des renseignements essentiels et un soutien psychosocial, tout en renforçant un environnement propice à l’égalité des sexes au sein des familles, des écoles et des communautés. Aujourd’hui, nous célébrons l’impact de ces clubs — ainsi que les filles et les mentors qui ouvrent la voie.

« Every Girl Can » est un projet quinquennal visant à améliorer l’égalité entre les sexes et à concrétiser le droit des adolescentes et des jeunes femmes (âgées de 8 à 24 ans) de vivre à l’abri de la violence sexuelle et fondée sur le genre ainsi que de la discrimination. Il est mis en œuvre par World Vision, Action Aid et HOPEM avec le soutien d’Affaires mondiales Canada.

World Vision Canada_Sinoca_Chaque fille peut

Sinoca, participante au programme « Every Girl Can ». (Crédit photo : World Vision Mozambique)

Des espaces sécuritaires qui favorisent la santé et l’expression

Sinoca, une participante aux clubs communautaires pour filles, revient sur sa transformation personnelle:

« Avant de me joindre au club, ma compréhension de la santé sexuelle et reproductive était très limitée. Je n’avais pas l’impression d’avoir mon mot à dire dans mes propres relations. Mon chum était violent, et je me sentais souvent forcée de faire des choses que je ne voulais pas. Mais les séances du club m’ont aidée à comprendre mes droits. J’ai trouvé le courage de lui en parler, et maintenant, il respecte mes décisions. C’est un énorme changement pour moi. »

Vision Mondiale du Canada_Elizabete_Chaque-fille-peut

Elizabete, participante au programme « Every Girl Can ». (Crédit photo : World Vision Mozambique)

L’expérience de Sinoca met en évidence comment des espaces sécuritaires et adaptés au contexte local, animés par des facilitatrices qualifiées, permettent aux adolescentes et aux jeunes femmes d’acquérir des connaissances et des compétences de vie, ainsi que d’exercer leur autonomie pour prévenir la violence sexuelle et sexiste et y faire face. Dans un pays où près d’une femme sur quatre déclare être victime de violence de la part de son partenaire intime, ces changements sont essentiels pour améliorer les résultats en matière de santé publique et faire progresser la justice de genre.

Au-delà de la santé et des droits sexuels et reproductifs, ces clubs servent de plateformes d’expression et de leadership.

« Ce n’est pas seulement un endroit où l’on écoute », explique Sinoca. « On nous encourage à prendre la parole, à nous faire entendre. J’ai appris à m’exprimer en public, à faire valoir mes droits et à me protéger contre les violations. C’est un espace de force et de liberté — je vois à quel point cela change la vie de tant d’entre nous. »

Pour Saquina, 21 ans, le projet a été source d’une autonomisation similaire:

« Je suis reconnaissante pour ces séances. Je peux maintenant parler avec confiance de mon corps, de mes droits et de ma liberté sexuelle — surtout au sein de ma relation. »

Ces clubs ancrés localement ne se contentent pas de fournir de l’information aux jeunes femmes — ils modifient les rapports de force en favorisant l’autodéfense, la solidarité entre pairs et la transformation communautaire.

De l’information à l’accès

Every Girl Can ne se contente pas de transmettre des connaissances. Les clubs facilitent l’orientation vers des services de santé adaptés aux jeunes et tenant compte des questions de genre au sein de la communauté, grâce à des partenariats avec le ministère de la Santé et du Bien-être social du district. Elizabete, 24 ans, a découvert la planification familiale et les différentes méthodes contraceptives offertes dans les centres de santé grâce aux clubs.

World Vision Canada_Egnes_Every Girl Can

Egnes, animatrice d’un club pour filles dans le cadre du programme « Every Girl Can ». (Crédit photo : World Vision Mozambique)

« Après les séances, je me suis rendue au centre de santé et j’ai choisi la méthode contraceptive qui me convenait », raconte Elizabete. « Avant de rejoindre le club, j’avais peur à cause des mythes qui circulaient dans la communauté. »

L’amélioration de l’accès à la contraception par l’entremise des clubs contribue à combler l’écart de 29 % en matière de besoins non comblés en matière de planification familiale dans le pays.

Un environnement favorable favorise la santé des jeunes femmes

Sinoca et Elizabete invitent les parents, les dirigeants et les responsables communautaires à encourager les jeunes femmes à participer aux clubs et à d’autres activités où elles peuvent obtenir de l’information utile qui favorise leur santé et leur bien-être.

Egnes, une mentore de l’un des clubs de filles, estime que « si nous travaillons ensemble, nous pouvons promouvoir la santé des filles et des femmes, réduire la violence familiale et garantir davantage de possibilités aux filles ».

Les espaces sécuritaires « Every Girl Can » permettent aux adolescentes de faire valoir leurs droits, de façonner leur avenir et de tenir les systèmes responsables de répondre à leurs besoins. En investissant dans des espaces sécuritaires animés par la communauté et dans une éducation axée sur les droits, nous renforçons les structures locales qui favorisent l’égalité des sexes et garantissent à chaque fille la possibilité non seulement de survivre, mais aussi de s’épanouir. Lorsque les filles s’épanouissent, ce sont des communautés entières qui s’épanouissent avec elles — et l’avenir devient alors synonyme de justice, de dignité et d’un potentiel inépuisable.