Fadumo met tout son cœur à son travail
En tant que travailleuse de la santé auprès des familles déplacées en Somalie, Fadumo a régulièrement le cœur brisé. Malgré tout, elle est déterminée à aider — et elle constate des progrès.
Écrit par Katie Hackett
le 7 avril 2024
Une décennie s’est écoulée depuis que Fadumo a commencé à travailler comme intervenante en santé communautaire à la clinique de santé maternelle et infantile Tawfiq, à Baidoa, en Somalie. Cet établissement vient en aide aux personnes déplacées à l’intérieur du pays — des familles contraintes de quitter leur foyer en raison des conflits et de la sécheresse.
Bien qu’elle n’ait jamais vécu dans un camp de déplacés, la vie de Fadumo a été marquée par les mêmes vagues de conflits qui touchent ceux qu’elle aide aujourd’hui. Elle connaît bien la réalité de ces déplacements incessants à la recherche de sécurité et de stabilité.
Née et élevée à Baidoa, la capitale de l’État du Sud-Ouest de la Somalie, Fadumo se souvient d’une vie agréable avant que la guerre n’éclate en 1991. « Nous formions une famille heureuse », dit-elle. « C’est là que tout a changé, pour le pire. »
Depuis lors, les conflits se sont succédé, dans un état de changement constant. Mais ce travail, que Fadumo accomplit depuis 2015, donne un sens à sa vie.
Rendre hommage aux travailleurs de la santé comme Fadumo à l’occasion de la Journée mondiale de la santé
La Journée mondiale de la santé est célébrée chaque année le 7 avril. Cette année, le thème porte sur la santé maternelle et néonatale, avec une campagne exhortant les gouvernements et la communauté de la santé à redoubler d’efforts pour mettre fin aux décès évitables chez les mères et les nouveau-nés, et à donner la priorité à la santé et au bien-être à long terme des femmes.
La situation sanitaire précaire des femmes et des enfants déplacés en Somalie pèse lourdement sur le cœur de Fadumo.
« Ça me brise le cœur de voir les conditions dans lesquelles vivent les personnes déplacées à l’intérieur du pays, surtout en tant que mère, quand je vois d’autres mères mener une vie aussi difficile », confie Fadumo. Certaines situations d’urgence lui reviennent à l’esprit — comme lorsqu’elle a trouvé des femmes en agonie après trois jours de travail prolongé, et qu’elle a dû s’empresser de les transporter à la clinique. « Dans le cadre de mon travail, je suis témoin de nombreuses situations qui me laissent un sentiment de grande tristesse et de désespoir. »
Son rôle d’agente de santé communautaire procure à Fadumo un sentiment d’épanouissement, car c’est une façon d’aider les autres. Trois fois par semaine, elle se rend dans la communauté pour sensibiliser les parents à la santé et à la nutrition, faire connaître les campagnes de vaccination et informer la population sur les services offerts. Grâce à son travail, la fréquentation de la clinique a augmenté. Les mères savent qu’elles peuvent amener leurs enfants pour des examens de santé réguliers — ce qui permet de dépister la malnutrition et d’autres problèmes avant qu’il ne soit trop tard.
De meilleurs établissements et services de santé grâce à un partenariat canadien
Aujourd’hui, c’est le jour de la distribution à la clinique. Les parents dont les enfants ont subi un dépistage et chez qui une malnutrition a été diagnostiquée sont maintenant sur place pour renouveler leur stock d’ aliments thérapeutiques prêts à consommer. Cette pâte d’arachide riche en nutriments sert à traiter les enfants atteints de malnutrition aiguë grave, et elle sauve véritablement des vies.
La clinique est gérée par Vision Mondiale, avec le soutien d’Affaires mondiales Canada. Fadumo explique que l’établissement a évolué au fil des ans — des améliorations rendues possibles grâce à un financement et à un soutien continus. Autrefois, la structure était de fortune et temporaire. Il n’y avait ni sièges, ni abri contre le soleil, malgré la chaleur extrême.
« L’autre changement que j’ai constaté au fil du temps, c’est la disponibilité des fournitures, tant en matière d’équipement médical que non médical », dit-elle. Elle se souvient de l’époque où ils n’avaient ni médicaments ni trousses de prophylaxie post-exposition (PPE) pour les survivantes de violence sexuelle.
Aujourd’hui, Dieu merci, ils sont mieux équipés et mieux formés. Les conditions sur place restent difficiles et les besoins sont toujours immenses, mais grâce au dévouement et à l’ingéniosité de personnes comme Fadumo, ainsi qu’au soutien de partenaires engagés, il y a des progrès à célébrer.
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