Rétrospective de l’année 2024 : les défis liés à la protection des enfants ont persisté
En 2025, World Vision Canada poursuit son action sans relâche grâce au soutien de ses donateurs.
Écrit par World Vision Canada
le 17 juillet 2025
La protection de l’enfance menacée par les conflits, les changements climatiques et la hausse des coûts
La multiplication des conflits majeurs, l’augmentation des catastrophes climatiques et la crise économique persistante ont continué de créer des conditions qui menacent la survie et le bien-être des enfants en 2024. La crise alimentaire et nutritionnelle mondiale, conjuguée aux conflits localisés et aux chocs climatiques, aggrave la grave pauvreté alimentaire chez les enfants (c’est-à-dire le manque d’accès à une alimentation nutritive et variée et l’impossibilité d’en consommer), en particulier dans les pays fragiles. On estime que la faim coûte la vie à 10 000 enfants chaque jour. La flambée des prix des aliments, du carburant et des engrais ne fait qu’exacerber les problèmes auxquels les familles sont confrontées.
Les familles et les communautés marginalisées sont contraintes de faire des choix difficiles et dangereux qui ont des conséquences profondes sur le bien-être des enfants, aujourd’hui et à l’avenir. Parmi ces choix figurent le travail des enfants, la mendicité, le décrochage scolaire, l’exploitation sexuelle et le mariage des enfants, utilisés comme mécanismes d’adaptation pour échapper à la faim. Dans les pays les moins avancés, un peu plus d’un enfant sur cinq (âgé de 5 à 17 ans) est engagé dans un travail considéré comme préjudiciable à sa santé et à son développement. Moins de 35 % des enfants auraient accès à des systèmes de protection sociale. De ce fait, les familles sont contraintes de recourir à ces mécanismes d’adaptation néfastes pour survivre à de graves privations matérielles.
Bien que certains progrès aient été réalisés pour prévenir des formes spécifiques de violence envers les enfants, telles que les châtiments corporels et la traite, les progrès globaux sont au point mort. Certaines formes de violence envers les enfants — notamment la violence familiale, le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines et le travail des enfants — risquent de s’aggraver après la pandémie. Face à la crise alimentaire, quatre millions de filles ont été contraintes de se marier précocement pour aider leur famille en 2022 — ce qui représente déjà une augmentation de près de 50 % en moins d’un an.
En Haïti, l’ONU estime que 30 à 50 pour cent des membres des groupes armés sont des enfants. Ceux-ci sont victimes de coercition, d’abus et d’exploitation découlant de la fragilité sociale, économique et politique persistante causée par la violence qui sévit dans certaines régions du pays.
Bien qu’un nombre croissant de pays interdisent les châtiments corporels infligés aux enfants à la maison, près de 400 millions d’enfants de moins de cinq ans — soit six enfants sur dix dans cette tranche d’âge à l’échelle mondiale — subissent régulièrement des agressions psychologiques ou des châtiments corporels à la maison.
La participation et l’autonomisation sont essentielles à la protection et au bien-être des enfants
Bien que les enfants souhaitent participer activement à leur propre vie et à leur milieu social, ils sont souvent privés de toute capacité d’agir et d’influencer les décisions qui les concernent. C’est particulièrement le cas des filles. De manière générale, les filles sont exclues des prises de décision concernant l’alimentation et la nutrition, l’accès aux ressources et les questions liées à leur santé, y compris la santé sexuelle. Renforcer la participation et l’autonomisation des femmes et des filles améliore leur protection, car elles ont ainsi accès à des renseignements essentiels sur les risques auxquels elles sont exposées, leurs droits et leurs besoins. Cela leur permet de subvenir à leurs propres besoins et d’aider leurs communautés à lutter contre les normes sociales néfastes qui perpétuent la violence fondée sur le genre.
Dans les communautés où nous intervenons, les enfants ayant un handicap sont les plus vulnérables. Pourtant, ce sont eux qui sont les plus invisibles, pour des raisons largement liées aux normes socioculturelles et aux croyances concernant les personnes ayant un handicap. L’UNICEF estime qu’aujourd’hui, près de 240 millions d’enfants dans le monde, soit un sur dix, sont atteints d’une forme quelconque de handicap. Cela risque de limiter leur participation et peut les rendre plus vulnérables aux abus.
Les enfants veulent que leur voix soit entendue et peuvent jouer un rôle important en tant qu’acteurs du changement. La participation active des enfants et des jeunes aux activités de plaidoyer et aux campagnes est essentielle pour promouvoir la réforme, la mise en œuvre et le suivi des politiques. Grâce à des décennies de travail, nous savons que la participation des jeunes garantit de meilleurs résultats non seulement pour les enfants et les jeunes, mais aussi pour l’ensemble de la communauté.
Felex (Felisberto) a 10 ans et est en 3e année. Il dit que l'échange de cartes renforce l'amitié.
La réponse de Vision Mondiale du Canada
Malgré les défis persistants, World Vision Canada et nos donateurs continuent de travailler à la protection des enfants. Nous agissons à l’échelle des ménages, des communautés et du système. Cela prend diverses formes, allant du renforcement de la capacité des responsables à s’acquitter de leurs obligations en matière de protection de l’enfance à la lutte contre les causes profondes de la violence envers les enfants.
En 2024, voici quelques-uns de ces résultats positifs:
- 486 328 personnes — soit 54 669 enfants et 431 659 adultes — ont reçu une formation sur la protection de l’enfance, notamment sur la parentalité positive, les droits des enfants et le mariage précoce.
- 3 328 partenaires locaux, notamment des organismes communautaires, des églises et des groupes confessionnels, ont participé à nos programmes visant à renforcer les communautés, tandis que 6 679 chefs religieux et représentants d’organismes confessionnels s’efforçaient de s’attaquer aux causes profondes de la vulnérabilité des enfants.
- 22 712 cas liés à la protection de l’enfance, notamment des situations de maltraitance ou de négligence, ont été identifiés, suivis et orientés vers les services appropriés au besoin.
REMARQUE: Ce texte est adapté du Rapport annuel des résultats 2024 de World Vision.