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Le « Girls Power Group » en première ligne dans la lutte contre le mariage d'enfants

Le projet de lutte contre la traite des enfants mené par World Vision a permis d’empêcher 13 mariages d’enfants rien qu’au cours des deux premiers mois de la pandémie.

Écrit par Deborah Wolfe

le 9 septembre 2020

Au cours des deux premiers mois du confinement en Inde, le projet de lutte contre la traite des enfants mené par World Vision dans l’État du Bengale-Occidental a permis d’empêcher 13 cas de mariages d’enfants.

Dans l’un de ces cas, l’équipe de World Vision est arrivée sur place quelques minutes à peine avant que le mariage ne soit officialisé. La jeune fille de 14 ans était en train d’être discrètement habillée et maquillée pour son mariage. Dans quelques instants, elle aurait été présentée à son futur mari – un homme qu’elle n’avait jamais rencontré. Quelques jours plus tard, le personnel de World Vision Inde a reçu un autre appel – cette fois, une jeune fille de 17 ans devait se marier.

C’est là qu’interviennent les « Hena Girls »

Peu de mariages auraient pu être empêchés sans les véritables héroïnes de cette histoire: les membres de groupes locaux de bénévoles et de protection de l’enfance, comme le « Hena Girls Power Group ». Ces groupes sont encadrés par le personnel de World Vision et se réunissent régulièrement. Les participantes y apprennent les droits des enfants et l’importance de les protéger. Elles découvrent également le numéro de la ligne d’assistance gouvernementale à composer lorsqu’un enfant est en danger.

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Un groupe de jeunes filles indiennes est assis en demi-cercle sur des nattes posées à même le sol.

« Les filles de Hena et les membres d’autres groupes communautaires sont souvent les premiers à repérer les familles vulnérables au sein de leur communauté – et les filles en danger immédiat », explique Sandip Bhowmick, de World Vision Inde, spécialiste de la prévention du mariage d’enfants et de la traite des personnes. « Dès qu’il se passe quelque chose, elles nous appellent pour nous en informer. »

Lorsqu’il s’agit de mettre fin aux mariages forcés, les groupes d’autonomisation des filles assurent des fonctions de renseignement, de reconnaissance et de communication. Elles restent à l’affût des conversations au sein de la communauté. Elles se confient mutuellement sur ce qui se passe chez elles. Elles entendent les adultes discuter la nuit des projets concernant leurs sœurs – ou elles-mêmes.

Et vous ne trouverez probablement nulle part ailleurs dans le monde de plus ardentes défenseuses des droits des filles. Souvent, les membres du groupe se joignent au personnel de World Vision pour rencontrer les parents qui ont choisi de retirer leurs filles de l’école pour les faire travailler.

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Un groupe de jeunes filles indiennes se tient debout, le pouce levé, avec deux hommes de chaque côté

En Inde, le mariage d’enfants est malheureusement monnaie courante, même en temps normal. Mais la pandémie de COVID-19 et le confinement ont contraint tant World Vision que les petits groupes communautaires à redoubler de vigilance. Le groupe local MenCare – un rassemblement d’hommes qui s’entraident pour devenir des maris et des pères meilleurs et plus attentionnés – reste lui aussi sur le qui-vive.

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Un groupe d'hommes indiens est assis sur des nattes posées à même le sol.

« Lorsqu’on nous appelle pour signaler qu’un enfant risque d’être marié de force, notre première question est: “Avez-vous informé Childline?” », explique Sandip, en faisant référence à la ligne d’aide téléphonique pour les enfants en Inde. « De cette façon, la pression sur la police est plus forte pour qu’elle donne également suite à l’appel. Nous accompagnons la police pour régler le dossier ou empêcher le mariage d’avoir lieu. Nous avons dû redoubler de prudence pendant la pandémie, afin d’agir sans attirer de foule en période de COVID-19. »

Selon Childline, la ligne d’aide a reçu plus de 92 000 appels concernant la protection des enfants et la violence au cours des 11 premiers jours du confinement seulement. La protection contre la maltraitance peut concerner la violence psychologique, sexuelle et physique, la traite, l’abandon et le mariage d’enfants. Et cela ne concerne que les enfants qui connaissaient l’existence de la ligne d’aide, comprenaient la nécessité d’appeler ou pouvaient se procurer un cellulaire à temps.

Le défi des mariages en période de COVID

Les mariages d’enfants en Inde sont en hausse pendant la pandémie de coronavirus. Dans certains cas, les familles n’avaient pas envisagé de marier leurs filles alors qu’elles étaient encore trop jeunes. Mais les réserves de nourriture se sont épuisées et il n’y avait plus d’argent pour en acheter davantage.

L’attrait indéniable d’organiser un petit mariage conforme aux règlements liés à la COVID-19, plutôt qu’un mariage grandiose comme en d’autres temps, est également un facteur. Dans le cadre du système de dot, les attentes imposées aux familles des mariées de payer pour de grands mariages peuvent être accablantes pour les familles pauvres. Cela s’ajoute à la dot proprement dite à verser à la famille du marié, dont le montant augmente généralement à mesure que la jeune fille grandit.

Récemment, l’ONU a signalé que les progrès réalisés dans la prévention du mariage d’enfants dans des pays comme l’Inde étaient en train de s’inverser, en raison des défis accumulés par la pandémie mondiale et les mesures de confinement. Les gouvernements, les groupes communautaires et les équipes de Vision Mondiale ont donc du pain sur la planche.

Contribuer à rendre le mariage moins nécessaire

En plus d’intervenir pour empêcher les mariages et d’offrir des services de counseling aux familles, World Vision Inde travaille sans relâche pour soutenir les familles pendant la pandémie de la COVID-19. Une situation familiale difficile et précaire persistera tant que ces familles ne recevront pas d’aide. Dans certains cas, les enfants s’enfuient, s’exposant ainsi à la menace constante des trafiquants d’enfants.

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Un Indien est assis sur le bord d’un bateau surchargé de sacs blancs remplis de fournitures d’urgence.

Les équipes de World Vision Inde continuent de travailler sans relâche pour apporter aide et soutien aux enfants et à leurs familles confrontés à des situations insoutenables. Rien qu’au cours des trois premiers mois de la pandémie de COVID-19, elles ont fourni:

  • des bons d’achat à 559 545 personnes, ce qui permet aux parents de nourrir leurs enfants tout en stimulant l’économie locale
  • une aide alimentaire à 419 046 personnes pour subvenir aux besoins de leur famille
  • 518 628 masques aux communautés, aux travailleurs de la santé et aux établissements de santé
  • à 706 937 personnes des renseignements par le biais de campagnes de prévention contre la COVID-19
  • un soutien à 75 545 enfants grâce à des programmes de protection de l’enfance

Afin de défendre les enfants victimes de toutes les formes de maltraitance, y compris le mariage d’enfants, World Vision Inde exhorte le gouvernement indien à prendre des mesures spéciales pour protéger les enfants pendant la crise de la COVID-19. Voici quelques-unes de leurs recommandations, pour n’en citer que quelques-unes:

  • Donner la priorité aux enfants les plus vulnérables et les identifier, notamment les enfants des travailleurs à la journée qui sont désormais sans emploi
  • Diffuser des messages de sensibilisation adaptés aux enfants, afin de prévenir la maltraitance des enfants en détresse en raison de la COVID-19
  • Offrir des services essentiels et un soutien pour trouver des moyens de subsistance de rechange aux familles

Une étude de World Vision avertit que quatre millions de filles supplémentaires risquent d’être victimes d’un mariage précoce au cours des deux prochaines années en raison de la pandémie de COVID-19. Ces enfants font face à de graves menaces, mais ils possèdent une force et une résilience incroyables pour surmonter ces épreuves difficiles, survivre, se remettre sur pied et se bâtir un nouvel avenir. Découvrez comment vous pouvez aider les enfants à passer du statut de victime à celui de survivante — et de survivante à celui de vainqueuse.