Violence fondée sur le genre : faits et moyens d’aider
Les femmes et les enfants sont touchés de manière disproportionnée par la violence fondée sur le genre. Nous prenons des mesures partout dans le monde pour lutter contre ce fléau. Découvrez comment vous pouvez apporter votre aide.
Écrit par Michelle Plett
le 30 janvier 2020
Les filles naissent avec les mêmes droits, accordés par Dieu, que les garçons, et cela a de l’importance – partout dans le monde. Les sociétés où l’égalité entre les sexes est plus grande bénéficient d’un développement plus durable, d’une croissance économique plus rapide et de meilleures perspectives d’avenir pour leurs enfants. Pourtant, dans de nombreux endroits, la discrimination et la violence à l’égard des filles et des femmes sont encore monnaie courante. La discrimination qui entrave gravement la capacité d’une femme à jouir de ses droits et libertés sur un pied d’égalité avec les hommes, quelle qu’en soit la forme, est qualifiée de violence fondée sur le genre et constitue un problème de plus en plus grave à l’échelle mondiale ( CEDAW ).
Il est important de noter que la violence fondée sur le genre touche de manière disproportionnée les filles, mais que les garçons en subissent également les conséquences, car ils en sont témoins.
Apprenez-en davantage sur ce sujet et découvrez comment vous pouvez contribuer à lutter contre la violence fondée sur le genre.
Qu’est-ce que la violence fondée sur le genre?
Selon l’ONU, la violence fondée sur le genre peut être définie comme « les actes qui infligent des dommages ou des souffrances physiques, psychologiques ou sexuels, les menaces de tels actes, la contrainte et toute autre forme de privation de liberté ». La violence fondée sur le genre est un problème mondial aux proportions épidémiques. Elle touchera une femme sur trois au cours de sa vie. La violence envers les femmes et les filles se produit partout, sans distinction de race, de situation sociale ou de revenu.
Si l’on élargit encore cette définition, la violence fondée sur le genre peut également être définie comme « les attitudes traditionnelles selon lesquelles les femmes sont considérées comme subordonnées aux hommes. Elle inclut également les rôles stéréotypés qui perpétuent des pratiques répandues impliquant de la violence ou de la coercition, telles que la violence familiale et les mauvais traitements. De plus, les mariages forcés, les décès liés à la dot, les attaques à l’acide et l’excision » ( ONU Femmes ).
Kajal, victime d’abus sexuels pendant son enfance, a trouvé refuge dans un club pour enfants mis sur pied par World Vision. L’organisation s’implique activement dans le renforcement des capacités et l’autonomisation des enfants afin de mettre fin à la violence envers les enfants. Photo : World Vision Inde
En période de conflit, la violence fondée sur le genre peut également servir d’arme de guerre. Dans les contextes fragiles marqués par une guerre ou une crise, le mariage précoce est considéré comme un moyen légitime de protéger les filles dans un environnement par ailleurs hostile. Lorsque les gens ont été contraints de quitter leur foyer, il vaut mieux pour une fille de bénéficier de la protection de son mari que de risquer d’être victime d’agressions physiques ou sexuelles de la part d’inconnus dans les camps de réfugiés ou les campements informels.
Beaucoup de filles et de femmes ne signalent pas ce qui leur arrive. Certaines craignent les répercussions. D’autres n’ont personne pour les écouter. D’autres ont vu leur propre mère subir la violence en silence. Et, dans certains pays, ce type de violence est présenté comme normal au sein des familles et des communautés. Ainsi, les statistiques dont nous disposons ne concernent que les cas signalés et, dans de nombreuses régions, elles ne reflètent pas la réalité.
C’est pourquoi il est essentiel que nous y prêtions attention.
Quels sont les types de violence fondée sur le genre?
Il existe de nombreux types de violence fondée sur le genre. Comme défini précédemment, elle peut se manifester sous forme de violence physique, de violence psychologique et de violence économique. Ces formes ne se limitent pas à ce qui est défini ci-dessus. La définition englobe également: les mariages internationaux abusifs, la violence familiale, la maltraitance des aînés, les mariages forcés, la violence liée au VIH et la violence entre partenaires intimes, l’homicide, la violence entre partenaires intimes au sein de la communauté LGBTQ+, la violence sexuelle et la traite des personnes.
Bien que la violence fondée sur le genre puisse toucher toutes les personnes, elle touche principalement les femmes et les filles.
Afin de lutter contre la violence sexuelle et sexiste et d’apporter un soutien aux survivantes au Soudan du Sud, World Vision a formé un groupe de bénévoles et de leaders communautaires pour qu’ils organisent des activités de sensibilisation au sein de la communauté et qu’ils offrent un accompagnement aux familles qui ont subi ou été témoins de vi
Quelles sont les répercussions de la violence fondée sur le genre?
La violence envers les femmes et les filles est l’une des violations des droits de la personne les plus répandues au monde. À l’échelle mondiale, on estime qu’une femme sur trois sera victime de violence sexiste au cours de sa vie. La violence sexiste peut porter atteinte à la santé, à la dignité, à la sécurité et à l’autonomie de ses victimes.
Selon la Banque mondiale:
- 35 % des femmes dans le monde ont été victimes de violence physique et/ou sexuelle de la part d’un partenaire intime ou de violence sexuelle de la part d’une personne autre que leur partenaire.
- À l’échelle mondiale, 7 % des femmes ont été victimes d’agression sexuelle de la part d’une personne autre que leur partenaire.
- À l’échelle mondiale, jusqu’à 38 % des meurtres de femmes sont commis par un partenaire intime.
- 200 millions de femmes ont subi des mutilations génitales féminines.
Avec près de 3,7 milliards de femmes et de filles dans le monde (2019), un milliard de femmes pourraient être touchées au cours de cette génération. Cela équivaut à la population totale du continent africain.
La violence fondée sur le genre ne connaît pas de frontières. Toute fille ou femme peut en être victime, peu importe où et comment elle vit. Mais le problème peut être particulièrement grave dans les régions où les femmes ont moins de pouvoir social et économique, ou là où les lois qui les protègent ne sont pas appliquées.
La pauvreté, l’instabilité et le manque d’éducation peuvent contribuer à perpétuer la violence fondée sur le genre. Ces facteurs sont souvent particulièrement répandus dans les pays en développement. Des estimations mondiales récentes indiquent que 700 millions de filles ont été mariées avant l’âge de 18 ans — souvent contre leur gré. Les jeunes mariées sont souvent exposées à des abus physiques et sexuels.
Agnes pose pour un portrait lors d’une séance de musicothérapie destinée aux victimes de violence sexiste. Ce programme est mis en œuvre dans les locaux de World Vision à Beni, en République démocratique du Congo. « Ce programme m’a aidée à panser mes blessures émotionnelles. Avant, j’aurais pu me faire frapper… »
Parfois, la violence fondée sur le genre a pour but de tuer. On estime à 87 000 le nombre de femmes tuées intentionnellement en 2017. Plus de la moitié d’entre elles ont été assassinées par leur partenaire intime ou par des membres de leur propre famille.
Ce problème est non seulement dévastateur pour les survivantes de la violence et leurs familles, mais il entraîne également des coûts sociaux et économiques considérables. La violence faite aux femmes et l’autonomisation économique des femmes, bien que leur lien ne soit pas linéaire, sont étroitement liées.
Une étude réalisée par ONU Femmes indique que la réduction de la violence faite aux femmes a des répercussions positives globales, tant sur leur vie personnelle que sur leur rendement au travail. La violence sexiste affecte considérablement la confiance en soi de la victime, ses chances de poursuivre ses études ou sa capacité à s’épanouir en milieu de travail. Elle réduit également de façon significative la productivité des entreprises. On observe un taux de roulement de personnel plus élevé, une baisse de la productivité et une augmentation de l’absentéisme.
Cela affecte également les générations suivantes, les enfants étant plus susceptibles de devenir violents plus tard dans leur vie, d’avoir des revenus plus faibles et d’afficher un rendement moindre au travail.
Vous pouvez en savoir plus sur la violence fondée sur le genre et ses répercussions ici.
Sirajul, un garçon de 13 ans vivant dans un camp de réfugiés rohingyas au Bangladesh, a participé, avec 20 autres garçons, à un cours de deux jours organisé par World Vision sur la prévention de la violence fondée sur le genre. Ils ont appris comment les inégalités entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les garçons et les filles, contribuent à…
Quelle est l’approche de Vision Mondiale en matière de violence fondée sur le genre?
World Vision intègre l’égalité entre les sexes dans tous les aspects de ses programmes afin de lutter contre la violence fondée sur le genre et de la prévenir. Pour que le travail de développement porte ses fruits, tous les membres d’une communauté doivent devenir des partenaires à part entière dans la transformation des croyances et des pratiques discriminatoires.
Dans de nombreux endroits où nous intervenons, les membres de la communauté accordent leur confiance aux paroles des chefs religieux locaux. C’est pourquoi nous travaillons en partenariat avec des pasteurs, des imams et d’autres chefs religieux, afin qu’ils agissent comme catalyseurs pour changer les attitudes et les comportements néfastes au sein de leurs communautés.
Cette approche s’est avérée essentielle pour dissiper les idées fausses largement répandues sur le VIH et le sida, par exemple. Elle a également contribué à renverser les croyances et pratiques discriminatoires préjudiciables aux filles et aux femmes.
En engageant les chefs religieux dans un dialogue respectueux au sujet de leur culture, nous nous attachons délibérément à valoriser les aspects culturels susceptibles d’avoir un impact positif sur les communautés. En revanche, nous remettons en question ceux qui renforcent les déséquilibres de pouvoir entre les hommes et les femmes, ou qui nuisent à un enfant, le restreignent ou le rabaissent.
En sensibilisant les chefs religieux aux enjeux liés au genre et en mettant l’accent sur les talents uniques et le rôle important des femmes au sein des familles et des communautés, nous contribuons à l’autonomisation des femmes et des filles. Nous leur donnons les moyens d’influencer leur propre avenir. Davantage de filles ont ainsi la possibilité d’aller à l’école et de poursuivre leurs études.
Smirna fait partie des 24 femmes et jeunes filles qui participent chaque semaine aux cours de couture offerts au Centre pour la paix des femmes, géré par World Vision. Bon nombre d’entre elles profitent également des services de soutien psychologique destinés aux survivantes de la violence sexiste. Photo : Ka