Du Kenya à l’Australie : l’histoire d’un parrainage qui boucle la boucle
À quoi ressemble la vie après le parrainage? Découvrez l’histoire de Nancy et voyez ce qu’elle a accompli grâce à l’aide de sa marraine, Georgie.
Écrit par Melanie Ramos
le 14 mai 2026
La petite enfance de Nancy
Tous les enfants méritent une enfance heureuse, riche en possibilités et en stabilité. Pourtant , la pauvreté et l’inégalité entre les sexes privent souvent les enfants de nourriture, d’eau et de soins de santé. Cela transforme la vie en une lutte qu’aucun enfant ne devrait jamais avoir à mener.
Enfant au Kenya, Nancy n’a pas pu profiter des joies de l’enfance. Ses parents se sont séparés alors qu’elle était encore toute petite. Sa mère s’est remariée et a déménagé toute la famille pour aller vivre chez son nouveau mari, dans une hutte traditionnelle sans eau courante. L’eau qu’ils buvaient était brune comme du thé et provenait d’un étang.
Dans sa nouvelle communauté, Nancy a dû apprendre la langue, la culture et les traditions masaï pour s’en sortir. On s’attendait également à ce qu’elle s’occupe du bétail de la famille — des bovins, des moutons et des chèvres, par centaines. Elle passait ses journées à veiller à ce que les animaux soient bien soignés et heureux, tandis que ses propres rêves restaient en suspens.
Grandir sans réseau de soutien
Nancy a constaté que les femmes et les filles effectuaient un travail éreintant au sein de leur communauté. Elles marchaient jusqu’à 10 kilomètres chaque jour pour aller chercher de l’eau pour leur famille. Elles s’occupaient de leurs troupeaux, mais n’avaient pas leur mot à dire sur la façon dont les animaux étaient utilisés ou vendus. La plupart des filles étaient mariées dès l’adolescence.
Nancy a sans doute souvent pensé que sa vie allait prendre la même tournure.
Même si Nancy allait à l’école, son beau-père ne l’encourageait pas. En fait, il refusait de lui acheter un uniforme scolaire pour la dissuader d’y aller. Nancy sentait que le problème dépassait le cadre de son foyer et s’étendait à toute la communauté. En général, on n’encourageait pas les filles à aller à l’école, malgré ses bons résultats scolaires.
« Une fille était considérée — et l’est peut-être encore — comme inférieure à un garçon », a déclaré Nancy.
Mais Nancy a refusé de cacher son propre talent pour laisser les autres élèves briller. « Comme j’étais la meilleure à l’école, [la communauté se plaignait] que les enseignants additionnaient toutes les notes des garçons à celles de “cette fille” », se souvient Nancy. « Je n’étais pas censée être brillante, plus brillante que les garçons. »
Elle a continué à faire face à des défis à l’école en raison de son sexe. À mesure qu’elle grandissait, de plus en plus de filles quittaient l’école pour se marier. À l’âge de 15 ans, Nancy était la seule fille restante dans sa classe.
Sans le soutien de sa famille et de sa communauté, Nancy aurait facilement pu renoncer à terminer ses études. Mais Nancy aspirait à davantage pour elle-même. Elle voulait obtenir son diplôme d’études secondaires et éviter de devenir, plus tard, celle qui va chercher l’eau pour sa propre famille.
Grâce à Georgie, elle y est parvenue.
L’enfance de Nancy a été difficile, mais le soutien de Georgie lui a donné le courage dont elle avait besoin pour tenir bon. (Photo : Robert Coronado)
Nancy reçoit un cadeau qui va changer sa vie
Notre histoire nous emmène en Australie, où Georgie, âgée de 20 ans, vivait avec ses parents. Un jour, elle a regardé un documentaire de World Vision et a été émue au point de décider de parrainer un enfant. Elle n’a parlé à personne de ce qu’elle avait fait. Elle n’a pas non plus demandé la permission. Mais lorsqu’elle a reçu la photo et la lettre de Nancy par la poste, elle a su qu’elle avait pris la bonne décision.
Des décennies plus tard, nous avons interrogé Georgie sur son expérience de parrainage. « C’était simplement une question de générosité », a répondu Georgie avec simplicité, « et j’espérais pouvoir faire une différence. »
L’une des premières choses que Nancy a reçues en tant qu’enfant parrainée par Georgie était un nouvel uniforme scolaire. C’était son premier en trois ans.
Nancy se souvenait du moment où elle avait ouvert le colis. « J’étais tellement excitée! », a-t-elle dit. Les mots se sont coincés dans sa gorge alors qu’elle se mettait à pleurer. « Parce que quelqu’un avait pris la peine de m’acheter un uniforme. »
Georgie a continué d’envoyer à Nancy des lettres et des photos de sa vie quotidienne, accompagnées de messages d’espoir et d’encouragement. Ces lettres étaient une bouée de sauvetage pour la jeune Nancy.
En grandissant, on lui avait fait croire qu’il y avait quelque chose qui clochait chez elle parce qu’elle aspirait à plus dans la vie. Georgie a changé cette façon de voir les choses.
« J’avais l’impression qu’il y avait quelqu’un quelque part qui se souciait de moi », a déclaré Nancy. « Qui ne me jugeait pas. Et qui s’intéressait à moi. »
Georgie (à droite) n’avait que 20 ans lorsqu’elle a décidé de parrainer Nancy. Lorsqu’elle a reçu par la poste la photo et la première lettre de Nancy, elle a su au fond de son cœur qu’elle avait pris la bonne décision. (Photo : Robert Coronado)
Où sont Nancy et Georgie aujourd’hui?
Enfant, alors qu’elle s’occupait des animaux dans une région rurale du Kenya, Nancy rêvait d’aller à l’école. Aujourd’hui, elle est travailleuse humanitaire et détient des diplômes en médecine vétérinaire ainsi qu’en planification et gestion de projets de l’Université de Nairobi.
Ses compétences lui ont permis de diriger des interventions d’urgence en Éthiopie et au Soudan du Sud. Dans le nord du Kenya, elle a travaillé sur des programmes agricoles et d’élevage. En 2018, elle s’est jointe à une agence internationale de développement pour diriger les interventions d’urgence en Afrique de l’Est.
Malgré ses nombreuses réalisations professionnelles, Nancy est particulièrement fière d’une chose: son diplôme d’études secondaires. « Encore plus que ma maîtrise », a expliqué Nancy. « Parce que ça a été le tournant de ma vie et que ça m’a prouvé que je pouvais faire tout ce que je voulais. »
En Australie, Georgie a regardé la vidéo de Nancy avec émerveillement. « C’était plus que ce à quoi je m’attendais et plus que je n’aurais jamais pu espérer », a-t-elle dit en essuyant ses larmes.
« Oui, je sais… J’espérais au moins que j’apportais mon aide », a-t-elle poursuivi. « Mais je n’avais aucune idée de l’ampleur que cela prendrait. »
En parlant de la vidéo, Georgie a dit, les larmes aux yeux: « Merci de m’avoir montré ça. Ça m’a vraiment rendue très humble. »
Grâce au soutien que Georgie lui a apporté dès le début, la vie de Nancy et sa communauté ont connu une transformation que ni l’une ni l’autre n’aurait jamais pu imaginer. (Photo : Robert Coronado)
Le parrainage apporte un changement durable
Pour Nancy, le parrainage représentait bien plus qu’un simple uniforme scolaire. Le parrainage a été l’étincelle qui a transformé toute la collectivité. En effet, pour chaque enfant parrainé, quatre autres enfants de la collectivité en bénéficient.
Grâce au soutien de Georgie, Nancy a survécu à une enfance difficile et s’est épanouie. Grâce à de généreux parrains, 2 400 enfants de la communauté ont connu le même sort. Ensemble, ils ont contribué à apporter des changements durables à la communauté:
- Un meilleur accès à l’éducation: les enfants ont reçu des uniformes, des fournitures scolaires et des sacs à dos. Le parrainage a également permis de construire de nouvelles salles de classe et de couvrir les frais de scolarité d’élèves comme Nancy.
- Eau potable et hygiène: de nouveaux réservoirs d’eau ont été construits à l’école pour garantir aux enfants un accès fiable à l’eau potable et à des installations sanitaires.
- Santé et nutrition: le soutien apporté aux cliniques de santé a permis aux enfants de bénéficier d’examens médicaux réguliers.
- Défense des droits et protection: les enfants ont appris à connaître leurs droits et à lutter contre les inégalités. Aujourd’hui, le nombre de filles inscrites à l’école est égal à celui des garçons.
- Autonomisation économique: des programmes communautaires ont aidé les parents à acquérir des compétences précieuses pour sortir de la pauvreté, permettant ainsi à leurs enfants d’aller à l’école et de se concentrer sur leur avenir.
Tout comme Georgie, des milliers de Canadiens ont trouvé une profonde satisfaction en parrainant un enfant comme Nancy. Vous pouvez en faire autant. Partout dans le monde, des enfants attendent que quelqu’un se tienne à leurs côtés, encourage leurs rêves et les aide à apporter des changements dans leur communauté.
Parrainez un enfant par l’entremise de Vision Mondiale du Canada et aidez-le à vivre pleinement sa vie. Avec votre soutien, il pourra sortir de la pauvreté et réaliser son plein potentiel — tout comme Nancy.