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Découvrez quatre jeunes militants pour le climat qui vous donneront envie de passer à l’action

Du Kenya à la Mongolie, à l’occasion de la Journée de la Terre, découvrez ces quatre jeunes militants qui prennent les devants pour faire avancer la lutte contre les changements climatiques au sein de leurs collectivités.

Écrit par Alexis Rodrigo

le 22 avril 2022

Depuis que Greta Thunberg s’est fait connaître dans le monde entier à l’âge de 15 ans, d’autres jeunes militants pour le climat ont vu le jour partout dans le monde. Les jeunes ont désormais leur place à la table des discussions. Ils prennent la parole lors des conférences sur le climat. Ils s’adressent non seulement à leurs pairs, mais aussi aux dirigeants et aux décideurs.

Mais les jeunes militants pour le climat d’aujourd’hui ne se contentent pas de prononcer des discours publics, de manifester dans les rues ou de faire la grève scolaire. Ils prennent des mesures concrètes pour lutter contre la crise climatique. Et ils font bouger les choses. Dans cet article, vous ferez la connaissance de quatre jeunes militants pour le climat inspirants qui font une différence au sein de leurs propres communautés.

Ils ont vécu de première main les effets négatifs des changements climatiques dans leur propre vie, ainsi que dans celle d’autres enfants, de jeunes et de leurs communautés. Grâce à leur engagement, World Vision les a aidés à participer à la COP26, une conférence mondiale sur les changements climatiques, en 2021. Ils se sont rendus à Glasgow pour faire entendre leur voix. Mais ce sont leurs actions chez eux qui parlent le plus fort.

Nomundari se tient à la tribune des Nations Unies.

Nomundari, une jeune militante mongole pour le climat, s’est adressée à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2019. « Au lieu de regretter, il est important d’intensifier nos efforts en matière de protection de l’environnement », a-t-elle déclaré. (Capture d’écran d’une vidéo de Christian Kage)

Jeune militante pour le climat n° 1: Nomundari *, 16 ans, Oulan-Bator, Mongolie

Nomundari s’est passionnée pour la question des changements climatiques après que la pollution atmosphérique l’ait rendue si malade qu’elle a dû rester à l’hôpital pendant un mois.

« Le changement climatique aggrave encore le problème, car nos hivers deviennent plus froids et nous devons brûler plus de charbon pour rester au chaud », explique-t-elle. « Les gens toussent à cause du froid, puis la pollution atmosphérique aggrave la situation. Tout est lié. »

Nomundari a l’habitude de s’adresser à des adultes occupant des postes de pouvoir. En 2019, elle a pris la parole aux Nations Unies pour souligner l’importance de lutter contre les changements climatiques et d’écouter les enfants.

« Je prouve aux adultes que les enfants méritent d’être écoutés », dit-elle.

Mais Nomundari se dit frustrée: « Deux ans plus tard, peu de choses ont changé. Il y a eu quelques améliorations — l’air en Mongolie, qui m’avait autrefois envoyée à l’hôpital, est un peu plus pur. Mais des problèmes comme celui de l’eau n’ont fait que s’aggraver. »

Elle souligne que la Mongolie fait partie des 60 pays au monde dont les ressources en eau douce sont limitées. Bon nombre de ses comtés sont aux prises avec de graves problèmes de qualité de l’eau. Les concentrations élevées de calcium, de magnésium, de chlore et de sulfate dans l’eau la rendent impropre à la consommation.

Chez elle, Nomundari dirige « Fridays for Future » en Mongolie. « Fridays for Future » est un mouvement de grève pour le climat mené par des jeunes, inspiré par les grèves scolaires de Thunberg. Présent dans de nombreux pays, il vise à faire pression sur les décideurs politiques pour qu’ils prennent les mesures nécessaires contre les changements climatiques. Nomundari collabore également avec son école pour s’assurer que les déchets sont correctement triés afin d’être recyclés.

Jeunes militants pour le climat – Militantisme des jeunes pour le climat – Ruth au Kenya.

Au Kenya, le site de démonstration de Ruth aide les agriculteurs à apprendre à utiliser la régénération naturelle gérée par les agriculteurs pour produire davantage de nourriture.

Jeune militante pour le climat n° 2: Ruth*, 23 ans, comté de Baringo, Kenya

Ruth sait très bien à quel point l’aggravation de la sécheresse rend la vie difficile et dangereuse pour les enfants, en particulier les filles.

« À cause des changements climatiques, dit-elle, nous avons perdu des animaux et des récoltes, les rivières s’assèchent, les gens se déplacent d’un endroit à l’autre à la recherche de pâturages et certains meurent même de famine. »

Elle ajoute que les filles doivent marcher plus de deux milles pour aller chercher de l’eau, pour finalement rentrer à la maison et découvrir qu’il n’y a rien à manger.

Cependant, la situation a commencé à s’améliorer lorsque la communauté de Ruth a découvert la régénération naturelle gérée par les agriculteurs (FMNR). La FMNR est une méthode qui consiste à revitaliser les terres en favorisant la croissance des arbres. Il en résulte des terres plus fertiles, plus résilientes et plus productives.

La FMNR a permis à sa communauté de cultiver suffisamment de nourriture pour subvenir à ses besoins et d’en vendre une partie pour générer un revenu supplémentaire.

« Nos rivières commencent à se remplir, et les gens de ma communauté ont semé des cultures qui aident à nourrir leurs enfants », explique Ruth. « Maintenant, nous avons de quoi manger. »

Et les retombées sont stupéfiantes. « Nous ne manquons plus l’école puisque nos aidants nous fournissent suffisamment de nourriture; nos résultats scolaires se sont améliorés. Nous trouvons facilement du bois de chauffage sur la parcelle FMNR et avons suffisamment de temps pour étudier et faire nos devoirs », ajoute-t-elle.

C’est pourquoi Ruth est devenue une ambassadrice de la FMNR au Kenya. En plus de sensibiliser le public par le biais de vidéos et des médias sociaux, elle gère un site de démonstration de la FMNR où les gens peuvent en apprendre davantage sur la méthode en la découvrant de leurs propres yeux.

En Sierra Leone, Tenema se tient devant des palmiers.

Tenema fait partie des militants écologistes de sa ville natale, en Sierra Leone. Elle mène également des actions de sensibilisation sur d’autres enjeux touchant les enfants et les jeunes. (Photo : Abdulai Kamara)

Jeunes militants pour le climat n° 3 et n° 4: Tenema* et Tejan*, 17 ans, de Bo, en Sierra Leone

Tenema et Tejan militaient déjà contre le mariage des enfants, les grossesses chez les adolescentes et d’autres enjeux avant de devenir des militants pour le climat. C’est lors d’un événement organisé par la Commission nationale pour l’enfance sur les Objectifs de développement durable qu’ils ont pris conscience de l’importance du changement climatique.

« On s’est rendu compte que bon nombre des enjeux sur lesquels on travaillait étaient en fait liés au changement climatique depuis le début », ont-ils déclaré. « Le changement climatique touche les jeunes dans tous les aspects de leur vie: la santé, l’éducation, la protection. »

En Sierra Leone, le changement climatique a aggravé tant la saison sèche que la saison des pluies. Des pluies extrêmes détruisent les cultures, et les inondations rendent difficile l’accès à l’école. « Parfois, même si nous, les élèves, nous nous présentons, les enseignants, eux, ne viennent pas », expliquent Tenema et Tejan.

« Lors d’une tempête il y a quelques années, les vents ont arraché le toit d’un bâtiment, tuant deux de nos camarades de classe », se souviennent-ils. Pendant la saison sèche, les rivières et les lacs s’assèchent. Les cultures souffrent et ce qui reste est dévoré par les ravageurs. Le manque d’eau affecte également leur scolarité. « La recherche d’eau nuit à notre assiduité scolaire, car nous devons marcher de plus en plus loin pour trouver des sources », expliquent-ils. « Les filles s’inquiètent également pour leur sécurité lorsqu’elles doivent parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau. »

Pour remédier à cette situation, Tenema et Tejan font la promotion de la campagne « coupe 1, plante 2 ». Il s’agit d’un programme de plantation d’arbres visant à accroître le couvert forestier au Kenya. Ils sensibilisent également la population aux enjeux environnementaux par l’entremise des médias. Et ils interpellent les chefs traditionnels et les chefs religieux, leur demandant ce qu’ils font pour lutter contre la faim et les changements climatiques.

À Tejan, en Sierra Leone, un homme est penché au-dessus d’un puits d’eau douce, un seau à ses côtés.

Tejan, en Sierra Leone, est penché au-dessus d’un puits d’eau douce, un seau à ses côtés. Tejan, militant écologiste, va chercher de l’eau dans un puits creusé à la main près de sa maison, en Sierra Leone. Grâce à ces puits, les jeunes n’ont plus à passer des heures à

Le défi qui nous attend tous

Les jeunes militants pour le climat ont un impact qui ferait rougir les adultes. Ce ne sont pas eux qui ont créé le problème, mais ils veillent à faire partie de la solution.

S’il y a une chose que nous pouvons apprendre d’eux, c’est que chacun d’entre nous a un rôle à jouer pour sauver notre planète. Les adultes peuvent aider en donnant aux jeunes les outils dont ils ont besoin pour sensibiliser la population aux enjeux climatiques et pour mettre en œuvre des solutions concrètes.

Mais surtout, chacun d’entre nous doit devenir un militant pour le climat. Renseignez-vous sur les enjeux environnementaux. Partagez ce que vous apprenez avec les autres. Faites ce que vous pouvez pour aider à renverser la tendance face à cette crise climatique.

Vous ne savez pas par où commencer?

Imaginez simplement Nomundari, Ruth, Tenema et Tejan debout devant vous, vous demandant: « Que faites -vous pour nous assurer l’avenir que nous méritons? »

Que répondriez-vous?

*Nous avons omis leurs noms de famille afin de protéger leur vie privée.