Cinq endroits où la vie est particulièrement difficile pour une fille en ce moment
En raison de la pauvreté, des conflits et des catastrophes, de nombreuses régions présentent un danger exceptionnel pour les femmes et les filles. Voici cinq des endroits où la vie est la plus difficile pour une fille.
Écrit par World Vision Canada
le 11 octobre 2021
« Envoie-moi un texto quand tu rentres à la maison. »
C’est un message que toute femme reconnaîtra. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la façon dont les femmes se sont habituées à cette atmosphère de peur qui imprègne notre existence. La peur de la violence, la peur des mauvais traitements, la peur du harcèlement – tout cela est si normal, quand on est une femme.
Au Canada, jusqu’à une femme sur trois subira une agression sexuelle à un moment donné au cours de sa vie (gouvernement de l’Ontario, 2011).
Les récents faits divers internationaux nous rappellent la peur que vivent de nombreuses femmes à travers le monde, alors que l’avenir de leur sécurité, de leur égalité et de leur liberté est incertain.
La culture de la peur que vivent toutes les femmes n’est pas propre à certaines régions géographiques. Les filles se retrouvent en danger tant dans les grandes villes que dans les régions rurales. Mais la pauvreté, les conflits et les catastrophes aggravent considérablement la situation. C’est pourquoi certains endroits présentent des risques exceptionnels pour les femmes et les filles.
À l’heure actuelle, voici quelques-uns des endroits les plus difficiles où naître en tant que fille.
Rabilatou, 9 ans, apprend l’alphabet au camp de réfugiés de Garin Kaka.
Niger
La situation au Niger est alarmante pour les femmes et les filles, dont beaucoup sont contraintes de se tourner vers la prostitution et le travail du sexe pour subvenir aux besoins de leur famille.
Le Niger affiche le taux de mariages d’enfants le plus élevé au monde: les trois quarts des filles sont mariées avant leur 18e anniversaire. Cela leur rend l’accès à l’éducation pratiquement impossible. Par conséquent, seulement 17 % des femmes âgées de 15 à 24 ans sont alphabétisées, ce qui place le Niger parmi les pays ayant les taux d’alphabétisation les plus bas au monde.
Ayant fui les violences, Alimatou, 9 ans, tresse les cheveux de ses amies dans un camp de personnes déplacées à Sévaré.
Mali
La situation au Mali voisin n’est guère meilleure. Le conflit qui sévit dans ce pays a entraîné une détérioration continue de la situation des droits de la personne pour la population locale. Les principales victimes sont les filles qui, de ce fait, sont constamment exposées à la violence et aux abus, ce qui rend l’accès à l’école dangereux pour bon nombre d’entre elles.
L’absence de protection dont souffrent les filles est aggravée par le fait que le Mali est l’un des derniers pays africains à ne pas disposer d’une législation nationale interdisant les mutilations génitales féminines. Cela signifie qu’un pourcentage stupéfiant de 83 % des filles subissent ces mutilations avant l’âge de 15 ans, et que près de la moitié d’entre elles se marient avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans.
Nyangieth, âgée de 14 ans, étudie à la maison, alors que sa communauté est aux prises avec une crise alimentaire.
Soudan du Sud
En proie à un conflit interne depuis près d’une décennie, le Soudan du Sud, le plus jeune pays du monde, a connu des crises alimentaires à répétition. Sous l’effet des conflits et des changements climatiques, le nombre de personnes menacées par la famine a augmenté de 50 % en 10 ans, et 7,2 millions de personnes se trouvent actuellement au bord de la famine.
Les femmes et les filles subissent un double fardeau. Les filles qui souffrent de la faim sont plus susceptibles de ne pas aller à l’école et sont vulnérables aux mariages forcés et à la traite des personnes. En 2017, l’UNICEF a constaté que seulement 24 % des filles en âge d’aller à l’école primaire au Soudan du Sud fréquentaient l’école, ce qui fait de ce pays l’un des endroits les plus difficiles où naître en tant que fille.
Des femmes reçoivent des trousses d'hygiène dans le district de Tuban, au Yémen.
Yémen
La guerre au Yémen a provoqué la plus grande crise humanitaire au monde, plus de 80 % du pays ayant désespérément besoin d’aide. Les femmes et les filles y souffrent de manière disproportionnée et sont confrontées à un accès insuffisant aux soins de santé, à la nourriture et à l’éducation, dans une société déjà profondément patriarcale qui ne leur offre que peu ou pas de protection.
Seule la moitié des établissements de santé au Yémen sont opérationnels, et à peine 20 % d’entre eux offrent des services de santé maternelle et infantile. À cela s’ajoute une augmentation spectaculaire (63 %) des viols et autres agressions ciblées contre les femmes depuis le début de la guerre.
Blessing, âgée de 12 ans, va à l'école à Beni, en RDC.