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Cinq façons surprenantes dont les changements climatiques affectent les enfants

Découvrez cinq façons dont le réchauffement planétaire et les changements climatiques touchent les enfants. De la malnutrition aux déplacements de population, explorons ensemble cette question importante.

Écrit par Wolston Lobo

le 17 mars 2025

J’ai récemment visionné cette vidéo intitulée « Cinq façons dont les changements climatiques transforment l’enfance ».

Je suis désormais convaincue que le changement climatique ne se contente pas de transformer la planète, il transforme aussi l’enfance. Il prive de nourriture, de logement, d’éducation et de sécurité les enfants qui en ont le plus besoin. De la malnutrition aux déplacements de population, des maladies à l’aggravation des inégalités entre les sexes, les effets se font sentir dès maintenant dans des collectivités partout dans le monde.

Les filles portent un fardeau disproportionné: elles sont retirées de l’école pour aller chercher de l’eau ou s’occuper de leurs jeunes frères et sœurs, tandis que leurs familles luttent pour survivre.

Permettez-moi de vous présenter cinq façons dont le changement climatique prive les enfants vulnérables de leur sécurité, de leur santé et de leur avenir. Il ne s’agit pas de problèmes lointains; ils se produisent en ce moment même.

1. La malnutrition

Ma première question, lorsque j’ai visionné cette vidéo, a été: quel est le lien entre le changement climatique et la malnutrition chez les enfants? Au départ, ce lien n’était pas évident. Mais j’ai ensuite compris que le changement climatique ne se résume pas à la hausse des températures ou aux phénomènes météorologiques extrêmes. C’est bien plus que cela. Les phénomènes météorologiques extrêmes, comme les sécheresses et les inondations, entraînent des mauvaises récoltes, réduisant ainsi la disponibilité d’aliments nutritifs. Cela mène à la malnutrition, à l’émaciation et à la mort. Cette pénurie touche de manière disproportionnée les enfants, qui ont besoin d’un apport nutritionnel régulier pour une croissance adéquate.

Ma question suivante a donc été: la situation s’améliore-t-elle ou empire-t-elle? Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), d’ici 2050, le risque de famine et de malnutrition pourrait augmenter de 20 % si les efforts mondiaux visant à atténuer les changements climatiques ne sont pas intensifiés.

Permettez-moi d’illustrer cela à l’aide de quelques statistiques.

Dans des régions comme l’Afrique subsaharienne, plus d’un demi-gord d’enfants vivent dans des zones exposées à des phénomènes météorologiques extrêmes liés au climat. Ces conditions nuisent à la production et à la distribution alimentaires, ce qui entraîne une hausse des taux de malnutrition chez les enfants.

Selon des estimations récentes, 148 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance dû à la malnutrition chronique, et 45 millions souffrent d’émaciation, une forme grave de malnutrition. Des pays comme le Lesotho, le Malawi, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe ont déclaré l’état de catastrophe nationale en raison de mauvaises récoltes généralisées et de la mortalité du bétail.

De 2021 à 2022, Madagascar a connu sa pire sécheresse en 40 ans, ce qui a entraîné une grave insécurité alimentaire. À la fin de juin 2021, le PAM a signalé que 75 % des enfants avaient abandonné l’école pour chercher de la nourriture, bon nombre d’entre eux en étant réduits à manger de la boue et des criquets. Les changements climatiques contribuent également à la propagation de maladies telles que la diarrhée et le paludisme, qui nuisent à l’absorption des nutriments et augmentent les besoins nutritionnels, aggravant ainsi la malnutrition.

2. Manque de logements

Les changements climatiques ont des répercussions profondes sur la sécurité des logements dans les pays à faible revenu, principalement en raison de l’augmentation des inondations, de la hausse des températures et des famines d’origine climatique. Ces phénomènes ont des effets en cascade sur l’éducation des enfants, leur vulnérabilité à l’exploitation et leur bien-être général.

Par exemple, de 2008 à 2015, près de 175 millions de personnes dans les pays en développement ont été déplacées par des inondations, des tempêtes et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes. Les déplacements résultant de tels événements conduisent souvent à des sites d’évacuation surpeuplés et disposant de ressources insuffisantes.

Hausse des températures et habitabilité: La hausse des températures rend certaines régions inhabitables, forçant les communautés à abandonner leurs foyers. Les sécheresses prolongées et les précipitations irrégulières aggravent la pénurie d’eau, forçant de nombreuses personnes à migrer et mettant à rude épreuve leurs moyens de subsistance. Un exemple récent est celui du peuple Wayuu de la région de La Guajira, en Colombie, qui fait face à de graves pénuries d’eau et à l’insécurité alimentaire en raison de sécheresses prolongées, ce qui entraîne des déplacements de population et la perte de leurs moyens de subsistance traditionnels.

Famines et migrations d’origine climatique: Les phénomènes climatiques extrêmes, tels que les tempêtes et les inondations, peuvent détruire les récoltes, tandis que la hausse des températures permet aux ravageurs de s’étendre à de nouvelles régions, entraînant des pertes de récoltes généralisées et l’insécurité alimentaire. Dans les pays à faible revenu, plus du tiers des pertes de récoltes et de bétail est attribuable à la sécheresse. Ces conditions forcent les familles à migrer à la recherche de moyens de subsistance, ce qui entraîne souvent la perte de leur logement et de leur stabilité.

3. Déplacement

Il s’agit de situations où des familles sont contraintes de se déplacer pour diverses raisons, un phénomène particulièrement grave dans les pays à faible revenu. Cela perturbe la scolarité des enfants, car les écoles sont détruites ou réaménagées en refuges, et les familles accordent la priorité à la survie immédiate plutôt qu’à la scolarité. La perte d’occasions d’éducation entrave le développement des enfants.

À la suite de catastrophes d’origine climatique, les enfants peuvent être séparés de leurs parents ou de leurs aidants, ce qui accroît les risques d’exploitation, de traite d’enfants et de maltraitance. Le déplacement perturbe également l’accès aux soins de santé, exposant les enfants à la malnutrition, aux maladies et à une vaccination insuffisante.

Les conditions de vie surpeuplées et insalubres dans les refuges temporaires favorisent la propagation des maladies, ce qui nuit à la santé des enfants. Le traumatisme lié au déplacement et à la perte de leur foyer peut entraîner des troubles psychologiques à long terme chez les enfants, affectant leur santé mentale et leur bien-être. Les familles qui perdent leur logement et leurs moyens de subsistance sont confrontées à l’instabilité économique, ce qui entraîne des cycles de pauvreté difficiles à briser.

4. La propagation des maladies

Les changements climatiques ont considérablement accru la propagation des maladies chez les enfants des pays à faible revenu. Ces maladies touchent de manière disproportionnée les enfants vulnérables. La hausse des températures favorise la prolifération des maringouins et des tiques, ce qui entraîne la propagation du paludisme et de la dengue. Au Malawi, par exemple, le paludisme représentait 8 % de la mortalité des enfants de moins de cinq ans en 2017, un chiffre influencé par les changements induits par le climat.

Maladies d’origine hydrique: Le changement climatique intensifie les phénomènes météorologiques extrêmes, entraînant des inondations et la contamination des sources d’eau. Cela accroît la prévalence des maladies diarrhéiques, l’une des principales causes de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans.

Pollution atmosphérique et troubles respiratoires: L’urbanisation et les changements climatiques contribuent à la détérioration de la qualité de l’air, ce qui aggrave les troubles respiratoires chez les enfants. Une étude a mis en évidence que des millions d’adolescents en Afrique souffrent d’asthme non diagnostiqué, les facteurs environnementaux tels que la pollution atmosphérique jouant un rôle important.

Répercussions sur la santé mentale: Comme mentionné précédemment, le stress lié aux déplacements de population et aux catastrophes d’origine climatique peut entraîner des problèmes de santé mentale chez les enfants, notamment de l’anxiété et un trouble de stress post-traumatique. Ces effets psychologiques sont aggravés par la perturbation des structures sociales et la perte de routine, ce qui affecte encore davantage le bien-être général des enfants.

5. Inégalité entre les sexes

Les changements climatiques exacerbent les inégalités entre les sexes dans les pays à faible revenu, touchant de manière disproportionnée les enfants, en particulier les filles. Les changements environnementaux, tels que les sécheresses prolongées et la pénurie d’eau, renforcent les rôles traditionnels attribués à chaque sexe, obligeant les filles à accomplir des tâches exigeantes sur le plan physique, comme la collecte de l’eau. Cette responsabilité entraîne souvent des interruptions dans leur scolarité et les expose à divers risques, perpétuant ainsi un cycle d’inégalité.

Alourdissement de la charge liée à la collecte de l’eau

À mesure que les changements climatiques entraînent des sécheresses plus fréquentes et plus sévères, les sources d’eau se raréfient, ce qui oblige à parcourir de plus longues distances pour s’approvisionner. Dans de nombreux pays en développement, ce sont principalement les femmes et les filles qui sont chargées de la collecte de l’eau; elles doivent souvent marcher en moyenne 6 kilomètres par jour tout en transportant de lourdes charges. Cette tâche ardue demande beaucoup de temps et d’énergie, ce qui limite leurs possibilités d’éducation et d’épanouissement personnel.

Perturbations de la scolarité

Le temps considérable consacré à la collecte de l’eau a un impact direct sur l’éducation des filles. Les longues périodes passées à aller chercher de l’eau réduisent l’assiduité scolaire et nuisent au rendement scolaire. Des études ont démontré que la réduction du temps consacré à la collecte de l’eau peut entraîner une augmentation de la fréquentation scolaire chez les filles. Par exemple, en Tanzanie, la réduction du temps nécessaire pour aller chercher de l’eau , qui est passé de 30 à 15 minutes, a entraîné une augmentation de 12 % de la fréquentation scolaire chez les filles.

Risques pour la santé et la sécurité

Les longs trajets vers des sources d’eau éloignées exposent les filles à divers risques pour leur santé et leur sécurité, notamment des blessures physiques dues au transport de charges lourdes et un risque accru de harcèlement ou d’agression sexuelle. L’effort physique et les dangers potentiels associés à la collecte de l’eau peuvent avoir des effets néfastes à long terme sur leur bien-être.

Perpétuation de l’inégalité entre les sexes

Les contraintes liées à la collecte de l’eau renforcent les rôles traditionnels attribués aux hommes et aux femmes, limitant ainsi les possibilités d’éducation et d’épanouissement personnel des filles. Cette dynamique perpétue les cycles de pauvreté et d’inégalité entre les sexes, car les filles sont privées de l’éducation nécessaire pour améliorer leur situation socio-économique.