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Trouver son rythme grâce à la musique

Gustavo passe ses samedis à enseigner le violon et l’alto à la nouvelle génération à l’école de musique de World Vision. Découvrez comment le parrainage d’enfants a changé sa vie.

Écrit par Daniel Wilcox

le 1 avril 2019

De nombreux parents craignent qu’une carrière dans les arts ne mène à une vie d’artiste affamé. Dans un pays aux conditions économiques difficiles comme le Guatemala, Tomasa craignait particulièrement que son fils, Gustavo, ne puisse subvenir à ses besoins en tant que musicien.

Les parents de Gustavo rêvaient que lui et ses trois frères et sœurs aient une vie meilleure et, avec un peu de chance, deviennent médecins ou avocats. Tomasa raconte: « On priait toujours Dieu pour qu’ils (ses enfants) aient un bel avenir, qu’ils puissent exercer un bon métier, qu’ils deviennent de bonnes personnes et de bons adultes. »

Alors que Tomasa et son mari luttaient pour subvenir aux besoins de leurs enfants, une carrière dans la musique était bien loin de leurs préoccupations.

Gustavo, debout chez lui, tient son alto blotti contre son cou, en position de jeu.

Gustavo joue avec une passion et une maîtrise que seules des années de pratique assidue peuvent apporter. Photo : Heidi Isaza

Un bon départ

Gustavo a grandi dans une famille aux ressources limitées. Il est l’aîné d’une fratrie de quatre enfants. Sa mère prépare des tortillas qu’elle vend au marché, et son père est vendeur à domicile.

Quand il était petit, Gustavo et sa famille ont reçu de l’aide grâce à un programme de parrainage d’enfants. « J’étais heureux parce que je savais qu’il y avait quelqu’un, loin de moi, qui tenait à moi et qui s’inquiétait pour moi », raconte Gustavo. Ces investissements précoces dans la vie de cet enfant à la voix douce ont porté leurs fruits lorsque Gustavo a découvert la musique.

C’est son cousin et la promesse d’un souper gratuit de poulet frit qui l’ont amené à l’école de musique pour la première fois. Une fois là-bas, il n’a plus jamais regardé en arrière.

« Je ne sais pas si c’est la musique qui m’a trouvé ou si c’est moi qui l’ai trouvée, mais j’avais hâte que le samedi arrive pour pouvoir aller aux cours de musique. C’était un endroit où on pouvait être libres et en paix », se souvient Gustavo.

Après avoir commencé par la flûte à bec, Gustavo a été choisi pour jouer de l’alto. « Je n’avais jamais entendu parler de l’alto », dit-il. « Je ne connaissais que le violoncelle et le violon. J’étais simplement heureux qu’on me donne un instrument. »

Tomasa et Gustavo tiennent ensemble son alto devant leur maison au Guatemala.

Gustavo en compagnie de sa mère, Tomasa, qui a joué un rôle déterminant dans sa réussite. Bien qu’ils aient eu des craintes quant à ses perspectives de carrière, les parents de Gustavo ne se sont pas ouvertement opposés à son inscription à l’école de musique, contrairement à d’autres parents de la communauté. Photo : H

Nourrir son âme

Il a commencé à suivre des cours, mais il s’entraînait aussi à la maison. « Au lieu de sortir jouer dans la rue, je restais à la maison, et je m’entraînais, m’entraînais et m’entraînais jusque tard dans la nuit », raconte Gustavo.

« Ça me rendait un peu folle de l’entendre jouer autant d’heures par jour », se souvient Tomasa en souriant.

Pendant de nombreuses années, la famille de Gustavo a craint que la musique ne permette jamais à leur fils de gagner sa vie. Puis, il a été invité à se rendre au Costa Rica pour se produire sur scène. Depuis, il a participé à des orchestres de jeunes à travers l’Amérique centrale, au Mexique et au Pérou, et a même étudié pendant trois mois au Conservatoire de musique de Paris, en France.

Gustavo apprend à un jeune élève de sexe masculin à jouer correctement les notes au violon.

Gustavo passe ses samedis à enseigner le violon et l’alto à la nouvelle génération à l’école de musique de World Vision. Photo : Heidi Isaza

Transmettre le flambeau

Aujourd’hui, cet ancien enfant parrainé de 21 ans enseigne à l’école de musique de Vision Mondiale. Tout comme il a lui-même bénéficié d’un mentorat, Gustavo enseigne la musique et encourage ses élèves à poursuivre leurs rêves. « Je leur dis qu’il y a bien plus que ce qu’ils peuvent voir devant eux », explique-t-il. « Ils devraient observer et tirer des leçons de leurs expériences et de leurs erreurs. »

C’est un message qui va à l’encontre des traditions de San Juan, et il affirme que World Vision a joué un rôle déterminant pour l’aider, lui et sa communauté. « World Vision aide beaucoup de gens, non seulement dans cette communauté, mais aussi dans d’autres », explique Gustavo. « Ils (les parrains) m’ont toujours dit de continuer à aller de l’avant et de poursuivre mes études, et qu’ils allaient me soutenir », ajoute Gustavo.

Malgré leurs inquiétudes, la carrière musicale de Gustavo est déjà bien lancée. En plus de faire du bénévolat à l’école de musique de World Vision, il se rend presque tous les jours dans la capitale pour donner des cours privés d’alto, ce qui lui rapporte 20 $ l’heure.

« J’aimerais que World Vision continue de soutenir et d’aider d’autres enfants. Cela fait une grande différence. Cela change les rêves de beaucoup de jeunes », dit Gustavo.