Se renforcer pour renforcer les autres : un parcours marqué par la résilience et la transformation
L’histoire inspirante de Kema illustre bien comment le programme « Youth Ready » au Kenya aide les jeunes femmes à surmonter la violence, à renforcer leur résilience et à atteindre l’autonomie économique.
Écrit par Oluseyi Adegbulugbe
le 25 novembre 2025
Devant sa maison faite de tôles de zinc, dans une rue animée d’un village densément peuplé du Kenya, Kema (pseudonyme), participante au programme « Youth Ready », partage son histoire d’espoir et de résilience. Alors qu’elle prépare des aliments destinés à la vente – une routine quotidienne qui lui assure sa subsistance –, elle revient sur le parcours qui l’a menée jusqu’ici.
« J’ai 21 ans et je suis mère seule de deux enfants », explique-t-elle. « Je vis avec ma sœur et mes deux enfants. J’ai moi-même été élevée par une mère seule, mais ma mère nous a abandonnés quand j’avais 14 ans; j’ai donc dû apprendre à me débrouiller toute seule. J’ai commencé à me débrouiller pour subvenir à mes besoins et à ceux de ma sœur. Je faisais des petits boulots dans le quartier, comme laver des vêtements et de la vaisselle, juste pour m’assurer qu’on ait de quoi manger. »
Kema a raconté ses difficultés passées, notamment son initiation à la drogue, son mariage précoce et le fait d’être devenue mère à l’âge de 18 ans. Lorsqu’elle est tombée enceinte de son deuxième enfant, le père de ses enfants est parti travailler et n’est jamais revenu.
L’histoire de Kema est celle d’une résilience extraordinaire : celle d’une jeune femme qui a surmonté des blessures invisibles et s’en est sortie plus forte. (Crédit photo : World Vision Kenya)
« Il a choisi de fuir ses responsabilités, me laissant élever [les enfants] toute seule », explique Kema. « Je ne veux pas que mes enfants se retrouvent dans la même situation que moi. Je ne veux pas que ma sœur tombe dans le même piège que moi. »
Motivée et déterminée à changer son avenir, Kema s’est inscrite au programme Youth Ready, un tournant qui a marqué le début de son parcours vers l’autonomisation.
Les cycles de violence et de traumatisme freinent les femmes et les jeunes filles
Selon les statistiques mondiales d’ONU Femmes, près d’une adolescente sur six âgée de 15 à 19 ans (16 %) ayant déjà été en couple a subi des violences physiques, sexuelles ou psychologiques de la part d’un partenaire avant l’âge de 19 ans. Ces expériences sont souvent aggravées par des cycles intergénérationnels de traumatismes, ce qui entraîne des conséquences telles que la maternité en solo, une vulnérabilité accrue et des inégalités profondément enracinées.
Le parcours de Kema illustre comment l’autonomisation peut briser les cycles de honte et de désespoir, en opérant une transformation grâce à un puissant récit de résilience qui brille comme une source d’espoir, non seulement pour elle-même, mais aussi pour sa famille et les jeunes de sa communauté.
En plus d’avoir enduré le traumatisme du mariage précoce et les dures réalités du travail des enfants, elle a également dû faire face à la douleur de l’abandon, d’abord par sa mère, puis par son mari. Ces expériences, bien que profondément douloureuses, révèlent une forme de violence émotionnelle et psychologique qui est souvent minimisée ou négligée.
Alors que la violence physique et sexuelle laisse souvent des traces visibles qui peuvent être reconnues et traitées, la violence émotionnelle, comme l’abandon qu’a subi Kema, laisse des blessures invisibles qui peuvent être moins évidentes, mais dont les répercussions peuvent être tout aussi profondes et douloureuses.
Formation de nouveaux animateurs du programme « Youth Ready » afin qu’ils puissent animer des programmes axés sur les compétences de vie et l’entrepreneuriat destinés aux jeunes. (Crédit photo : Maureen Chelangat / World Vision Kenya)
Kema brise les cycles néfastes grâce au soutien de Youth Ready
L’histoire de Kema est celle d’une résilience profonde, celle d’une jeune femme qui a surmonté des blessures invisibles.
« J’ai rejoint Youth Ready, et ça a vraiment changé ma vie », explique Kema. « Grâce à ce programme, j’ai acquis de précieuses compétences de vie et des compétences entrepreneuriales, et j’ai appris à établir de meilleures relations avec les autres membres de ma communauté. Ces compétences m’ont donné la confiance et la motivation nécessaires pour lancer ma propre entreprise. »
Kema a ouvert une petite entreprise de vente d’avocats et de patates douces. Les revenus de son entreprise lui permettent de payer son loyer et ses frais de scolarité, tout en lui laissant suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de sa sœur.
« Youth Ready m’a vraiment aidée à changer le cours de ma vie », ajoute Kema. Elle est particulièrement fière d’avoir aidé sa sœur à terminer ses études secondaires. « C’est comme si j’avais fait quelque chose de bien. Je suis heureuse d’avoir pu l’éloigner du chemin que j’ai moi-même emprunté autrefois. »
Oluseyi Adegbulugbe, spécialiste technique en matière d’égalité des sexes chez World Vision Canada, milite pour la sensibilisation, l’action et un avenir exempt de toute forme de violence faite aux femmes. (Crédit photo : Dara Adegbulugbe)
Le courage de Kema et son appel à l’action
Grâce à sa petite entreprise, Kema est passée de la survie à l’épanouissement. Son histoire montre que lorsque les filles ont la chance de guérir et de s’épanouir, elles peuvent se libérer de la violence et devenir des agents de changement au sein de leurs communautés.
En partageant son histoire, le courage de Kema inspire un appel collectif à l’action: écouter, croire et mettre en place des systèmes qui protègent et autonomisent les femmes et les filles, non seulement au Kenya, mais partout dans le monde.
Chaque année, le 25 novembre est célébré comme la Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes (VFF). Cette journée vise à sensibiliser, à mobiliser et à militer en faveur de la prévention et de l’élimination de toutes les formes de violence envers les femmes et les filles. Partout dans le monde, dans le cadre de cette campagne mondiale, des organisations, des gouvernements, des communautés et des particuliers profitent de cette période pour partager des témoignages, mettre en lumière des enjeux et promouvoir l’égalité des sexes et les droits de la personne.
Ensemble, nous pouvons faire la différence
Il y a fort à parier que nous connaissons tous au moins une femme ou une jeune fille qui a été victime d’une forme de violence. Voici mon appel à votre intention: joignez-vous au mouvement mondial pour éliminer la violence faite aux femmes et aux jeunes filles. Notre voix collective compte, et oui, nous pouvons faire la différence!
Prenez une photo de vous, ou réunissez-vous avec des amis ou des collègues, en tenant une pancarte sur laquelle est inscrit « NON à la violence envers les femmes et les filles » pour souligner la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Partagez-la ensuite sur LinkedIn, Facebook, Twitter ou toute autre plateforme où votre message pourra inspirer d’autres personnes.
Lorsque nous nous soutenons mutuellement, nous créons un effet d’entraînement qui remet en question la culture du silence et ouvre la voie à la guérison, à la justice et à l’autonomisation pour celles et ceux qui ont connu ou qui connaissent encore des difficultés similaires. J’ai hâte de voir vos photos, mais en attendant, voici la mienne pour vous inspirer!
Le programme Youth Ready de Vision mondiale Canada, qui fait partie de l’initiative « Vision pour les jeunes vulnérables » (VVYI), est soutenu par la Fondation de la famille Barrett et par des donateurs canadiens individuels. Présent dans 10 pays d’Amérique latine et d’Afrique, Youth Ready donne aux jeunes les outils nécessaires pour poursuivre leurs études, trouver un emploi ou se lancer en entrepreneuriat.
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