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Enfant-soldat : l'histoire de Lionel

Lionel est devenu soldat à l’âge de 11 ans. Il l’a fait pour survivre. Les soldats qui ont abattu les membres terrifiés de sa communauté ont tué ses parents. Lionel s’est retrouvé seul.

Écrit par Deborah Wolfe

le 4 juillet 2025

L’enfance menacée

Lionel, République centrafricaine

Les filles et les garçons méritent de grandir à l’abri de la violence et de l’exploitation. Mais dans les endroits les plus dangereux du monde, l’enfance est souvent la première victime. Voici l’histoire de Lionel.

Avertissement: descriptions de violences subies par des enfants.

« Je ne voulais pas le faire. »

Lionel est devenu soldat à l’âge de 11 ans. Il l’a fait pour rester en vie.

Les soldats qui avaient abattu les membres terrifiés de sa communauté s’en étaient également pris à la mère et au père de Lionel. Ils les ont torturés, puis tués.

Lionel a réussi à s’enfuir dans la brousse. La guerre faisait rage tout autour de lui. Même si des milliers d’enfants à travers la République centrafricaine avaient connu une panique similaire, grandissant au milieu d’un conflit violent, cela ne changeait rien. Recroquevillé parmi les arbres, Lionel était seul au monde.

Il est sorti des buissons et s’est porté volontaire pour devenir enfant-soldat. « Je ne voulais pas le faire », se souvient-il, « mais l’opposition avait tué ma famille, et je devais m’enrôler pour me protéger. »

Le recrutement par la terreur

C’est une stratégie de recrutement efficace. Offrir à un enfant terrifié la protection dont il a besoin pour survivre. Devenir pour cet enfant une bouée de sauvetage, une famille et son seul moyen de survie. Ensuite, il est à votre disposition pour obéir à vos ordres.

Lionel était trop petit pour manier efficacement une arme; les chefs l’ont donc chargé de s’occuper des munitions. Il était tout près pendant les combats. Il a vu et entendu des choses qu’aucun enfant ne devrait même imaginer.

Finalement, Lionel a été libéré de ses obligations militaires. Les combats s’étaient calmés, et pour la milice, il n’avait plus aucune utilité. Mais son esprit était hanté par des images inimaginables et des sons horribles et déchirants.

Comment un garçon hanté par des cauchemars peut-il retrouver son enfance? Où et avec qui? Qui voudrait d’un enfant brisé, orphelin et incapable de subvenir à ses besoins?

Retour à la maison

Instinctivement, Lionel a commencé à marcher vers la maison. Cela s’est avéré être une bonne décision. Ce qui s’est passé ensuite ressemble à un scénario de publicité télévisée. Mais pour ce garçon – et pour des centaines d’autres enfants soldats des environs – c’était bien réel.

World Vision intervenait dans la communauté de Lionel pour aider à la réinsertion des enfants qui avaient servi au sein de groupes armés – certains comme soldats, d’autres comme main-d’œuvre ou comme épouses de force. Le personnel leur offrait de la bienveillance. De la compréhension. La réconciliation. Et l’espoir d’une guérison.

Mais comment aider des enfants comme Lionel à faire la paix avec les soldats de « l’autre camp »? Avec des enfants dont les chefs avaient violé, torturé, voire tué leurs proches?

La pratique de la paix

Lionel a été invité à se joindre à un Club de la paix, où il a appris l’importance de la tolérance, des droits de la personne et, surtout, du pardon. Les équipes devaient faire preuve de patience et de persévérance. Pour bon nombre de ces enfants, pardonner à leurs ennemis a pris un an, voire plus. Mais grâce à des discussions, à la musique, à la danse et au jeu, les enfants ont commencé à se sentir plus à l’aise les uns avec les autres.

Ils ont réalisé qu’ils n’étaient pas vraiment des adversaires. Ils étaient tous des victimes de la guerre. Et ils voulaient tous un avenir pacifique. World Vision a donné aux enfants les moyens et le courage de devenir des défenseurs de la paix, jetant ainsi les bases d’un avenir différent.

Aujourd’hui, à 17 ans, Lionel apprend la menuiserie. C’est un métier plus productif et porteur d’espoir que le précédent. Et Lionel, qui a l’esprit d’entreprise, rêve de devenir homme d’affaires. Tout cela est possible grâce à la paix.

« Je me sens enfin en sécurité et bien », dit-il. « La paix est très importante. Quand il n’y a pas de paix, tout s’effondre. »

La pauvreté mondiale recule, mais elle est désormais davantage concentrée dans les pays déchirés par la guerre ou fragiles. Au cours de la prochaine décennie, plus de 80 % des enfants et des familles les plus pauvres du monde vivront dans les endroits les plus dangereux, où leurs vies et leur avenir sont menacés par les conflits et les catastrophes. Joignez-vous au mouvement et agissez contre l’injustice.

2018 CAR_

Images de destruction causées par le conflit dans la communauté de Damara, où habite Lionel. En 2013, des groupes armés ont lancé une attaque et ont recruté des enfants dans leurs rangs. Peu après, World Vision est intervenue et a entrepris de protéger les enfants de la région. Photo : Ch

Photo illustrant l'article

Lionel, à gauche, en compagnie de Clara, une amie du Club de la paix, et de Timotee, responsable du Club de la paix. Photo : Chelsea Maclachlan