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Le travail des enfants : faits et moyens d’agir

Qu’est-ce que le travail des enfants et quelles mesures le Canada prend-il pour y remédier? Découvrez les faits sur les causes du travail des enfants, la chaîne d’approvisionnement mondiale et ce que vous pouvez faire pour contribuer à y mettre fin.

Écrit par Alicia Dubay

le 9 juin 2023

Le travail des enfants est un terme utilisé pour décrire tout travail qui prive les enfants de leur enfance, met en danger leur santé et leur bien-être et entrave leur développement personnel. Les Canadiens pourraient avoir tendance à considérer le travail des enfants comme un phénomène qui se produit dans les recoins sombres de contrées lointaines, mais la réalité est que ce problème reste aujourd’hui très répandu, tant au pays qu’à l’étranger.

Au début de l’année 2020, 1 enfant sur 10 âgé de 5 ans et plus était victime du travail des enfants à l’échelle mondiale. Cela équivaut à 160 millions d’enfants, dont 69 millions de filles et 97 millions de garçons. En 2022, on estimait que 79 millions de ces enfants effectuaient des travaux sales, dangereux et dégradants.

L’Afrique arrive en tête des régions où le travail des enfants est le plus répandu, avec 72 millions d’enfants travailleurs sur l’ensemble de la population mondiale concernée. Depuis 2012, c’est en Afrique subsaharienne que l’on a observé la plus forte augmentation du nombre d’enfants victimes du travail des enfants: cette région compte plus d’enfants travailleurs que le reste du monde réuni. L’Asie et le Pacifique occupent la deuxième place avec 62 millions d’enfants travailleurs. Ces deux régions regroupent près de neuf enfants sur dix victimes du travail des enfants à l’échelle mondiale.

Ces chiffres sont alarmants malgré les progrès significatifs réalisés au cours des vingt dernières années pour réduire le travail des enfants. De plus, à la suite de la pandémie de la COVID-19, on prévoyait que la hausse de la pauvreté pousserait environ 9 millions d’enfants supplémentaires vers le travail des enfants d’ici la fin de 2022.

Et bien que le travail des enfants soit illégal au Canada, cela ne signifie pas pour autant que nous n’avons pas notre propre problème en la matière.

Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur le travail des enfants et découvrir comment vous pouvez aider.

  1. Qu’est-ce que le travail des enfants?
  2. Quelles sont les causes du travail des enfants?
  3. Quelles sont les conséquences du travail des enfants?
  4. Le travail des enfants est-il un problème au Canada aujourd’hui?
  5. Que fait le Canada pour mettre fin au travail des enfants?
  6. Vous avez parlé des chaînes d’approvisionnement – de quoi s’agit-il?
  7. Comment puis-je contribuer à mettre fin au travail des enfants?
  8. À lire rapidement: faits sur le travail des enfants

1. Qu’est-ce que le travail des enfants?

Le travail des enfants est défini comme le recours à des enfants dans l’industrie ou le commerce, en particulier lorsque cette pratique est illégale ou jugée inhumaine.

Le travail que ces enfants effectuent est souvent préjudiciable à leur santé, nuit à leur éducation ou entrave leur développement physique, mental, spirituel, moral ou social.

En 2021 encore, 4,3 millions d’enfants étaient victimes de travail forcé, ce qui inclut les enfants en situation de servitude pour dettes, d’esclavage et d’exploitation sexuelle à des fins commerciales. L’âge de l’enfant, le type de travail et les heures de travail effectuées sont des facteurs déterminants pour établir si une forme particulière de travail peut être classée comme du travail des enfants.

En règle générale, les pratiques de travail des enfants dangereuses sont définies en partie par le nombre d’heures de travail autorisées pour l’âge d’un enfant donné. Le travail des enfants dangereux comprend:

  • toutes les pires formes de travail des enfants: notamment les horaires excessivement longs, le travail de nuit, le travail avec des machines lourdes ou le travail effectué sous terre ou sous l’eau.
  • tout travail effectué par un enfant de moins de 12 ans
  • plus de 14 heures de travail par semaine pour un enfant âgé de 12 à 14 ans
  • plus de 43 heures de travail par semaine pour un enfant âgé de 15 à 17 ans

Dans ses formes les plus extrêmes, le travail des enfants conduit des enfants – dès leur plus jeune âge – à être séparés de leur famille, exposés à des travaux dangereux, livrés à eux-mêmes ou réduits en esclavage.

2. Quelles sont les causes du travail des enfants?

  • La pauvreté. Comme tant d’autres problèmes dans le monde, la cause profonde du travail des enfants est la pauvreté. Le chômage et la nécessité de survivre poussent souvent les familles à prendre des décisions désespérées. Le manque d’éducation peut également avoir des répercussions sur les enfants, car leurs parents ne comprennent pas ou ne voient pas l’intérêt, à court et à long terme, de faire scolariser leur enfant plutôt que de le faire travailler.

Les crises: Les catastrophes naturelles ou le décès d’un ou des deux parents peuvent contraindre les enfants à effectuer des travaux dangereux pour aider leur famille à survivre au quotidien.

Situations d’urgence chroniques: Des phénomènes tels que les sécheresses répétées ou les famines peuvent plonger les familles dans des conditions désespérées où travailler pour survivre est l’une des rares options possibles.

Conflit: La guerre ou la corruption gouvernementale peuvent bouleverser la vie des enfants, les forçant à abandonner leurs études et leur routine habituelle pour gagner leur vie.

La demande: La recherche de prix bas et d’une main-d’œuvre docile et bon marché peut piéger les enfants dans des travaux dangereux.

3. Quelles sont les conséquences du travail des enfants?

Le travail des enfants peut avoir de nombreuses répercussions sur les enfants, et celles-ci peuvent varier selon le secteur d’activité dans lequel l’enfant travaille. En général, les enfants qui travaillent peuvent souffrir de problèmes de santé à long terme dus à la malnutrition, à l’exposition à des produits chimiques, aux mauvais traitements, aux blessures, à l’épuisement et aux séquelles psychologiques.

  • Dans le secteur agricole, les enfants peuvent être exposés à des pesticides ou à des engrais toxiques. Ils manient des lames et des outils dangereux et transportent de lourdes charges.
  • Dans le secteur minier, les enfants peuvent utiliser des produits chimiques toxiques, courir le risque d’un effondrement de la mine et parfois manipuler des explosifs.
  • Dans le secteur de la construction, les enfants peuvent porter de lourdes charges, travailler en hauteur sans équipement de sécurité et risquer d’être blessés par des machines dangereuses.
  • Dans le secteur manufacturier, les enfants peuvent utiliser des solvants toxiques, effectuer des tâches répétitives dans des positions douloureuses et risquer de se blesser avec des outils tranchants.
  • Dans le secteur du travail domestique, les enfants risquent d’être victimes de maltraitance, travaillent de longues heures et vivent souvent isolés de leur famille et de leurs amis.

Il est également vrai que les enfants qui travaillent ne reçoivent souvent pas une éducation adéquate. Les journées de travail longues et épuisantes peuvent laisser les enfants épuisés et incapables d’assister aux cours ou de faire leurs devoirs. Pour les parents qui peinent à faire vivre leur famille, envoyer leurs enfants à l’école est un luxe qu’ils ne peuvent se permettre.

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Pinky, âgée de 10 ans, a été contrainte d’abandonner l’école et de commencer à travailler dans une usine en raison des mesures de confinement imposées par la pandémie de COVID-19. Au travail, elle doit manipuler des machines trop grandes pour ses doigts, une situation jugée dangereuse, surtout

4. Le travail des enfants est-il un problème au Canada aujourd’hui?

Malheureusement, oui. Les lois sur le travail des enfants au Canada ont été adoptées au début du XXe siècle et ont interdit l’emploi des enfants. Mais les Canadiens continuent d’être touchés par le travail des enfants aujourd’hui.

Une étude publiée en 2016 et mise à jour en 2021 a révélé que plus de 1 200 entreprises opérant au Canada importent des marchandises présentant un risque élevé d’avoir été produites par des enfants ou par le biais du travail forcé. La majorité de ces entreprises ne divulguent que très peu d’information, voire aucune, sur les politiques, les pratiques et les processus qu’elles ont mis en place pour contrer ces risques.

Cela signifie que le Canadien moyen est probablement lié au travail des enfants par le biais des produits de tous les jours qu’il achète et consomme.

5. Que fait le Canada pour mettre fin au travail des enfants?

En 2021, le gouvernement du Canada s’est engagé à mener une évaluation des risques liés aux chaînes d’approvisionnement des marchés publics fédéraux. Cette initiative vise à repérer les marchandises qui pourraient avoir été fabriquées ou produites par le travail des enfants, le travail forcé ou la traite des personnes.

Le projet de loi S-211, également connu sous le nom de Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement, a été adopté le 3 mai 2023, après avoir reçu l’appui unanime du Sénat plus tôt dans l’année. Ce projet de loi obligerait les entreprises canadiennes à s’assurer qu’aucun de leurs produits ou composants n’est fabriqué dans des ateliers exploitant des enfants ou des personnes contraintes de travailler dans des conditions dangereuses pour un salaire dérisoire. Elles doivent également rendre compte des mesures qu’elles prennent pour prévenir et atténuer les risques liés au travail des enfants et au travail forcé dans le cadre de leurs activités, permettant ainsi aux Canadiens d’avoir l’assurance que leurs achats sont éthiques.

Le Canada est un chef de file dans la promotion du respect et de la dignité de toutes les personnes, peu importe où elles vivent. Mais nous ne faisons pas encore notre part pour exiger une plus grande transparence dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Alors qu’un nombre croissant de juridictions prennent des mesures législatives, il est temps que le Canada tienne son engagement à adopter davantage de lois s’appuyant sur les progrès significatifs générés par le projet de loi S-211.

Apprenez-en davantage sur la façon dont les Canadiens se sont mobilisés et ont pris position contre le travail des enfants.

6. Vous avez parlé des chaînes d’approvisionnement – de quoi s’agit-il?

Une chaîne d’approvisionnement est le système composé d’organisations, de personnes, d’activités, d’informations et de ressources qui interviennent dans le acheminement d’un produit ou d’un service du fournisseur au client. Les chaînes d’approvisionnement peuvent comporter de nombreux points de contact et être très difficiles à suivre. Par exemple, la semelle d’une chaussure peut être collée dans une usine, puis celle-ci peut être acheminée ailleurs pour y recevoir ses lacets, être emballée dans une autre installation et faire quelques arrêts supplémentaires avant d’être expédiée au Canada. Un enfant travailleur impliqué à n’importe quelle étape de ce long processus peut établir un lien entre le produit, et le consommateur, et le travail des enfants.

7. Comment puis-je mettre fin au travail des enfants?

Après tout ce que vous avez lu, vous vous demandez peut-être comment mettre fin au travail des enfants? En tant que consommateur canadien, vous avez plus de pouvoir pour exiger des changements que vous ne le pensez.

En 2021, le Canada a importé au moins 98 produits « à risque », comme des appareils électroniques, des vêtements et des textiles – ce qui représente une hausse de près de 30 % depuis 2016. Ces produits font l’objet de cas bien documentés d’exploitation des travailleurs et peuvent être associés à des cas fréquents de travail des enfants et/ou de travail forcé dans certains pays.

En disposant de plus d’informations pour vous aider à repérer les produits pouvant être liés au travail des enfants, vous pouvez privilégier l’achat de produits issus d’une approvisionnement, d’une fabrication et d’une distribution éthiques. Lorsque les consommateurs font leurs achats de manière responsable, les entreprises sont plus enclines à en tenir compte et à revoir les pratiques de leur chaîne d’approvisionnement. Ces conseils peuvent vous aider à devenir un consommateur plus soucieux de l’éthique.

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Suldana, une jeune fille de 15 ans vivant en Somalie, se rend à pied jusqu’à la ville voisine de Doolow pour y faire la vaisselle pendant de longues heures. Elle travaille pour subvenir aux besoins de sa famille, qui est confrontée à une grave insécurité alimentaire en raison d’une sécheresse sévère. Photo : Gwayi Patrick

8. À lire rapidement: faits sur le travail des enfants

Voici quelques faits sur le travail des enfants pour vous aider à comprendre le problème:

  • On estime à 160 millions le nombre de victimes du travail des enfants dans le monde.
  • 79 millions d’entre elles exercent des emplois insalubres, dangereux et dégradants.
  • Près de la moitié des enfants qui travaillent sont âgés de 5 à 11 ans.
  • Environ 4,3 millions d’enfants sont victimes de travail forcé, notamment de servitude pour dettes, d’esclavage et d’exploitation sexuelle à des fins commerciales.
  • On sait que plus de 1 200 entreprises en activité au Canada importent des marchandises présentant un risque élevé d’avoir été produites par des enfants ou par le biais du travail forcé.
  • En 2020, le Canada importait chaque année pour plus de 43 milliards de dollars de produits de consommation courante pouvant avoir été fabriqués par des enfants ou par le biais du travail forcé
  • 61 % des victimes du travail des enfants sont des garçons; toutefois, le nombre de filles est sous-estimé, car elles sont souvent impliquées dans des formes de travail « cachées », comme le travail domestique.
  • 71 % des victimes du travail des enfants se trouvent dans le secteur agricole: pêche, foresterie, élevage et agriculture commerciale.
  • 17 % des enfants victimes de travail forcé travaillent dans le secteur des services: trafic sexuel et tourisme, services domestiques, restauration et entretien ménager.
  • 12 % travaillent dans le secteur industriel: ateliers de sous-exploitation, usines, mines, fabrication de briques et carrières.
  • Le nombre d’enfants victimes du travail des enfants a diminué d’un tiers depuis 2000.
  • D’ici 2025, les États membres de l’ONU — dont le Canada — se sont engagés à mettre fin à toutes les formes de travail forcé, d’esclavage moderne et de travail des enfants.

Pour tant de familles, le fait que leurs enfants travaillent est une réalité inévitable — une réalité qui pourrait changer si les parents disposaient de possibilités fiables de gagner un revenu au sein de leur collectivité et si les enfants bénéficiaient de la stabilité et des ressources nécessaires pour fréquenter l’école.

Mis à jour par Melanie Ramos