Les écoles du Burundi servent la réussite, une assiette à la fois
Les écoles du Burundi servent la réussite, une assiette à la fois
Écrit par Melanie Ramos
le 17 janvier 2025
Soif d’apprendre
À Muyinga, au Burundi, l’insécurité alimentaire et la faim extrême poussaient les élèves à abandonner l’école, une décision qui les condamnerait presque certainement à rester prisonniers du cycle de la pauvreté pendant de nombreuses années.
« C’était vraiment difficile de se concentrer sur la révision des leçons quand on n’avait rien mangé », explique Emelyne, une élève de l’école primaire de Cazigo. « Quand je ne déjeunais pas à l’école, j’avais peu de chances d’en avoir une fois rentrée à la maison. Et je pense que j’aurais pu abandonner l’école. »
La hausse du taux d’abandon scolaire dans le district a été un signal d’alarme qui a poussé la communauté à agir. Tout le monde reconnaissait que sans aliments nutritifs pour leur donner l’énergie nécessaire pour la journée, les élèves n’avaient pas la force d’apprendre, ni à l’école ni à la maison.
Mais comme les possibilités pour les parents de gagner un revenu stable dans leur communauté étaient limitées, nourrir leurs propres enfants représentait un défi quotidien.
Comment la communauté allait-elle nourrir 1 500 élèves répartis dans 22 écoles?
Un effort collectif de grande envergure
En 2019, le projet « Home-grown School Feeding » a été lancé en partenariat entre World Vision, le Programme alimentaire mondial (PAM), le secteur scolaire de Muyinga et les parents des élèves afin de lutter contre le décrochage scolaire en offrant aux élèves un repas chaud par jour.
À l’instar d’une course de relais, chaque intervenant joue un rôle différent, mais tout aussi important, pour mener ce projet jusqu’à la ligne d’arrivée. Tout commence par des ingrédients de qualité fournis par le PAM. Une fois que les barils de farine de maïs, d’huile, de poisson, de fèves et de sel sont remis, World Vision prend le relais et les livre aux écoles pour la prochaine étape de la course.
« Nous avons des potagers », explique le directeur de l’école, Émile Ndirikirikesha. « Nous jouons notre rôle en fournissant des oignons et des feuilles de manioc. Et nous faisons cela pour que les élèves consomment des aliments nutritifs. »
Le coup de pouce final vient des parents, qui préparent un repas équilibré que les enfants mangent avant la fin des cours. Cela peut sembler demander beaucoup de travail, mais comme cela leur enlève un souci, les parents apprécient que ce programme leur laisse plus de temps pour s’occuper d’autres priorités à la maison.
« J’ai trois enfants dans cette école qui profitent de cette cantine scolaire », explique Muana-Idi. « Comme ils déjeunent à l’école, cela me permet de vaquer à mes activités agricoles sans souci, et c’est pourquoi nous apprécions tant ce soutien. »
À ce jour, la direction de l’école a su maintenir l’élan de ce programme d’alimentation scolaire efficace. Non seulement le programme a réussi à réduire le taux d’abandon scolaire, mais il a obtenu de meilleurs résultats que quiconque ne l’aurait imaginé.
Emelyne est assise à son pupitre en classe et prend son dîner.
Quand tout le monde y gagne
Grâce à cette initiative:
- Il n’y a eu aucun abandon scolaire
- Les inscriptions scolaires ont augmenté
- La santé des élèves s’est améliorée
- ET les familles ont davantage de nourriture à la maison
La promesse d’un souper gratuit chaque jour incite d’anciens élèves à retourner à l’école. « Grâce à cette cantine scolaire, les inscriptions scolaires ont augmenté », explique le directeur Ndirikiriesha.
« Lorsque le décrochage scolaire diminue chez les enfants, leur apprentissage et leurs résultats s’améliorent », explique le directeur provincial de l’Éducation, Blaise Pascal Masago. Il souligne également que le programme profite à toute la famille, et pas seulement aux élèves.
« Comme on consomme moins de nourriture pendant la journée, les familles peuvent garder de la nourriture à la maison pendant plus longtemps. »
Maintenant que les élèves ont le ventre bien rempli de nourriture nutritive chaque jour, leur esprit peut se concentrer sur l’apprentissage plutôt que sur leur faim lancinante.
Emelyne parle probablement au nom de la plupart, sinon de tous les élèves, lorsqu’elle évoque l’impact positif que le projet d’alimentation scolaire à base de produits locaux a eu sur sa vie.
« Comme on mange à l’école, je me sens à l’aise pendant les cours », explique Emelyne. « Je prends mon souper ici, à l’école, et ça me donne envie de continuer mes études. »
Cette histoire n’est qu’un exemple parmi d’autres de la façon dont World Vision collabore avec les communautés pour mettre en place des solutions durables visant à lutter contre la faim et à améliorer l’éducation.
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« Comme on déjeune à l'école, je me sens à l'aise pendant les cours, »