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Diffuser « la voix d’un ange »

Aujourd’hui, vous ferez la connaissance de Christine, en République démocratique du Congo, qui a dû faire face aux reproches et au rejet dans un contexte de conflit armé. C’est alors que World Vision est intervenue.

Écrit par Deborah Wolfe

le 16 septembre 2025

« Maintenant, les autres enfants me regardent avec respect »

Christine n’était qu’un bébé lorsque sa communauté l’a qualifiée de « sorcière ». À 12 ans, on la surnommait déjà « sorcière ». Pourquoi? Sa mère est tombée malade après la naissance de Christine et est décédée moins d’un an plus tard. D’une manière ou d’une autre, beaucoup de membres de la communauté s’accordaient à dire que la petite fille en était responsable.

« Quand ce genre de choses arrive, ici, les gens disent que le bébé a “pris” la mère », explique le père de Christine, qui l’aime tendrement. « C’est là que tout a commencé. C’est une question de culture. »

La vie n’a cessé de se détériorer. « Passer une journée à l’école était une torture », se souvient Christine. « J’évitais d’aller chercher de l’eau au puits quand il y avait beaucoup de monde. Je savais ce qu’ils disaient derrière mon dos. »

Cette cruauté a amené Christine à remettre en question sa propre valeur. « J’ai commencé à penser qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi », a-t-elle déclaré. « Seuls mon père et ma famille m’aimaient. Je pleurais. Je voulais m’enfuir loin de tout et de tout le monde. »

La souffrance des enfants

D’ici, au Canada, il est facile de porter un jugement sur la culture d’autres pays — surtout quand on voit des enfants souffrir. Il est également important de comprendre le contexte dans lequel de tels comportements peuvent émerger.

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Le père de Christine, déjà âgé, est l’une des rares personnes à l’avoir toujours soutenue tout au long de son enfance.

Christine vit à Tshimbulu, en République démocratique du Congo, où, en 2017, des fosses communes ont été découvertes à la suite d’un conflit meurtrier. Cette horreur a touché tout le monde, enfants comme adultes.

Dans le tourbillon de cette détresse collective, Christine et plusieurs autres filles ont été victimes de rejet, d’abus et de violence, note Grace Nzeza, agente de protection de l’enfance chez World Vision. « La souffrance des enfants ici était généralisée et laissée sans réponse. »

Comment nous avons aidé Christine à guérir

World Vision a présenté une demande de financement à Affaires mondiales Canada afin d’aider les enfants qui grandissent au milieu d’un conflit armé. Une fois la subvention obtenue, l’organisation s’est concentrée sur les besoins des filles et des garçons comme Christine. La première étape a consisté à les écouter attentivement.

« Nous avons appris que de nombreux enfants souffraient physiquement, socialement et psychologiquement », explique Grace Nzeza. World Vision a donc mis sur pied des programmes pour aider les enfants en difficulté à guérir et à s’épanouir.

Dans le cadre de ce travail, nous avons invité Christine et d’autres enfants à participer au programme « Healing in Harmony » — une musicothérapie destinée aux survivants issus de populations traumatisées — offert en partenariat entre World Vision et la Fondation Panzi.

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Christine a passé beaucoup de temps seule pendant son enfance. Aujourd’hui, les autres enfants l’acceptent et la respectent.

Des artistes, pas des patients

« Les enfants que nous considérons comme en difficulté [comme Christine] ont été accueillis en tant qu’artistes et non comme des patients », a expliqué Junior Tshiasuma, psychologue à la Fondation Panzi.

Dans une communauté où les adultes écoutent rarement les enfants, ces derniers font entendre leur voix pour amorcer le changement. Les équipes sur le terrain ont aidé le groupe à transformer des passages de l’histoire de Christine en paroles de chanson.

Il s’est avéré que « la sorcière » avait une voix d’ange. Les enfants participants ont choisi Christine, âgée de 12 ans, pour être leur chanteuse principale lors d’un enregistrement.

Aujourd’hui, la voix de Christine résonne sur les stations de radio locales, transmettant un message fort aux parents, aux dirigeants communautaires et aux enseignants. « Cessez de maltraiter les enfants » en est le thème central.

L’enfant de World Vision

« Quand mes amis m’ont demandé d’être la chanteuse principale [pour l’enregistrement de la chanson], j’ai senti que World Vision m’écoutait », a déclaré Christine. « J’avais quelque chose de beau à offrir aux autres. »

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Junior Tshiasuma, psychologue à la Fondation Panzi, a collaboré avec Christine et d’autres enfants pour enregistrer une chanson véhémente.

La chanson est joyeuse, porteuse d’espoir — et son message à l’intention des autres est on ne peut plus clair. Les enfants ont besoin d’attention, pas de cruauté. Ils ont besoin d’inclusion, pas de rejet. Ils ont besoin de mots d’encouragement, pas d’étiquettes.

« Les gens aiment ma chanson, dit Christine. Ils la chantent quand je passe près d’eux. Maintenant, ils m’appellent “l’enfant de World Vision”. Ils ne m’appellent plus “la sorcière”. »

Une enfance gâchée par la violence est maintenant sur la bonne voie, et c’est Christine qui en détermine le cap. « J’aime aller à l’école maintenant, parce que les autres enfants me regardent avec respect », ajoute la jeune militante en herbe.

« Ma famille et moi, on est fiers. »

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Grace Nzeza, agente chargée de la protection de l’enfance chez World Vision, a passé de longues périodes à écouter Christine lui faire part de ses besoins.