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Un travail éreintant : l’histoire de Srey

Srey, âgée de 13 ans, vit et travaille dans une briqueterie cambodgienne avec ses parents et ses quatre frères et sœurs. Découvrez comment le travail des enfants affecte sa vie.

Écrit par Alicia Dubay

le 26 février 2015

« Je veux devenir enseignante. Je crois que j’y arriverai », déclare Srey Neang avec assurance.

Cette jeune fille de 13 ans vit et travaille dans une briqueterie cambodgienne avec ses parents et ses quatre frères et sœurs. En fait, elle passe plus de temps à travailler qu’à l’école, ce qui rend son rêve de devenir enseignante peu probable.

Pire encore, la mère de Srey envisage de la retirer de l’école cette année: « Ses frais de scolarité sont trop élevés et je n’ai pas l’argent nécessaire. Si elle reste ici [à l’usine], elle pourra gagner plus d’argent », explique Mao, 48 ans.

Les journées de Srey sont extrêmement chargées. Dès le matin, elle prépare les repas pour ses jeunes frères et sœurs, range la maison, puis se rend à l’école. Une fois ses cours terminés, elle ne rentre pas à la maison pour prendre une collation ou jouer. Au lieu de cela, elle prépare le souper, s’occupe encore du ménage, puis se rend à la briqueterie — la famille vit sur le terrain de l’usine — pour aider sa mère. Le travail de Srey consiste à charger les lourdes briques dans les camions en vue de leur livraison. C’est un travail éreintant, qui n’est pas destiné à une jeune fille de 13 ans.

Une fois la nuit tombée, la plupart des enfants de l’âge de Srey enfileraient leur pyjama et se prépareraient à aller se coucher. Mais pas Srey.

« Je donne le bain à mes frères et sœurs. Après ça, j’étudie et je fais mes devoirs. »

Ça a l’air épuisant.

« Oui, je m’endors rapidement le soir », confirme Srey.

Son petit corps est contraint de travailler au-delà de ses capacités. Elle est entourée de poussière, de saleté, de cendres et de fumée provenant de la briqueterie. Elle vit dans un logement exigu avec toute sa famille. Par conséquent, Srey est souvent malade et affaiblie.

Selon le rapport conjoint de 2025 de l’UNICEF et de l’Organisation internationale du travail, près de 138 millions d’enfants dans le monde sont victimes du travail des enfants. Parmi eux, environ 54 millions sont victimes des pires formes de travail des enfants, notamment des travaux dangereux dans des secteurs comme la fabrication, l’exploitation minière et l’agriculture. Ces activités posent de graves risques pour la santé, la sécurité et le développement des enfants, et les empêchent souvent d’avoir accès à l’éducation et à leurs droits fondamentaux.

Une fillette cambodgienne tient quelques briques d'argile dans les mains et se tient dans l'embrasure d'une porte, l'air sombre.

Srey Neang, âgée de 13 ans, emballe des briques tous les jours pour gagner de l'argent.

Mao, la mère de Srey, essuie sans cesse ses larmes tandis qu’elle évoque la situation difficile de sa famille. Il est évident que son cœur se brise pour ses enfants. Mais sans leur emploi à la briqueterie — où ils ne gagnent que 2 $ par jour —, ils n’auraient rien. Pas même un toit.

Sans aide, Srey et ses frères et sœurs seront tous condamnés à un sort cruel: une vie passée à travailler à la briqueterie, sans répit ou presque.

L’un des meilleurs moyens pour les Canadiens de contribuer à ce que des enfants comme Srey puissent rester à l’école et échapper à l’exploitation est le parrainage d’enfants. Grâce au parrainage, les enfants et leurs collectivités disposent de l’essentiel dont ils ont besoin. Ainsi, les familles n’ont pas à recourir à des mesures extrêmes pour générer des revenus, notamment en exposant leurs enfants à des situations insalubres, dangereuses et dégradantes.

Mis à jour par Wolston Lobo.