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Série « Retour à l’école » : Ce dont un élève a le plus besoin

Un sac à dos bien rempli, c’est une chose. Un estomac bien rempli, c’est tout ce qui compte.

Écrit par Mauro Flammini

le 21 août 2026

  • Un nouveau sac à dos? C’est bon.
  • Des cahiers neufs? C’est bon.
  • Crayons bien taillés, stylos, papier et autres fournitures scolaires? C’est bon.
  • Ordinateur portable et iPad? C’est bon.
  • Une tenue impeccable pour la première journée? C’est prêt.

Voilà les incontournables de la rentrée scolaire pour de nombreux Canadiens. Mais il y a un élément essentiel qui compte plus que tout le reste: la nourriture.

Car chaque jour, des millions d’enfants se rendent à l’école le ventre vide.

La faim chez les enfants est un obstacle à l’apprentissage. Elle diminue leur capacité de concentration. Elle prive les enfants d’énergie. C’est à cela que les enfants affamés peuvent penser lorsqu’ils sont assis tranquillement à leur pupitre, au lieu de suivre la leçon qui leur est enseignée.

Et il faut y mettre fin.

Car la nourriture ne se contente pas de remplir l’estomac d’un enfant. Elle contribue aussi à nourrir son esprit.

Lancement du programme de repas scolaires complémentaires dans la province du Tanganyika.

Des écoliers en uniforme brandissent leurs assiettes métalliques vides dans une salle de classe de la province du Tanganyika, en République démocratique du Congo, après avoir pris leur repas. (République démocratique du Congo, 2024 | Crédit photo : Tatiana Ballay, World Vision)

La nourriture, c’est le carburant

Le cerveau est le centre de commande de l’apprentissage. Il:

  • traite ce que dit l’enseignant;
  • Donne un sens à ce que l’enfant lit.
  • Stocke les nouvelles informations.
  • Récupère les souvenirs.
  • Décide comment réagir.

Tout ce travail nécessite de l’énergie.

Et bien que le cerveau ne représente que 2 % du poids corporel, il consomme 20 % de l’énergie utilisée par l’organisme. Même au repos ou pendant le sommeil.

Une grande partie de cette énergie, de ce carburant, provient de l’alimentation.

Que se passe-t-il lorsque les enfants manquent de carburant?

La faim rend plus difficile de…

  • Se concentrer sur ce que dit l’enseignant.
  • Rester alerte pendant la journée d’école.
  • Comprendre les nouvelles informations.
  • Se souvenir de ce qu’ils ont appris.
  • Participer aux activités en classe.

La faim n’est pas une sensation passagère. Ce n’est pas une distraction qu’on peut simplement ignorer. C’est une question qui peut rester sans réponse:

Quand vais-je manger?

Pour un enfant qui a faim, cette question rivalise avec toutes les autres questions posées en classe.

Quelle est la solution à ce problème de mathématiques?

Que se passe-t-il ensuite dans l’histoire?

Que signifie ce mot?

Et, toujours présente au fond de son esprit:

Quand vais-je manger?

L’impact de l’insécurité alimentaire sur l’éducation

Lorsque les enfants vont à l’école le ventre vide, ils risquent de ne pas s’y rendre du tout. Le taux de fréquentation scolaire des élèves sous-alimentés n’est que de 58 %, contre 85 % chez leurs camarades qui bénéficient d’une sécurité alimentaire.

Et à l’échelle mondiale:

  • Plus de 19 % des enfants en situation d’insécurité alimentaire ont redoublé une année scolaire.
  • La malnutrition augmente de 20 % le risque d’ échouer à un examen de mathématiques.
  • Au moins un enfant sur dix abandonne l’école à cause de la faim.
  • Les enfants qui ont faim sont 50 % plus susceptibles d’abandonner l’école pour contribuer au revenu familial.

Un estomac vide devient un vide là où devraient se trouver la concentration, l’énergie et l’apprentissage.

Un matin où l’on a faim peut en entraîner un autre, puis un autre encore. Bientôt, la faim et la malnutrition deviennent des obstacles à la présence en classe, à la concentration, à l’apprentissage, à l’épanouissement et à la réussite.

Il y a largement assez de nourriture dans le monde pour tout le monde. Cela ne devrait pas en être ainsi.

Photo illustrant l'article

Gatwech, un élève de 14 ans, après avoir reçu un repas scolaire au point de distribution alimentaire du camp de réfugiés de Nygunyyiel, à Gambella. (Éthiopie, 2024 | Crédit photo : Bethel Shiferaw Kebede, Kebede Gizachew, Samuel Teshale, World Vision)

Quand l’alimentation rencontre l’éducation

Parfois, l’une des choses les plus importantes que nous puissions offrir à un enfant avant même qu’il n’ouvre son manuel scolaire n’est ni un crayon, ni un cahier, ni même un nouveau sac à dos.

C’est un repas.

Un repas nutritif ne se contente pas d’apaiser un estomac qui gargouille. Il aide les enfants à se rendre à l’école, à y rester et à tirer le meilleur parti de leur temps en classe.

Une meilleure assiduité

Pour un enfant en situation d’insécurité alimentaire, l’école peut offrir quelque chose d’incroyablement important:

un repas sur lequel il peut compter.

Cela peut constituer une puissante motivation à fréquenter l’école.

À l’échelle mondiale, 466 millions d’enfants reçoivent quotidiennement des repas à l’école. Au-delà d’être une source de nutrition, un repas fourni par l’école est une raison de se lever, d’aller en classe et de recevoir une éducation. À terme, cela ouvre la voie pour sortir de la pauvreté et accéder à de nouvelles possibilités.

Les enfants qui reçoivent des repas scolaires fréquentent l’école en moyenne 2,6 % de jours de classe supplémentaires par rapport au nombre total de jours possibles. Prenons l’exemple de l’Ontario (où est située Vision Mondiale du Canada ): l’année scolaire compte environ 194 jours.

Ainsi, une augmentation de 2,6 % correspond à environ cinq jours de présence supplémentaires. Cinq jours de plus pour:

  • Apprendre quelque chose de nouveau
  • poser une question
  • Obtenir une réponse
  • mettre en pratique une compétence
  • Nouer une amitié
  • Découvrir de nouveaux centres d’intérêt

Cinq jours, ça peut sembler peu. Mais pour un enfant qui a faim, ces cinq jours représentent cinq occasions de plus de réussir. Cinq pas de plus vers l’espoir.

Un meilleur apprentissage

Le simple fait de manger un repas sain ne garantit pas automatiquement qu’un enfant obtiendra de meilleures notes.

Mais cela permet aux enfants de se concentrer et d’être attentifs.

Et lorsqu’il est combiné à un enseignement de grande qualité et à un environnement de classe positif, cela aide énormément. Grâce à l’énergie fournie par un repas scolaire nutritif, les élèves peuvent:

Il est important de noter que la nourriture n’est pas un ingrédient magique qui fait grimper tous les résultats aux tests.

Au contraire, une alimentation adéquate — combinée à des fournitures scolaires, à des enseignants bienveillants, à des manuels à jour et à de la déterminationcrée les conditions dont les enfants ont besoin pour participer pleinement à l’apprentissage.

Soutenir la croissance physique

L’école et l’éducation ne se limitent pas à l’aspect intellectuel. Elles ont aussi une dimension physique:

Les enfants ont besoin d’énergie pour tout ça.

Un corps en pleine croissance a besoin d’énergie et de nutriments pour développer ses os, ses muscles et ses autres tissus. Cela favorise également un développement sain et fournit les réserves nécessaires pour être actif et le rester.

Sans repas sains, les enfants affamés peuvent se sentir trop faibles pour participer. Ils restent donc sur la touche et passent à côté de l’activité.

Mais lorsque des aliments sains offerts à l’école, notamment des fruits et des légumes, sont combinés à une activité physique régulière, l’activité physique quotidienne des enfants augmente en moyenne de 22 minutes.

Cela représente plus d’énergie et plus de temps pour que les enfants bougent, jouent, courent, sautent, coordonnent leurs mouvements, réagissent et récupèrent.

Car à l’école, l’apprentissage ne se limite pas à la lecture, à l’écriture et au calcul.

Les enfants apprennent aussi à évoluer dans le monde qui les entoure.

Au Venezuela, une jeune fille est assise et mange un plateau-repas composé notamment de riz et d’une arepa.

Sofia, une jeune étudiante vénézuélienne, savoure un repas équilibré offert par son école. (Venezuela, 2025 | Crédit photo : Luis Felipe Colmenarez, World Vision)

Ce qu’il devrait y avoir au menu: une alimentation saine pour les élèves

Il n’existe pas d’« aliment pour le cerveau » magique et unique qui rendrait un enfant plus intelligent. Le cerveau, comme tout le reste, a besoin d’une variété de nutriments.

En d’autres termes, une alimentation variée et équilibrée.

Pour les enfants, cela comprend notamment:

  • Céréales complètes
  • Les fèves et les lentilles
  • Les œufs
  • Poisson
  • Produits laitiers
  • Fruits et légumes
  • Noix et graines
  • Viandes maigres et volaille

Ensemble, ces aliments fournissent des glucides pour l’énergie, des protéines, des gras sains, ainsi que des vitamines et des minéraux essentiels à une croissance saine.

Mais il y a un hic

Savoir ce qui constitue un repas nutritif ne signifie pas pour autant que toutes les familles ont les moyens de le mettre sur la table.

À l’échelle mondiale, plus de 2,4 milliards de personnes — dont plus de 700 millions d’enfants — sont confrontées à l’insécurité alimentaire. Pour les plus affamés d’entre nous, le défi ne consiste pas à choisir entre des bleuets et des fraises. Ni entre du lait et du jus de pomme.

C’est peut-être de ne pas avoir assez à manger pour le déjeuner, avant de se rendre à l’école.

Aidez World Vision Canada à nourrir les esprits et les corps grâce à des aliments nutritifs

On pense souvent à ce que les enfants doivent mettre dans leur sac à dos pour la nouvelle année scolaire. Les stylos, les crayons, le papier et les livres nourrissent l’esprit d’une certaine façon.

Mais peut-être devrions-nous prendre le temps de réfléchir à ce dont leur corps a besoin. Car une alimentation saine et des repas nutritifs nourrissent le corps d’une autre manière.

La faim rend la concentration plus difficile. Il est plus difficile de rester alerte. Il est plus difficile de participer. Elle peut faire obstacle à l’éducation d’un enfant, une éducation qui pourrait contribuer à changer son avenir.

Un repas peut aider à éliminer cet obstacle

Alors, à l’aube de cette nouvelle année scolaire, voyez plus loin que le sac à dos: