5 solutions écologiques pour aider les populations les plus vulnérables de la planète à faire face aux changements climatiques
Les pays les plus vulnérables au monde contribuent très peu aux changements climatiques, mais ce sont souvent eux qui en paient le prix le plus fort. Voici cinq solutions écologiques pour aider les plus démunis à faire face aux changements climatiques.
Écrit par Alison Ralph
le 19 avril 2021
Partout dans le monde, nous ressentons tous les effets des changements climatiques, qu’il s’agisse des feux de forêt en Australie, en Californie et dans l’ouest du Canada, ou des inondations sans précédent au Royaume-Uni. Imaginez maintenant vivre dans un endroit dangereux et complexe comme l’Afghanistan, où une grave sécheresse suivie d’inondations a contraint des milliers de personnes à quitter leur domicile; ou en Ouganda, où les pénuries alimentaires liées au climat forcent les familles de réfugiés à choisir entre la faim et le retour dans leurs foyers déchirés par la guerre au Soudan du Sud; ou encore aux Îles Salomon, où l’élévation du niveau de la mer oblige les gens à abandonner leurs maisons.
Les pays les plus vulnérables de la planète contribuent très peu aux changements climatiques, mais ce sont souvent eux qui en paient le prix le plus fort, sans disposer des mécanismes de soutien nécessaires pour les aider à se relever. Des centaines de millions d’enfants et leurs communautés sont désormais confrontés à un monde en mutation, où ils sont davantage exposés à des tempêtes plus violentes, à des sécheresses et des inondations de plus en plus graves, ainsi qu’à la dégradation de l’environnement.
World Vision œuvre depuis longtemps pour lutter contre les répercussions et les causes des changements climatiques et pour aider les familles à survivre, à se remettre sur pied et à se bâtir un avenir.
Voici cinq solutions simples et écologiques qui aident les populations les plus démunies de la planète à faire face aux changements climatiques:
Vignette de la vidéo : https://www.facebook.com/WorldVisionCan/videos/948879468985377/
1. Régénération naturelle gérée par les agriculteurs
Pour Ruth, 19 ans, les changements climatiques ne sont pas seulement un concept abstrait: c’est une réalité, c’est déjà là et cela a des répercussions mesurables sur sa communauté au Kenya.
« À cause des changements climatiques, nous avons perdu des animaux, nos récoltes ont été détruites, les rivières s’assèchent — les gens se déplacent d’un endroit à l’autre à la recherche de pâturages et certains meurent même de famine », explique-t-elle.
L’agriculture est le pilier de la vie et des moyens de subsistance dans la communauté de Ruth. Or, le Kenya est aux prises depuis des décennies avec des problèmes environnementaux tels que la déforestation, le surpâturage et la désertification. Et le changement climatique pousse des communautés comme la sienne à innover pour survivre.
La FMNR est plus qu’une simple stratégie; c’est une bouée de sauvetage pour des jeunes comme Ruth. La restauration des terres ne se limite pas à améliorer la qualité et la productivité des sols; elle atténue directement les impacts climatiques en réduisant les émissions de carbone ainsi que la chaleur et l’évaporation. Il y a également d’autres avantages.
« Nous ne manquons plus l’école puisque nos tuteurs nous fournissent suffisamment de nourriture; nos résultats scolaires se sont améliorés; nous pouvons facilement nous procurer du bois de chauffage sur la parcelle de la FMNR et avons suffisamment de temps pour étudier et faire nos devoirs », ajoute Ruth.
Le nouveau poêle économe en combustible que Rajkumari utilise pour préparer des repas nutritifs à sa famille permet de réduire les effets néfastes de la pollution de l’air intérieur sur ses enfants, ainsi que les conséquences de la déforestation dans sa collectivité, dans une région où
2. Foyers à faible consommation de combustible
Rajkumari vit à Bundhelkhand, dans le nord de l’Inde, une région qui connaît depuis longtemps des sécheresses. Pendant des années, elle a utilisé un chulha (poêle) traditionnel en terre pour préparer les repas de sa famille. Le chulha consomme d’énormes quantités de bois, et Rajkumari passait des heures à en ramasser, marchant souvent quatre à cinq kilomètres à l’extérieur de son village.
Sa fille Roshni, âgée de 15 ans, et son fils Rishab, âgé de 5 ans, ont subi les effets de la pollution à l’intérieur de la maison. Les quatre membres de la famille cuisinent, mangent et dorment dans une seule et même pièce. La fumée dégagée par la cuisson rend cet environnement dangereux, surtout pour les enfants. Et comme les familles passent plus de temps à la maison en raison de la pandémie mondiale, le problème est devenu encore plus critique. L’utilisation d’un poêle à faible consommation de combustible a réduit les risques et leur permet de passer du temps ensemble à l’intérieur en toute sécurité.
Ces cuisinières à faible consommation de combustible ont trouvé leur place au cœur de 1 200 foyers de la région. Il s’agit d’un changement majeur qui pourrait avoir un impact profond sur la déforestation et la pollution de l’air intérieur dans cette région marquée par une longue histoire de sécheresse.
Ces lanternes solaires aident les enfants et les familles à faire face aux changements climatiques et à la pandémie mondiale. Photo : Wesley Koskei
3. Lanternes solaires
Situé à environ cinq heures au nord de Nairobi, le comté d’Isiolo, au Kenya, connaît une hausse des températures, une baisse des précipitations et est confronté à de fréquentes périodes de sécheresse. Et les prévisions climatiques laissent entendre que cette situation ne devrait pas changer de sitôt. Les changements climatiques ont des répercussions sur les ménages de cette communauté agricole, rendant plus difficile la subsistance des familles.
Un sondage récent a révélé que 25 % du revenu des ménages du comté est consacré à des sources d’énergie coûteuses et de mauvaise qualité, comme le charbon de bois, les batteries de voiture et les piles sèches.
Cette région aride du Kenya bénéficie d’un ensoleillement abondant; c’est pourquoi World Vision Kenya a mis sur pied le programme « Une lampe par enfant » afin d’aider les familles à s’adapter aux changements climatiques. Ce programme vise à autonomiser les populations et à transformer leurs vies et leurs moyens de subsistance grâce à des solutions solaires durables et de qualité.
Cela consiste notamment à fournir aux enfants issus de ménages vulnérables des lanternes solaires rechargeables qu’ils peuvent utiliser à la maison pour étudier et effectuer leurs tâches ménagères après le coucher du soleil. Les familles peuvent également utiliser ces appareils pour recharger leurs téléphones cellulaires, un outil essentiel pour améliorer l’accès à la santé, à l’éducation, à la sécurité et aux moyens de subsistance dans cette région isolée — ce qui n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui, en pleine pandémie mondiale.
Qudrat est soulagé de ne plus avoir à sacrifier de précieuses heures de travail pour aller chercher de l’eau. Ces panneaux solaires alimentent le réseau d’approvisionnement en eau de sa collectivité. Photo : Équipe de World Vision
4. Panneaux solaires
« Je me souviens, quand j’avais 12 ans, j’ai attendu toute la journée pour aller chercher de l’eau, mais le ciel s’est assombri et il se faisait tard, alors j’ai [été forcé de rebrousser chemin] vers la maison », se souvient Qudrat.
Aujourd’hui âgé de 23 ans, Qudrat a fondé sa propre famille et travaille comme agriculteur en Afghanistan.
L’Afghanistan est l’un des pays les plus vulnérables aux changements climatiques et l’un des moins bien préparés à en gérer les répercussions. Selon les experts, la sécheresse, les inondations, les phénomènes météorologiques extrêmes, les déplacements de population, les conflits et les mariages d’enfants ne feront que s’aggraver.
Pendant des années, le manque d’accès à l’eau potable dans la communauté de Qudrat a obligé les enfants à manquer l’école pour aller chercher de l’eau propre et les a souvent contraints à consommer de l’eau contaminée.
« Mon frère se sentait toujours faible », se souvient Qudrat. « Quand on est allés chez le médecin, on nous a dit que c’était dû à la consommation d’eau insalubre, ce qui provoquait de la diarrhée et de la déshydratation. »
Cette année, pour la première fois, un réseau d’approvisionnement en eau alimenté par des panneaux solaires a été installé dans le village de Qudrat. Auparavant, les villageois comptaient uniquement sur l’eau de la rivière pour s’abreuver. Lorsque la rivière s’asséchait, ils étaient obligés de se rendre dans les villages voisins pour aller chercher de l’eau, passant des heures à faire la file.
« Avant, je passais toute la journée à faire la file, mais maintenant [le robinet] est près de chez moi, alors n’importe quel membre de ma famille peut aller chercher de l’eau facilement », explique-t-il.
Ce sont des projets menés par la collectivité comme celui-ci qui aideront les gens à survivre, à se remettre sur pied et à reconstruire leur vie alors que les changements climatiques, les conflits et la COVID-19 empiètent sur leur quotidien.
Pour Félix Bautista et Roberto Pérez Hernández, les abeilles qu’ils élèvent fournissent du miel que la collectivité consomme et vend, tout en jouant un rôle de pollinisateurs qui permet d’améliorer les rendements des arbres fruitiers qu’ils cultivent. Photo : Jon Warren